Bonjour … En vue du Jeudi Saint 9 avril 2020

       Le Bonjour des amis

Eglise st Jean Berchmans ° st Michel 9 avril 2020

J E U D I    SA I N T

Qui dit qu’il n’y aura pas de Semaine Sainte ?

N’avez-vous pas vu l’immense procession de personnes, sans tunique, ni ceinture, ni capuche, testées positives du coronavirus ?

Ne voyez-vous pas la Via Crucis du personnel soignant remonter le Calvaire de la pandémie, débordant de force et l’angoisse de ne pas pouvoir tenir bon au cœur ?

Celui qui dit que le Nazaréen ne sortira pas pour cette Semaine Sainte, n’a pas vu les médecins en blouse blanche et au cœur sensible, qui portent la croix de douleur des personnes touchées ?

Ne voyez-vous pas autant de scientifiques, transpirer sang et eau, comme à Gethsémani, pour trouver un traitement ou un vaccin ?

Ne dites pas que Jésus ne passe pas dans les rues cette année, alors qu’il y a tant de gens qui doivent travailler pour apporter nourriture et médicaments à tout le monde ?

N’avez-vous pas vu le nombre de Cyrénéens s’offrir d’une manière ou d’une autre pour porter les lourdes croix ?

Ne voyez-vous pas combien de personnes, des Véroniques, sont exposées à l’infection pour essuyer le visage des personnes touchées ?

Qui a dit que Jésus ne tombait pas à terre à chaque fois que nous entendons le chiffre froid de nouvelles victimes ?

N’est-ce pas autant de maisons de repos, remplies de personnes âgées aux facteurs à risque les plus élevés et de leurs soignants, qui vivent la Passion ?

N’est-pas comme une Couronne d’épines pour les enfants qui doivent vivre cette crise enfermée, sans trop comprendre et sans courir dans les parcs et les rues ?

Ne se sentent-ils pas injustement condamnés : les écoles, les universités et tant de magasins obligés de fermer ?

Tous les pays du monde, ne sont-ils pas frappés, flagellés, par le fléau de ce virus ?

Ne sont-ils pas comme Ponce Pilate qui se lave les mains, les dirigeants qui cherchent simplement à tirer un avantage politique de la situation ?

Ne souffrent-elles pas, impuissantes comme les disciples sans le Maître, autant de familles confinées à la maison, beaucoup avec des problèmes, ne sachant pas comment et quand tout finira ?

Le visage douloureux de Marie, ne se reflète-t-il pas dans celui de tant de mères et de membres de famille, souffrant de la mort – en plus à distance – d’un être cher ?

N’est-elle pas comme le dépouillement d’un vêtement, l’angoisse de tant de familles et de petites entreprises qui voient leurs économies s’évanouir ?

L’agonie de Jésus n’est-elle pas liée au manque de respirateurs dans les unités de soins intensif de tant de pays ?

Ne dites pas : pas de Semaine Sainte, ne le dites pas, car le DRAME DE LA PASSION n’a sûrement presque jamais été aussi réel et authentique.

Traduit de l’espagnol, écrit par Miquel-Angel Ferrés

RETRANSMISSIONS PAR FACEBOOK (profil de Tommy Scholtes) DES CELEBRATIONS

Jeudi Saint, 18.30 la ste Cène

Vendredi Saint, 15.00, le chemin de Croix (par Youtube.com/Tommy Scholtes)

18h30, l’office de la Passion

Samedi Saint, 20h.00, Vigile Pascale

Jour de Pâques, 11.45, Eucharistie

Lundi de Pâques, 18h30, Eucharistie

Sur l’Unité Pastorale de Etterbeek, initiatives

Bonjour à tous,

pour vivre un temps de prière en famille, je vous partage une proposition bien faite par soeur Agnès qui travaille au Kerkebeek  https://drive.google.com/open?id=1bsJpENNukRX7l3igJqFwXj_z26G2-cGf

Ouvrir d’abord le pdf et puis les autres fichiers!

Voici aussi un lien vers un message de notre Evêque en ce début de semaine sainte. https://kerknet.us16.list-manage.com/track/click?u=50c4aec54c9c1476586d5db5c&id=a8118404a5&e=5ce2acc55c

Pour sa proposition pour Pâques, je vous proposerai d’envoyer une carte postale aux personnes des 2 homes que nous avons visité à Noël. Je vais voir comment faire pratiquement.

Si vous voulez suivre la messe en direct avec le Père Amilcar de notre Unité Pastorale, voici le lien :

https://youtu.be/rv1ekUvXpLI

Pâques 2020 : faisons sonner les cloches de toutes les églises de notre pays

Les Evêques de Belgique demandent de faire sonner les cloches de toutes les églises, le jour de Pâques à midi.

Dimanche prochain, le 12 avril, les chrétiens du monde entier célébreront la fête de Pâques. L’épidémie de coronavirus les empêchera pourtant dans de nombreuses régions du monde, de se rassembler dans les églises pour célébrer ensemble cette fête si importante. C’est totalement exceptionnel. A côté de la prière à la maison ou en famille, ils ne pourront suivre les célébrations liturgiques que par le biais de la radio, de la télévision et en live streaming. Tout comme la Semaine Sainte, Pâques sera silencieux.

Pourtant ce sera vraiment Pâques ! C’est dans un moment difficile comme celui-ci que le message de Pâques révèle toute sa richesse et sa lumière : Jésus a vaincu la mort ; l’espérance surmonte le désespoir ; ce qui semblait fragile devient fort. La vie aura le dernier mot, pas la mort.

Après une Semaine Sainte silencieuse, les Evêques de Belgique veulent donner une résonance tout à fait particulière à cette Bonne Nouvelle. Ils demandent que les cloches de toutes les églises de notre pays sonnent le dimanche de Pâques à midi. Après leur silence obligatoire du Vendredi Saint et du Samedi Saint, elles pourront à nouveau sonner de manière festive à Pâques !

Puissent-elles être un signe de réconfort et d’espérance pour les victimes du coronavirus et leurs proches. Puissent-elles encourager ceux qui luttent contre le virus, en particulier tous les soignants. Puissent-elles nous unir tous les uns aux autres. Cette année aussi, nous célébrerons Pâques.

Les Evêques de Belgique (8 avril 2020)

Croix réalisée par A. de Maere

Voilà trois semaines complètes que nous vivons autrement, que nous sommes à l’écoute du monde qui s’adapte.  Si pour certains, cette période de confinement se passe sans peine, pour d’autres, par contre, cela ressemble à un véritable cauchemar. Ces derniers, désœuvrés, peuvent, dans certains cas, se reposer sur des personnes, de plus en plus nombreuses, à lancer des initiatives d’aide. Comme ces jeunes qui récupèrent des tablettes, les nettoient et les programment, afin d’être distribuées dans les maisons de repos, permettant ainsi des contacts visuels avec les proches. Comme ces autres jeunes qui n’ont pas hésité à mettre en place une petite organisation pour que des personnes isolées et âgées puissent faire appel à eux pour des petits services. Voilà des gestes de solidarité et de générosité qui font du bien.

Se mettre au service est un thème fondamental du jeudi saint. Ce geste fort de Jésus est une invitation à nous laisser laver par lui, à nous laisser faire, à l’accueillir en nous, pour qu’il nous aide à retirer toutes les entraves qui nous empêchent de cheminer avec lui et avec nos frères et sœurs. Son chemin passe par Jérusalem et nous sommes appelés à l’accompagner. Il va jusqu’au bout dans une démarche d’amour humainement presque intolérable. Il ne condamne pas, il demande même au Père de pardonner.

Le premier jour de la semaine, nous rapporte l’évangile de Jean (20, 1-9), Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’étaient encore les ténèbres.  Et dans nos ténèbres surgissent des signes, comme l’ont vécu les femmes au tombeau, selon le récit de Matthieu (28, 1-10). Elles rencontrent Jésus « vivant ». Elles reçoivent un message de l’ange et de Jésus : « Ne craignez pas ! » et une mission : « Il faut vite l’annoncer ! » « Allez, allez-y ». Elles sont remplies de crainte et de joie, elles sont devenues messagères, anges ! A notre tour d’être messagers, messagères. Et à l’instar des femmes venues au tombeau de Jésus, de connaître une grande joie.  (Abbé Christian Deduytschaever)

A la communauté de l’église Saint-Jean Berchmans ° st Michel


À votre écoute – Créons une chaîne de solidarité téléphonique… le Service « Mitel »

Les mesures de confinement sanitaire, prolongées au moins jusqu’au 19 avril, plongent une partie de notre communauté dominicale dans la solitude. Certains fidèles disposent peut-être d’un peu de temps. Aussi, pour continuer à faire communauté, en particulier durant de Triduum Pascal, les jésuites et les membres de l’équipe pastorale de l’église Saint-Jean Berchmans proposent d’organiser un service d’écoute téléphonique.

Un numéro de téléphone : le 02 739 33 65.  (Le Bureau du p. Tommy dans le cloître vers la Chapelle ND des Apôtres).

« La distanciation sociale est nécessaire

 mais le rapprochement des cœurs est essentiel » (abbé Guibert Terlinden)

Pour toute réaction, proposition, échange ou demande :

Tommy.scholtes@tommyscholtes.be, et les jésuites de la communauté qui restent branchés et en communion. N’oublions pas non plus de nous appeler, de faire signe, de demander, de donner des nouvelles.

Semaine Sainte 2020

       Le Bonjour des amis

Eglise st Jean Berchmans ° st Michel 07 avril 2020

Épandue en libation

De parfum comme un saint chrême

Elle est toute à l’intuition

Du don qu’Il fait de Lui-même

Grain de Dieu pure oblation

Il s’en va comme on Le sème

L’onction pressent la Passion

De Celui que son cœur aime

L’onction à Béthanie, par Marie, sœur de Lazare, en Jn 12,1-11.

Évangile pour le Lundi Saint.

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Abaissé devant les siens

Jésus leur lave les pieds

Le Maître à genoux se tient

Face à qui va Le nier

D’avoir part à ce qui vient

Dans Sa Pâque purifié

Pierre après saura que rien

N’a tué Son Amitié

Le lavement des pieds en Jn 13,1-11 ; et 13, 36-38.

Évangile pour le Jeudi Saint ; et le Mardi Saint pour les versets 36-39.

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Infléchi vers Sa poitrine

Le bien-aimé du Seigneur

En témoin des origines

Reconnaît le prix de l’Heure

À la pulsation divine

Et charnelle de Son cœur

La source y est cristalline

Où l’Esprit sourd à demeure

Le disciple bien-aimé en Jn 13,23-25 et à la croix, en Jn 19,33-35.

Évangile pour le Mardi Saint ; Jn 19,33-35 : pour le Sacré-Cœur de Jésus.

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Inclinant alors la tête

Tout des Écrits achevé

L’œuvre du Père parfaite

En la soif de nous laver

Quand Votre souffle s’arrête

Dessous l’écriteau gravé

Auprès du Père où Vous êtes

Ô Roi Vous nous élevez

La mort de Jésus en Croix, en Jn 19,28-30.

Dans l’Évangile du Vendredi Saint (récit de la Passion selon saint Jean).

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Une offre de la communauté de l’église Saint-Jean Berchmans ° st Michel


À votre écoute – Créons une chaîne de solidarité téléphonique… le Service « Mitel »

Les mesures de confinement sanitaire, prolongées au moins jusqu’au 19 avril, plongent une partie de notre communauté dominicale dans la solitude. Certains d’entre vous disposent peut-être d’un peu de temps. Aussi, pour continuer à faire communauté, les jésuites et les membres de l’équipe pastorale de l’église Saint-Jean Berchmans proposent d’organiser un accueil téléphonique.

Un numéro de téléphone : le 02 739 33 65.  (Le Bureau du p. Tommy dans le cloître vers la Chapelle ND des Apôtres).

Tous les jours de la semaine, de 10h à 12h00 et de 15h00 à 18h00, un jésuite ou un laïc sera là.  En dehors des heures de permanence, vous pourrez laisser un message sur le répondeur téléphonique.

Cette écoute, de première ligne, se veut bienveillante, amicale, solidaire et chrétienne. Afin que chacun puisse en bénéficier, il sera demandé de limiter la conversation téléphonique à dix minutes. Si vous êtes intéressé(e) par un temps d’échange plus long et/ou régulier, signalez-le à l’écoutant(e) : il/elle vous proposera les coordonnées d’autres écoutant(e)s bénévoles. Quelques-uns se sont déjà montrés disponibles. Merci à eux et à elles !

Vous souhaitez vous engager à écouter ?

Vous disposez d’une ou plusieurs heures de temps libre par semaine ? Envoyez vos coordonnées (prénom et nom ; n° de téléphone fixe et/ou portable ; possibilité d’appel par messagerie WhatsApp, par exemple) et vos périodes de disponibilité au P. Tommy Scholtes (tommy.scholtes@tommyscholtes.be).  Nous centraliserons les disponibilités dans la discrétion.

Vous seriez heureux d’être contacté(e) ?

Appelez le 02 739 33 65. Ou faites-le savoir par courrier électronique au P. Tommy Scholtes qui organisera les boucles d’écoute.

Le dimanche des Rameaux… chez vous

« Dans mon pays les prêtres ont proposé une belle initiative que j’aimerai vous partager.  Si on mettait tous une branche sur la porte ou la fenêtre le samedi 4 avril dans l’après-midi, pour que le Dimanche des Rameaux, » … disait Guicela. Voici quelques réalisations que vous nous avez envoyées. Bravo. Parlant !!

Ouverture ces jours-ci de l’église st Jean Berchmans ° st Michel

Le sacrement de réconciliation individuel ne pourra être conféré pendant la semaine sainte. Les évêques de Belgique autorisent les fidèles à reporter leur confession pascale à une date ultérieure. Ou, comme l’a récemment déclaré le Pape François au vu des circonstances exceptionnelles de cette année : Oui, il est possible de recevoir le pardon de Dieu sans prêtre. Si tu ne trouves pas de prêtre pour te confesser, parle avec Dieu, il est ton Père, et dis-lui la vérité : ‘Seigneur, j’ai commis le mal en ceci, en cela, …” Demande-lui pardon de tout ton cœur avec l’acte de contrition et promets-lui : “Je me confesserai plus tard, mais pardonne-moi maintenant”. Et tu reviendras immédiatement dans la grâce de Dieu.

Comment célébrer Pâques sans confession ni communion, ou ‘faire ses Pâques’ cette année ? En faisant ce qui est possible : prier à la maison, seul ou en famille ; lire et méditer les lectures et les prières prévues pour la Semaine Sainte ; suivre une célébration liturgique à la radio, à la télévision ou en livestream.

On reparle le plus vite possible de la transmission par internet du Chemin de croix vendredi à 15h. On regarde la faisabilité concrète. Très probablement sur le canal YouTube appelé « Tommy Scholtes »

Malgré le confinement et l’absence de célébrations publiques durant la Semaine Sainte et à Pâques, notre communauté dominicale restera solidaire, priante et… vivante. Car c’est à la Vie que conduit Pâques. Pour rappel, la communauté jésuite de st Michel célèbre (sans public extérieur), à 7 heures, à 12h et à 18.30. A 18h30, ainsi que le dimanche à 12h, la célébration est retransmise par Facebook sur le profil de Tommy Scholtes (Il faut avoir un compte Facebook pour la voir).

Notre église reste ouverte pour la prière individuelle. Mettre une bougie prolonge notre prière…

La communauté célèbre sans personnes extérieures :

La Cène le Jeudi Saint à 18.30

Le Chemin de Croix le Vendredi Saint à 15h

L’office de la Passion, le Vendredi Saint à 18h30

La Vigile pascale, le samedi saint à 20h

La messe de Pâques à 11h45

Le lundi de Pâques à 18.30

Echos. Demandes de Prière. Pour les malades et les soignants.

  • Messe du soir : une des messes en communauté jésuite st Michel est célébrée à 18.30. Elle sera diffusée en direct sur le profil facebook de Tommy Scholtes.
  • « Cette idée de bouquet est magnifique pour les rameaux. Dans mon enfance on étudiait Kerkhofblommen de Guido Gezelle, je n’ai jamais oublié cette belle tradition qui faisait coïncider les fêtes et les événements familiaux avec des bouquets accrochés aux portes des maisons, modestes ou cossues. »
  • « Je fais circuler vos messages ils sont toniques et permettent de découvrir que le lien qui nous unit va bien au-delà de la fréquentation des messes dominicales. Il nous donne envie d’être plus audacieusement confiants dans cet Amour qui parfois ressemble un peu à une habitude. Merci. N. et D. P. » 
  • Nous sonnons les cloches de l’église à 20h01 en soutien aux malades et aux soignants, en invitant ainsi à la prière.
  • Nous sonnerons aussi les cloches le jour de Pâques à Midi, en même temps que la bénédiction Urbi et Orbi à Rome, en signe de Joyeuse Résurrection.
  • Nous rendons grâces à Dieu pour la sortie de clinique de Marie B.
  • Nous prions pour la maman de Marie-Thérèse de Ville, décédée dans un grand âge, en Maison de repos.
Eglise Saint Jean Berchmans

Vitrail de notre église. La Ste Cène

Copyright : Jean-Ignace de Villenfagne/ Pixtour 360

Le Jeudi saint, faire de nos vies une éternelle offrande à la louange de la gloire de Dieu

Depuis sa communauté à Paray-le-Monial, le P. Xavier Jahan sj médite sur la signification du Jeudi saint. Il invite à voir la réalité vivante de l’Eucharistie qui ne se joue pas seulement dans la célébration liturgique mais aussi dans la simplicité de nos vies, particulièrement cette année en raison du confinement.

Comme tous les Jeudis saints, nous célébrons aujourd’hui l’institution de l’Eucharistie. Cette année cette célébration aura un goût bien amer à cause du confinement qui nous empêche de nous réunir pour célébrer ensemble. Mais de cette épreuve, de ce jeûne eucharistique forcé, qui peut nous faire réellement souffrir, nous pouvons tirer néanmoins un profit : celui de redécouvrir, de manière avivée, combien la réalité vivante de l’Eucharistie ne se joue pas seulement dans la célébration liturgique mais aussi dans la simplicité de nos vies dès lors qu’elles se donnent dans un acte d’offrande libre et gratuit.

Nous savons tous et avons depuis longtemps remarqué que pour célébrer l’institution de la sainte Cène, le dernier repas du Seigneur, la liturgie nous fait entendre le seul Évangile qui ne nous décrit pas le repas de Jésus comme les trois évangiles synoptiques, mais la scène du lavement des pieds… Nous avons alors pris souvent l’habitude d’assister à nos célébrations à une illustration de ce récit par un lavement formel des pieds de quelques-uns de l’assemblée par le prêtre présidant la célébration. Et en rester là.

“Ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi”

Cette année nous pouvons faire davantage attention à l’interpellation finale de Jésus dans cette séquence : “Ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi” (Jn 13, 15) et peser les conséquences que cette interpellation entraine. Cette interpellation rejoint la fin du récit de l’institution de l’Eucharistie que rapporte l’évangile de saint Luc : “faites cela en mémoire de moi” (Lc 22, 19), et que reprend saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens (1Co 11, 24-25). Cette interpellation de Jésus nous fait comprendre que la réalité de sa Présence qui se joue dans le pain et le vin consacrés par le prêtre, se retrouve de manière similaire dans le geste de service humble que signifie le lavement des pieds.

Autrement dit, quand nous entrons nous-même dans ce geste du service humble des autres, décentré c’est à dire détaché d’une préoccupation enfermante de nous-même, alors la présence du Seigneur y est tout aussi réelle… Ce geste de service a donc une véritable portée eucharistique ! On peut dire alors que la présence réelle qui se joue dans la modalité de la célébration liturgique sacramentelle, est la même qui se joue dans la modalité du service humble et discret du frère et de la sœur que je suis amené à rencontrer.

Ainsi, si ma vie de croyant est nourrie par le pain eucharistique que je reçois lors de la célébration sacramentelle, elle l’est aussi par le geste de service qui s’enracine dans le geste même de Jésus. Mystérieusement, notre communion au Corps du Seigneur se joue aussi dans la réalité de ce service qui est appelé à se déployer dans le secret de ma vie quotidienne, fusse-t-elle confinée. En faisant un pas de plus, nous pouvons dire que nos vies deviennent elle-mêmes eucharistiques dans la mesure où nous entrons à notre tour dans le geste même de Jésus, “Faites ceci en mémoire de moi”.

Concrètement ?

Mais où trouver ce service à faire, alors même que je suis justement confiné, et peut-être même alité sur un lit car souffrant nous-même de la maladie ou même de toute autre maladie ? Dans la mesure de mes forces, je suis appelé à me rendre attentif particulièrement à celles et ceux qui autour de moi peuvent avoir besoin d’un geste, d’une parole de soutien : ne serait-ce qu’une petite conversation téléphonique avec quelqu’un que je sais particulièrement fragile, isolé, prisonnier de la peur, etc.

Mais même si je suis particulièrement affaibli, je me souviens de l’attitude fondamentale que nous rappelle saint Paul dans sa lettre aux Romains : “Je vous exhorte, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte.” (Rom 12, 1). Cette attitude de l’offrande peut ainsi tout transformer en service. L’offrande de notre personne toute entière (pas seulement une opération mentale) : c’est un véritable sacrifice vivant.

A chacun de trouver sa manière singulière de l’exprimer, mais cela vient prendre tout ce que je suis, tout ce que je vis. Ce geste est le geste eucharistique par excellence, celui de Jésus vers nous : “Ceci est mon Corps livré pour vous”. À chacun donc de le déployer, à son tour, dans le secret de son lieu de vie confiné. Alors ne négligeons pas ce trésor que l’austérité de notre Jeudi saint de cette année 2020 nous fait peut-être redécouvrir avec une vigueur nouvelle : entrons dans le geste même de Jésus, faisons de nos vies des eucharisties vivantes, en commençant simplement et peut-être même sans pouvoir aller au-delà, par l’offrande de nos vies telles qu’elles sont, aussi pauvres et démunies soient elles.

Renouvelons chaque jour sans crainte, sans routine et sans découragement, cette offrande quotidienne, avec le secours et le soutien de l’Esprit Saint. Nous y redécouvrirons une saveur eucharistique que nous pensions inaccessible.

P. Xavier Jahan sj

Sur le site web Jesuites.com

  •  Pour toute réaction, proposition, échange ou demande : Tommy.scholtes@tommyscholtes.be, et les jésuites de la communauté qui restent branchés et en communion. N’oublions pas non plus de nous appeler, de faire signe, de demander, de donner des nouvelles.

Dimanche des Rameaux

       Le Bonjour des amis

Eglise st Jean Berchmans ° st Michel 4 avril 2020

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Une nouvelle offre de la communauté de l’église Saint-Jean Berchmans ° st Michel


À votre écoute – Créons une chaîne de solidarité téléphonique… le Service « Mitel »

Les mesures de confinement sanitaire, prolongées au moins jusqu’au 19 avril, plongent une partie de notre communauté dominicale dans la solitude. Certains fidèles disposent peut-être d’un peu de temps. Aussi, pour continuer à faire communauté, les jésuites et les membres de l’équipe pastorale de l’église Saint-Jean Berchmans propose d’organiser un service d’écoute téléphonique.

Un numéro de téléphone : le 02 739 33 65.  (Le Bureau du p. Tommy dans le cloître vers la Chapelle ND des Apôtres).

Tous les jours de la semaine, de 10h à 12h00 et de 15h00 à 17h00, un jésuite ou un laïc est à votre écoute au numéro de téléphone 02 739 33 65. En dehors des heures de permanence, vous pourrez laisser un message sur le répondeur téléphonique.

Cette écoute, de première ligne, se veut bienveillante, amicale, solidaire et chrétienne. Afin que chacun puisse en bénéficier, il sera demandé de limiter la conversation téléphonique à dix minutes. Si vous êtes intéressé(e) par un temps d’échange plus long et/ou régulier, signalez-le à l’écoutant(e) : il/elle vous proposera les coordonnées d’autres écoutant(e)s bénévoles.

Vous souhaitez vous engager ?

Vous disposez d’une ou plusieurs heures de temps libre par semaine ? Envoyez vos coordonnées (prénom et nom ; n° de téléphone fixe et/ou portable ; possibilité d’appel par messagerie WhatsApp, par exemple) et vos périodes de disponibilité au P. Tommy Scholtes (tommy.scholtes@tommyscholtes.be).  Nous centraliserons les disponibilités dans la discrétion.

Vous seriez heureux d’être contacté(e) ?

Appelez le 02 739 33 65 ou faites-le savoir par courrier électronique au P. Tommy Scholtes qui organisera les boucles d’écoute. 

Malgré le confinement et l’absence de célébrations publiques durant la Semaine Sainte et à Pâques, notre communauté dominicale restera solidaire, priante et… vivante. Car c’est à la Vie que conduit Pâques. Pour rappel, la communauté jésuite de st Michel célèbre (sans public extérieur), à 7 heures, à 12h et à 18.30. A 18h30, ainsi que le dimanche à 12h, la célébration est retransmise par Facebook sur le profil de Tommy Scholtes (Il faut avoir un compte Facebook pour la voir).

Idée proposée pour le dimanche des Rameaux… chez vous

Dans mon pays les prêtres ont proposé une belle initiative que j’aimerai vous partager.  Si on mettait tous une branche sur la porte ou la fenêtre le samedi 4 avril dans l’après-midi, pour que le Dimanche des Rameaux, toutes les maisons se réveillent avec une branche ! Il peut s’agir de n’importe quelle branche verte que vous pouvez obtenir. Essayer de trouver une belle 🌿
Cela servirait, malgré le confinement, à rester connecté lors des cérémonies de Pâques. Acclamant Jésus, même en silence. Ce serait aussi un témoignage visible que nous sommes des chrétiens catholiques ! 😇 Je vous invite à adopter cette initiative et aussi à la partagé le plus largement possible autour de vous.                Que Dieu vous bénisse tous !!! 🍃 🍃

Guicela

Messe des Rameaux 2020 : homélie du pape François
Jésus « s’est anéanti, prenant la condition de serviteur » (Ph 2, 7). Laissons-nous introduire dans les jours saints par ces mots de l’apôtre Paul, où la Parole de Dieu, comme un refrain, montre Jésus comme un serviteur : le Jeudi saint il est le serviteur qui lave les pieds à ses disciples ; le Vendredi saint il est présenté comme le serviteur souffrant et victorieux (cf. Is 52, 13) ; et déjà demain, Isaïe prophétisera de lui : « Voici mon serviteur que je soutiens » (Is 42, 1). Dieu nous a sauvés en nous servant. En général nous pensons que c’est à nous de servir Dieu. Non, c’est lui qui nous a servi gratuitement, parce qu’il nous a aimé en premier. Il est difficile d’aimer sans être aimés. Et il est encore plus difficile de servir si nous ne nous laissons pas servir par Dieu. Mais de quelle façon le Seigneur nous a-t-il servi ? En donnant sa vie pour nous. Nous lui sommes chers et nous lui avons coûté cher. Sainte Angèle de Foligno a témoigné d’avoir entendu de Jésus ces paroles : « Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée ». Son amour l’a conduit à se sacrifier pour nous, à prendre sur lui tout notre mal. C’est une chose qui nous laisse pantois : Dieu nous a sauvés en acceptant que notre mal s’acharne sur lui. Sans réagir, avec seulement l’humilité, la patience et l’obéissance du serviteur, exclusivement avec la force de l’amour. Et le Père a soutenu le service de Jésus : il n’a pas mis en déroute le mal qui s’abattait sur lui, mais il a soutenu sa souffrance, pour que notre mal soit vaincu seulement par le bien, pour qu’il soit traversé jusqu’au fond par l’amour. Jusqu’au fond. Le Seigneur nous a servis jusqu’à éprouver les situations les plus douloureuses pour qui aime : la trahison et l’abandon. La trahison. Jésus a subi la trahison du disciple qui l’a vendu et du disciple qui l’a renié. Il a été trahi par les gens qui l’acclamaient et qui ensuite ont crié : « Qu’il soit crucifié ! » (Mt 27, 22). Il a été trahi par l’institution religieuse qui l’a condamné injustement et par l’institution politique qui s’est lavé les mains. Pensons aux petites et aux grandes trahisons que nous avons subies dans la vie. C’est terrible quand on découvre que la confiance bien placée a été trompée. Naît au fond du cœur une déception telle que la vie semble ne plus avoir de sens. Cela arrive parce que nous sommes nés pour être aimés et pour aimer, et la chose la plus douloureuse c’est d’être trahi par celui qui a promis de nous être loyal et proche. Nous ne pouvons pas non plus imaginer comme cela a été douloureux pour Dieu, qui est amour. Regardons-nous à l’intérieur. Si nous sommes sincères avec nous-mêmes, nous verrons nos infidélités. Que de fausseté, d’hypocrisies et de duplicités ! Que de bonnes intentions trahies ! Que de promesses non tenues ! Que de résolutions laissées s’évanouir ! Le Seigneur connaît notre cœur mieux que nous, il sait combien nous sommes faibles et inconstants, combien de fois nous tombons, que de mal nous avons à nous relever et combien il est difficile de guérir certaines blessures. Et qu’a- t-il fait pour venir à notre rencontre, pour nous servir ? Ce qu’il avait dit par le prophète : « Moi je les guérirai de leurs infidélités, je les aimerai d’un amour gratuit » (Os 14, 5). Il nous a guéris en prenant sur lui nos infidélités, en enlevant nos trahisons. De sorte que, au lieu de nous décourager par peur de ne pas y arriver, nous pouvons lever notre regard vers le Crucifié, recevoir son embrassade et dire : “ Voilà, mon infidélité est là, tu l’as prise, toi, Jésus. Tu m’ouvres les bras, tu me sers par ton amour, tu continues à me soutenir…Alors j’avance ! ” L’abandon. Sur la croix, dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus dit une phrase, une seule : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46). C’est une phrase forte. Jésus avait souffert l’abandon des siens, qui avaient fui. Mais il lui restait le Père. Maintenant, dans l’abîme de la solitude, pour la première fois il l’appelle par le nom générique de “ Dieu”. Et il lui crie « d’une voix forte » le “pourquoi” le plus déchirant : “ Pourquoi, toi aussi, m’as-tu abandonné ? ”. Ce sont en réalité les paroles d’un Psaume (cf. 21, 2) : on y dit que Jésus a aussi porté en prière l’extrême désolation. Mais il reste le fait qu’il l’a éprouvée : il a éprouvé l’abandon le plus grand dont les Évangiles témoignent en rapportant ses paroles originales : Eli, Eli lemà sabactani ? Pourquoi tout cela ? Encore une fois pour nous, pour nous servir. Parce que lorsque nous nous sentons le dos au mur, quand nous nous trouvons dans une impasse, sans lumière et sans issue, quand il semble que même Dieu ne répond pas, nous nous rappelions que nous ne sommes pas seuls. Jésus a éprouvé l’abandon total, la situation qui lui est la plus étrangère, afin de nous être solidaire en tout. Il l’a fait pour moi, pour toi, pour te dire : “ N’aie pas peur, tu n’es pas seul. J’ai éprouvé toute ta désolation pour être toujours à ton côté ”. Voilà jusqu’où Jésus nous a servi, descendant dans l’abîme de nos souffrances les plus atroces, jusqu’à la trahison et à l’abandon. Aujourd’hui, dans le drame de la pandémie, face à tant de certitudes qui s’effritent, face à tant d’attentes trahies, dans le sens d’un abandon qui nous serre le cœur, Jésus dit à chacun de nous : “ Courage : ouvre ton cœur à mon amour. Tu sentiras la consolation de Dieu, qui te soutient ”. Chers frères et sœurs, que pouvons-nous faire devant Dieu qui nous a servis jusqu’à éprouver la trahison et l’abandon ? Nous pouvons ne pas trahir celui pour qui nous avons été créés, ne pas abandonner ce qui compte. Nous sommes au monde pour l’aimer, lui et les autres. Le reste passe, cela demeure. Le drame que nous sommes en train de traverser nous pousse à prendre au sérieux ce qui est sérieux, et à ne pas nous perdre dans des choses de peu de valeur ; à redécouvrir que la vie ne sert à rien si on ne sert pas. Parce que la vie se mesure sur l’amour. Alors, en ces jours saints, à la maison, tenons-nous devant le Crucifié, mesure de l’amour de Dieu pour nous. Devant Dieu qui nous sert jusqu’à donner sa vie, demandons la grâce de vivre pour servir. Cherchons à contacter celui qui souffre, celui qui est seul et dans le besoin. Ne pensons pas seulement à ce qui nous manque, mais au bien que nous pouvons faire. Voici mon serviteur que je soutiens. Le Père qui a soutenu Jésus dans sa Passion, nous encourage nous aussi dans le service. Certes, aimer, prier, pardonner, prendre soin des autres, en famille comme dans la société, peut coûter. Cela peut sembler un chemin de croix. Mais le chemin du service est le chemin vainqueur, qui nous a sauvés et qui nous sauve la vie. Je voudrais le dire spécialement aux jeunes, en cette Journée qui, depuis trente-cinq ans leur est consacrée. Chers amis, regardez les vrais héros, qui apparaissent ces jours-ci : ce ne sont pas ceux qui ont renommée, argent et succès, mais ceux qui se donnent eux-mêmes pour servir les autres. Sentez-vous appelés à mettre en jeu votre vie. N’ayez pas peur de la dépenser pour Dieu et pour les autres, vous y gagnerez ! Parce que la vie est un don qui se reçoit en se donnant. Et parce que la joie la plus grande est de dire oui à l’amour, sans si et sans mais. Comme Jésus pour nous.  

Ouverture ces jours-ci de l’église st Jean Berchmans ° st Michel

Le sacrement de réconciliation individuel ne pourra être conféré pendant la semaine sainte. Les évêques de Belgique autorisent les fidèles à reporter leur confession pascale à une date ultérieure. Ou, comme l’a récemment déclaré le Pape François au vu des circonstances exceptionnelles de cette année : Oui, il est possible de recevoir le pardon de Dieu sans prêtre. Si tu ne trouves pas de prêtre pour te confesser, parle avec Dieu, il est ton Père, et dis-lui la vérité : ‘Seigneur, j’ai commis le mal en ceci, en cela, …” Demande-lui pardon de tout ton cœur avec l’acte de contrition et promets-lui : “Je me confesserai plus tard, mais pardonne-moi maintenant”. Et tu reviendras immédiatement dans la grâce de Dieu.

Comment célébrer Pâques sans confession ni communion, ou ‘faire ses Pâques’ cette année ? En faisant ce qui est possible : prier à la maison, seul ou en famille ; lire et méditer les lectures et les prières prévues pour la Semaine Sainte ; suivre une célébration liturgique à la radio, à la télévision ou en livestream.

Il n’y aura pas de bénédiction des rameaux ce week-end. .

On reparle le plus vite possible de la transmission par internet du Chemin de croix vendredi à 15h. On regarde la faisabilité concrète.

Notre église reste ouverte pour la prière individuelle. Mettre une bougie prolonge notre prière…

Echos. Demandes de Prière. Pour les malades et les soignants.

Si vous connaissez des personnes âgées ou isolées qui seraient heureuses de recevoir un petit coup de fil ou un mail en cette triste période, n’hésitez pas à me le communiquer. Je vous souhaite le meilleur pour les prochaines semaines et surtout, une belle montée pascale ! L.

Prière du pape François en temps de pandémie

« Ô Marie,

Tu brilles toujours sur notre chemin

Comme un signe de salut et d’espoir.

Nous nous confions à toi, Santé des malades,

Qui auprès de la Croix, a été associée à la douleur de Jésus,

En restant ferme dans la foi.

Toi, Salut du peuple romain, tu sais de quoi nous avons besoin

Et nous sommes sûrs que tu y pourvoiras

Pour que, comme à Cana de Galilée,

La joie et la fête reviennent

Après cette épreuve.

Aide-nous, Mère de l’amour divin,

À nous conformer à la volonté du Père

Et à faire ce que nous dira Jésus,

Qui a pris sur lui nos souffrances

Et s’est chargé de nos douleurs

Pour nous conduire à travers la Croix,

À la joie de la résurrection. Amen.

Sous Ta protection, nous cherchons refuge, Sainte Mère de Dieu.

Ne méprise pas les suppliques de ceux d’entre nous qui sont dans l’épreuve,

Et délivre-nous de tout danger, ô Vierge glorieuse et bénie. »

Beau texte pour notre temps, par Christine Pedotti
Cette fois, chacun et chacune en est convaincu : le Covid-19 n’est pas une grippette, ainsi qu’on a voulu le croire jusqu’à… il y a à peine plus de quinze jours. Pour autant, ce n’est pas la peste. Et c’est bien là que se situe la difficulté. Le Covid tue, trop et cependant peu. Il y a d’abord tous ceux et celles qui ont des formes si bénignes, à peine un rhume, une petite fièvre, qu’elles passent quasiment inaperçues… Et puis il y a la « sale grippe », de la fièvre, des courbatures, une grande fatigue, qui s’estompent grâce au repos en une dizaine de jours. Enfin, restent les cas sévères, surtout quand ils se développent sur les terrains exposés, maladies graves, fragilité de l’âge. Alors, la détresse respiratoire guette. C’est ce que les soignants redoutent et c’est pour ces malades que se déploient les respirateurs de réanimation et les soins intensifs. Face à cela, nous sommes seuls avec nos peurs et nos angoisses, pour nous-mêmes et pour nos proches. Les statistiques en cette matière ne disent rien. Toute personne frappée par le deuil d’un·e proche sait que la douleur ne fait pas de quartier. Elle ne connaît que le 100 %. Et l’on a beau savoir que le taux de mortalité de l’humanité est, depuis la nuit des temps, lui aussi de 100 %, la question du quand et du comment reste l’une de nos grandes inquiétudes… Et à raison : il est normal que cette question nous travaille. Pourtant, face au virus et à l’épidémie, osons affirmer que la mort n’est ni juste, ni injuste. Elle est notre sort et nul ne connaît son heure. Ceci étant posé, intéressons-nous à la vie et au présent, à ceux et celles qui comptent pour nous, qui comptent sur nous. Aujourd’hui, plus que jamais, nous nous rendons compte que tout acte d’amour et de fraternité est un acte de salut. Il ne nous sauvera pas de la mort, mais il sauvera nos vies du non-sens. Commençons par la bienveillance ; à l’égard de nous-même, à l’égard des autres, si proches, si voisins, si irritants. Voici venu les temps des conciliations et des réconciliations.

 Pour toute réaction, proposition, échange ou demande :

Tommy.scholtes@tommyscholtes.be, et les jésuites de la communauté qui restent branchés et en communion. N’oublions pas non plus de nous appeler, de faire signe, de demander, de donner des nouvelles.

le bonjour du 30 mars

       Le Bonjour des amis

Eglise st Jean Berchmans ° st Michel 30 mars 2020

Retour sur la bénédiction Urbi et Orbi… et une belle relecture de l’événement

Un homme en blanc remonte seul, à pieds, Dans une marche lente, en boitant, L’esplanade nue de la place Saint Pierre.

Rome et le monde entier l’a désertée.

Seule une fine pluie recouvre de brillance Les pierres et pavés d’un gris argent.

L’homme s’avance, il vient de la ville,

De l’espace-monde,

Et se rapproche de la basilique

Plantée là, vaste et majestueuse,

En mémoire de Pierre, de sa foi,

Du don de sa vie, au nom du Christ.

L’homme est âgé déjà.

Sa démarche,

Son visage,

son allure fatiguée,

Trahissent une vie elle aussi dépensée

Sans réserve, dans l’énergie du don,

Le souffle de la grâce.

L’homme introduit à la prière

Les auditeurs-visionnaires

qui partagent avec lui ,

De partout dans le monde,

Ce moment intense de célébration et de prière.

L’évangile de Jésus Christ selon Marc

Retentit dans toute la beauté

Du chant qu’un homme en noir, laïc,

Entame ailleurs sur la place,

On ne sait trop d’où d’ailleurs,

et peu importe.

Sa voix chaude, ses paroles distinctes

En cette langue chantante qu’est l’italien Offrent à nos oreilles de réentendre à neuf L’évangile de la tempête apaisée, en Marc 8.

Ces paroles nous baignent de douceur et de clarté, La voix enveloppe et calme, Elle proclame l’inouï d’un Fils de Dieu Embarqué avec nous dans la tempête de ces jours de pandémie.

Et l’homme en blanc écoute,

et l’homme en blanc médite et parle.

Il donne à entrer dans l’intelligence

De ce texte à l’actualité soudain si nouvelle.

Nous avons peur nous aussi,

nous nous sentons écrasés, désorientés,

Par les effets tragiques de ce virus

venu soudain bouleverser notre quotidien, Nous terrer en nos maisons, Nous convier à soigner et accompagner  malades et mourants, Écoliers, parents, ouvriers au chômage, Patrons inquiets pour leurs activités, Politiques engagés sur le front Des consignes, des mesures de prévention, De protection et d’accompagnement majeures.

L’homme en blanc reprend les mots de Jésus Dans la barque secouée par les flots impétueux De la mer de Galilée :

« Pourquoi êtes-vous peureux ?

N’avez-vous pas encore foi ? »

Seigneur, soutiens notre cœur.

En ce temps d’adversité,

Garde vive et agissante notre foi,

Car tu es là, avec nous,

En cette barque secouée.

Sur la Croix, tu nous as donné le témoignage de ton amour pour nous, Tu nous as sauvés.

Et aujourd’hui, tu es là,

Vivant, à nos côtés

Pour nous soutenir dans cette terrible épreuve.

Que notre espérance ne faiblisse pas.

Qu’elle porte les soignants

et tous ceux qui aident leur prochain

en poursuivant leur travail,

À garder confiance,

À vivre de leur espérance.

Ce qu’il nous faut privilégier, en ces heures noires, La seule exigence à tenir, En cette pandémie, C’est la prière Et le discret service de nos frères.

Ce sont là nos armes contre le virus.

Utilisons-les à plein.

L’homme ensuite reprend sa marche claudiquante En direction de l’icône de « Marie, salut des romains », Antique icône vénérée par des générations de chrétiens.

Il prie devant elle, en silence.

Puis se dirige sur sa gauche,

jusqu’au pied du Crucifix

devant lequel les romains prièrent déjà, au seizième siècle, implorant d’être délivrés de la peste.

L’homme en blanc contemple Jésus en croix, son côté droit ouvert, saignant, Son côté gauche lavé par les gouttes de pluie du moment dessinant sur lui des rigoles fragiles.

Il prie, silencieux, et nous avec,

Conduits par lui dans cette méditation.

Puis il s’avance, touche le bois et l’embrasse, sans autre forme de prévenance.

Et il se dirige vers la basilique, d’où, Par ses portes ouvertes, Est amené sur un autel bâti dans le narthex extérieur, Le saint sacrement du corps du Christ.

L’homme en blanc reste là,

debout puis assis,

De longues et graves minutes,

pendant qu’un chœur d’hommes

demeuré bienheureusement invisible

À nos yeux déjà en manque d’objets en mouvement, Scande l’adoration de litanies implorantes, Pleinement ajustées à la grave actualité du moment, Suffisamment détachées d’elle aussi pour être de tout lieu et de tout temps où l’humanité souffre et gémit En d’indicibles tourments.

L’homme en blanc fait silence,

Il écoute et il prie.

Ensuite il se lève,

Et on lui amène le saint sacrement,

Et sans autre parole ou formule

que ce geste signifiant,

Il se rapproche, fait face à la ville,

Et par-delà la place déserte,

Trace avec le corps eucharistique du Fils Plusieurs signes de croix, Bénissant Rome et le monde Par ce geste de douceur Et de tranquille apaisement.

Tout est dit.

Ce fut la bénédiction Urbi et Orbi

De François, évêque de Rome,

Durant la pandémie du printemps 2020.

Une bénédiction à nulle autre pareille,

Dépouillée de tout faste,

Sans gardes suisses, prélats,

Carabinieri ni fanfare,

Sans balcon ni flon-flon,

Sans décorum ni protocoles,

Invités, couronnés,

Délégations et représentations :

Juste une prière partagée,

D’homme à hommes,

D’homme souffrants à hommes éplorés,

Dans l’écoute de l’évangile de vie,

La contemplation du Crucifié,

La présence maternelle de Marie,

Le pain de vie eucharistique,

La supplique des litanies,

Et ce geste de pauvre,

Ce geste sauveur

Du signe de la croix

Tracé sur la ville et le monde

Avec le Corps du Christ,

Pain vivant livré pour nos péchés.

Sauvés, nous le sommes,

Par cette miséricorde venant du ciel

Sur tous les hommes,

À la mesure de leur désir,

À la mesure de leur cœur, ouvert.

Hier, sans aucun doute,

Nous furent très nombreux à communier

À cette grâce prodiguée,

Via les airs, par connexions,

À travers la médiation de l’homme en blanc, Successeur de Pierre, Sans plus ni trône ni goupillons, Sans invectives religieuses Ni culpabilisantes condamnations, Porté seulement par la prière?

Par la parole et le signe offert

De l’amour du Seigneur pour la terre.

sœur Isabelle Donegani

28.03.20

Ci-après un extrait d’une lettre écrite par un médecin italien âgé de 38 ans,

Dr Julian Urban travaillant dans un hôpital en Lombardie. Elle a été transmise par un confrère italien, ce matin, à notre fille, médecin spécialiste en maladies infectieuses et elle aussi en première ligne d’attaque contre l’épidémie de coronavirus dans un grand hôpital.

“Jamais dans mes cauchemars les plus fous n’aurais-je imaginé voir ce qui se passe dans notre hôpital depuis trois semaines… 

D’abord quelques malades sont arrivés, puis des dizaines, puis des centaines, tous atteints de manière de plus en plus grave. Maintenant nous ne sommes plus des médecins, mais des “aiguilleurs” qui envoient telle personne vers un lit de réanimation, telle autre chez elle pour mourir, alors même que tous ces patients ont payé les mêmes impôts dans notre pays, toute leur vie.

Jusqu’à il y a deux semaines mes collègues et moi-même étions des athéistes convaincus. Ce qui est normal puisque nous sommes médecins et que l’on nous a appris que la science excluait la présence de Dieu. J’avais l’habitude de me moquer gentiment de mes parents quand ils allaient à l’église. Il y a neuf jours un pasteur âgé de 75 ans a été admis dans notre hôpital. C’était un homme bon et affable, souffrant de difficultés respiratoires graves. Il avait une Bible avec lui et nous a impressionnés par son attitude : il n’hésitait pas à en lire des passages aux autres malades et à tenir la main de ceux qui mouraient. Nous autres médecins étions exténués, à bout physiquement et psychologiquement, mais quand nous avions une minute nous l’écoutions lire et prier.

Nous sommes au bout du rouleau, incapables de faire davantage. Les gens meurent autour de nous chaque jour. Deux de nos collègues viennent de mourir à leur tour et d’autres membres du personnel soignant ont contracté le virus. Nous avons compris enfin que nous devions nous adresser à Dieu pour Lui demander de nous venir à l’aide. C’est ce que nous avons commencé à faire, quelques uns d’entre nous, dès que nous avions quelques minutes de répit. Nous trouvons encore incroyable de rechercher ensemble aujourd’hui la paix de Jésus, alors que naguère nous étions des athéistes endurcis, et de Lui demander la grâce de nous permettre de continuer à aider tous ceux que souffrent autour de nous.
Hier ce pasteur de 75 ans est mort. Alors que nous avons enregistré 120 décès en moins de trois semaines dans notre seul service, la sienne nous a bouleversés. Malgré sa propre condition et nos dures conditions de travail, il avait réussi à nous insuffler une PAIX que nous recherchions ailleurs sans pouvoir la trouver. Ce pasteur est allé rejoindre son Seigneur et Maître et bientôt nous irons le rejoindre nous aussi si les conditions ne s’améliorent pas.

Cela fait 6 jours que je ne suis pas rentré chez moi. Je ne me souviens plus de mon dernier repas. Je comprends à présent combien petit je suis sur cette terre. Mais je tiens à utiliser toute mon énergie, jusqu’à mon dernier souffle pour aider les autres. Je suis tellement heureux, grâce à ce pasteur, d’avoir fait le chemin vers Dieu, alors que je marche entouré de tant de souffrances de mes frères humains et que je fais face à la mort si souvent.”

Priez pour ce médecin qui a trouvé la paix en Jésus grâce à l’intervention de ce pasteur malade, et pour tous ses confrères engagés dans la même lutte de tous les jours. Priez pour que sa foi s’affermisse et lui donne le courage de continuer avec espoir, les yeux fixés sur Jésus.

Évangile (Jn 11, 1-45) : la résurrection de Lazare (par X. Dijon sj)

Commençons par situer cette page d’Evangile à la fois dans l’Evangile selon S. Jean et dans notre parcours de Carême, pour voir comment se déroule la préparation des candidats au baptême. Puis nous approfondirons la lecture de cette page elle-même avant de proposer une attitude spirituelle possible pour ce temps de confinement.

Saint Jean dans le Carême.

Cette résurrection de Lazare, lue en ce 5e dimanche de Carême, se situe au chapitre 11 de l’évangile selon S. Jean donc, bien sûr, après le chapitre 4 qui rapporte la rencontre de Jésus avec la Samaritaine (entendue dans l’évangile du 3e dimanche de Carême), et aussi après le chapitre 9 où est racontée la guérison de l’aveugle-né (lue la semaine dernière, au 4e dimanche). Le chapitre 12, qui suit cette résurrection de Lazare contient l’entrée de Jésus à Jérusalem que nous lirons la semaine prochaine, au dimanche des Rameaux, début de la Semaine sainte. Nous avons donc, en amont, trois rencontres : la Samaritaine, l’aveugle-né et Lazare ; en aval, cette Sainte semaine au cours de laquelle l’Eglise se rappelle la Passion, la mort et la résurrection de Jésus.

Il faut se rappeler par ailleurs que la nuit de Pâques (Vigile pascale) est le moment par excellence où se célèbrent les baptêmes, en particulier des adultes. On ne s’étonnera pas de ce choix puisque le baptême signifie précisément la plongée dans la mort du Christ et son relèvement dans sa résurrection. Le baptisé entend mourir au péché pour vivre de la vie du Christ. Tous les symboles de la célébration montrent ce lien noué par le Christ ressuscité avec cette personne qui s’est présentée au baptême : elle a reçu l’onction qui donne l’Esprit, elle a été illuminée par le cierge pascal qui symbolise la lumière du Christ, elle a revêtu le vêtement blanc, signe de Pâques. En principe, le nouveau baptisé devrait donc pouvoir dire avec S. Paul : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2,20).

Cette célébration du baptême manifeste l’engagement des deux partenaires de l’alliance baptismale. Elle manifeste donc d’abord la grâce de Dieu le Père qui appelle toujours de nouveaux enfants à suivre son Fils le Christ et à devenir membres de son Corps qui est l’Eglise ; elle manifeste ensuite la foi du catéchumène qui a voulu précisément répondre de tout lui-même à cet appel de Dieu.

La préparation au baptême

Pour préparer les catéchumènes (adultes) à cet engagement dans le baptême, l’Eglise organise des enseignements (catéchèses) qui permettent aux participants de comprendre les tenants et aboutissants de la vie chrétienne dans laquelle ils entendent s’engager : la lecture de l’Ecriture sainte selon la tradition de l’Eglise, l’explication du Credo, la vie morale du chrétien, sa vie spirituelle… Sur le plan liturgique, la préparation plus immédiate du baptême se vit logiquement juste avant la Vigile pascale, c’est-à-dire durant le Carême. Alors que, pendant le Carême, l’ensemble du Peuple de Dieu se prépare, par le jeûne, la prière et l’aumône, à vivre le mystère de la mort et de la résurrection du Christ, le groupe des catéchumènes s’inscrit dans ce grand mouvement d’Eglise pour intensifier sa propre préparation au baptême. Plus précisément, le groupe se réunit le 1er dimanche de Carême pour ce qu’on nomme l’appel décisif, puis au cours des 3e, 4e et 5e dimanches de Carême, au cours desquels ont lieu ce que, dans le langage ecclésial, on appelle les scrutins.

Ces scrutins n’ont rien à voir avec une quelconque procédure électorale (de scrutin majoritaire ou uninominal…) mais plutôt avec la réflexion dans laquelle le catéchumène examine (scrute) sa conscience et son cœur, pour savoir s’il persévère dans sa résolution de foi : est-il prêt à compter sur la grâce du Christ pour tenir son engagement de chrétien ? A-t-il bien compris la portée de cet engagement ? Est-il prêt à repousser les tentations et à renoncer aux œuvres du Mal ? Est-il prêt à demander le pardon du Seigneur s’il s’est écarté du chemin de la foi chrétienne ? Bref, pense-t-il répondre aussi loyalement et généreusement que possible, avec l’aide de Dieu lui-même, à la grâce qui lui est faite ?

Le rite du scrutin est sobre : après la lecture de l’évangile et l’homélie, le prêtre impose les mains aux candidats au baptême, puis il déploie sur eux une prière où il demande que ces catéchumènes soient illuminés et purifiés afin que le baptême à venir manifeste effectivement pour eux leur configuration au Christ.

A partir de ce petit rappel liturgique, nous pouvons revenir aux trois rencontres évoquées tout à l’heure – de la Samaritaine, de l’aveugle-né, de Lazare et de ses sœurs – car ces passages-là, extraits de l’évangile de Jean, sont précisément lus durant les trois dimanches de scrutin, de telle sorte que les catéchumènes comprennent bien les enjeux de leur baptême à venir. Cette pédagogie est judicieuse car il s’agit chaque fois, en effet, d’un cheminement dans la foi.

Ainsi la Samaritaine arrive-t-elle au puits non seulement avec sa cruche, mais encore avec ses préjugés contre les Juifs, sa vie amoureuse brinquebalante et sa recherche de la véritable montagne – le mont Garizim ou le mont Sion ? – où on peut adorer Dieu. Or Jésus entame avec cette femme un dialogue qui l’amène à faire la vérité sur elle-même et à recevoir la révélation de Jésus lui-même comme Messie. Ainsi, en entendant ce récit, le catéchumène, qui se pose peut-être lui aussi des questions sur sa propre démarche de vie, pourra-t-il être amené à faire la vérité sur lui-même, à donner davantage sa foi au Christ et même à devenir missionnaire comme le fut la Samaritaine auprès des gens de son village (« Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait » Jn 4,26)…

Même démarche dans la rencontre de l’aveugle-né. Il mendie, et Jésus lui rend la vue en lui appliquant sur les yeux la boue qu’il avait fabriquée avec sa salive. Après le miracle, l’infirme guéri ne situe pas bien celui qui lui a ouvert les yeux. Il parle de « celui qu’on appelle Jésus » (Jn 9, 11) ; plus tard, devant les pharisiens, il s’enhardit : « c’est un prophète » (Jn 9,17) ou quelqu’un qui vient de Dieu (cf. Jn 9,33) ; finalement, devant Jésus lui-même il se prosterne en confessant « je crois, Seigneur » (Jn 9,37). Ici encore, le catéchumène qui ne voit peut-être pas encore très clair dans l’engagement qu’il va prendre peut se sentir soutenu par cette grâce du Christ qui jette sur son existence une lumière toute nouvelle.

Reste enfin l’évangile d’aujourd’hui : la résurrection de Lazare. Ses deux sœurs, Marthe et Marie, ont exprimé chacune leur confiance en Jésus : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort » (Jn 11,21,32) mais le Seigneur veut les amener à faire un pas de plus pour qu’elles comprennent qu’il est encore ici et maintenant le maître de la vie et de la mort. Il les invite à la foi : « Quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » (Jn 11,26). Ainsi, le catéchumène est-il amené, lui aussi, à se poser la question : crois-tu cela ? Il est conduit à se rendre avec les deux sœurs et la foule vers le tombeau et à comprendre devant le signe qui lui est donné (‘Lazare, viens ici. Dehors ! », Jn 11,44) que la vie du Christ reçue au baptême a une portée d’éternité. C’est précisément sur cette troisième rencontre que nous pouvons insister puisqu’elle constitue l’évangile du jour.

Le chassé-croisé des morts

Le début de l’évangile de ce jour apparaît comme un étrange chassé-croisé entre la maladie de Lazare et la mort de Jésus, comme aussi entre la Judée et la Galilée. Puisque Lazare est malade à Béthanie (près de Jérusalem, en Judée), ses sœurs envoient dire à Jésus (qui se trouve en Galilée) l’état de leur frère, son ami. Mais Jésus ne se précipite pas pour se rendre au chevet de Lazare ; il dit d’ailleurs que cette maladie n’est pas mortelle. Puis après deux jours il se décide à partir en Judée ; à ce moment, il reçoit les objections de ses disciples qui lui rappellent qu’il est là-bas menacé de mort. Un tel déplacement est donc dangereux ; il est en outre inutile puisque, d’après Jésus, Lazare dort. Jésus doit-il dès lors risquer sa vie pour aller réveiller un ami qui se repose ? Mais Jésus coupe court au malentendu : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez » (Jn 11,14-15). Il est vrai que, pour Jésus, la mort de l’homme n’est qu’un sommeil, comme il va le prouver en rendant la vie à Lazare, mais il faut voir aussi qu’en descendant en Judée auprès de son ami Lazare, il signe son arrêt de mort. Là-bas, en effet, les Juifs voulaient le lapider. D’ailleurs l’apôtre Thomas ne s’y trompe pas : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! » (Jn 11,16).

Que veut Jésus, finalement ? En fait, il le dit lui-même : il veut la foi de ses disciples, la foi de son Eglise et, finalement, la foi de tous les humains. Le désir qui habite son cœur, depuis le début, c’est que les gens soient reliés à son propre Père et donc qu’ils croient en lui, Jésus, le Fils du Père. C’était déjà ce qui s’est passé avec la Samaritaine : Jésus avait soif non pas de l’eau du puits mais de sa soif à elle : il voulait que cette femme puisse trouver en lui, Jésus-Messie, le lieu en qui elle pourrait adorer le Père en esprit et en vérité. Même chose avec l’aveugle-né : Jésus ne voulait pas seulement lui faire découvrir la lumière du jour mais, plus profondément la lumière de la foi qui permet à l’aveugle de reconnaître en lui, Jésus, le Seigneur de sa vie. C’est cette relation fondamentale à lui que Jésus cherche, non pas pour sa propre gloire, mais pour celle de son Père qui est dans les cieux. Même chose encore, ici, avec Lazare : le Seigneur ne veut pas seulement redonner vie à son ami en le tirant du sommeil de la mort pour qu’il vive quelques années en plus ; il veut, par ce signe, susciter et confirmer la foi de ses disciples, la foi de Marthe, de Marie et de la foule en sa propre personne ; sa personne à qui chacun doit pouvoir dire (dans la foi, précisément) qu’il est la résurrection et la vie. S’il tire, pour quelques années, Lazare de la mort, c’est pour que, par ce signe, nous puissions lui donner notre foi, et recevoir dès lors de lui la vie éternelle.

Or comment le Seigneur Jésus donnera-t-il la vie ? Non pas seulement la prolongation temporaire d’une vie, par exemple à la manière des transhumanistes qui ont décrété la guerre au vieillissement et même la mort de la mort, mais comment donnera-t-il la vie éternelle qu’il porte en lui en tant que Fils du Père ? Pas autrement qu’en mourant lui-même. Or c’est précisément cette mort qu’il a accepté de subir en se rendant de Galilée à Béthanie. Il rend la vie à Lazare mais il livre la sienne puisque, aussitôt après ce signe donné au tombeau, le conseil des grands prêtres et des Pharisiens se déclare résolu à le tuer (Jn 19,53). Il fallait mystérieusement cette mort humaine du Christ pour que sa vie divine passe en nous, pour toujours. C’est à sa mort qu’il livre l’Esprit (cf. Jn 19,30) car « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » (Jn 15,13).

Dès lors, encore une fois, lorsque le catéchumène entend, dans la célébration des scrutins, après la Samaritaine et après l’aveugle-né, ce récit de la résurrection de Lazare, il sait l’enjeu d’éternité du baptême qu’il va recevoir. L’eau vive de la Samaritaine était déjà source jaillissant en vie éternelle, et la lumière dans les yeux de l’aveugle, c’est celle de la foi dans le Seigneur. Il est invité à recevoir en plein cœur la question que Jésus posait à Marthe : « crois-tu cela ? ». Il peut alors commencer à examiner (scruter) son âme pour savoir si elle est toujours résolue à donner sa foi à Celui qui est la résurrection et la vie.

Après ce parcours de la préparation des catéchumènes et de l’enseignement de ce 5e dimanche de Carême, pouvons-nous conclure sur une attitude spirituelle possible en ce temps de confinement ?

Une attitude spirituelle pendant le confinement

L’autre jour, un père de famille m’a confié son dépit de ne pouvoir offrir à sa fille cadette la possibilité de se rendre en famille à une célébration dominicale puisque, par mesure sanitaire, toutes les célébrations étaient supprimées. Cette frustration était d’autant plus regrettable que l’enfant se préparait à faire sa première communion, et qu’il était donc dommage qu’elle ne puisse pas être soutenue dans sa démarche de préparation par une communauté célébrante. Un moment, le papa avait songé à chercher s’il n’y aurait pas ‘quelque part’ un lieu où serait tout de même célébrée une eucharistie à laquelle il pourrait emmener sa famille. Mais il s’est bientôt ravisé de cette idée dans une sorte de culbute : au lieu d’amener la cadette à une célébration où les adultes pourraient la soutenir dans sa démarche de préparation à l’eucharistie, ne valait-il pas mieux renverser la perspective et reconnaître que les adultes pourraient tout aussi bien vivre ce temps de confinement dans l’attitude intérieure de l’enfant qui se prépare à sa première communion.

Voilà, en tout cas, la perspective qui nous rapprocherait du catéchuménat.

Dans l’Eglise primitive, les catéchumènes n’assistaient qu’à la liturgie de la Parole puis, une fois accomplis les rites des scrutins, ils quittaient l’église, car ils n’avaient pas encore reçu le baptême qui les faisait membres de la communauté eucharistique. A tort ou à raison, ce renvoi des catéchumènes – toujours prévu dans le Rituel – n’est plus guère pratiqué de nos jours, mais il peut au moins nous indiquer une piste pour ce temps de confinement.

Vu les circonstances, nous ne pouvons, nous non plus, participer à la liturgie eucharistique, mais nous pouvons tout de même accueillir la Parole là où nous sommes. Pourquoi ne pas laisser descendre en nous cette Parole dans un esprit de scrutin comme le font les catéchumènes avec cette différence que, pour nous, il s’agit d’un questionnement opéré après le baptême ? Dans ce sens ces trois lectures de l’Evangile selon S. Jean nous renverraient à notre conscience : où en suis-je dans ma foi ? qu’ai-je fait de la grâce que j’ai reçue au baptême ? quelles sont les œuvres qui manifestent ma foi ? Ou encore : que vais-je répondre au Christ s’il me dit : ‘donne-moi à boire’ (Jn 4,7) ou ‘va te laver à la piscine de Siloé’ (Jn 9,7) ou encore, s’il me demande : ‘crois-tu cela ?’(Jn 11,26)

Lazare, viens dehors ! Tu n’y penses pas, Seigneur !

Avec cette Pandémie, même mort je ne sortirai pas.

Ouverture ces jours-ci de l’église st Jean Berchmans ° st Michel

En raison des mesures actuelles, le sacrement de réconciliation individuel ne pourra être conféré. Les évêques de Belgique autorisent les fidèles à reporter leur confession pascale à une date ultérieure. Ou, comme l’a récemment déclaré le Pape François au vu des circonstances exceptionnelles de cette année : Oui, il est possible de recevoir le pardon de Dieu sans prêtre. Si tu ne trouves pas de prêtre pour te confesser, parle avec Dieu, il est ton Père, et dis-lui la vérité : ‘Seigneur, j’ai commis le mal en ceci, en cela, …” Demande-lui pardon de tout ton cœur avec l’acte de contrition et promets-lui : “Je me confesserai plus tard, mais pardonne-moi maintenant”. Et tu reviendras immédiatement dans la grâce de Dieu.

Comment célébrer Pâques sans confession ni communion, ou ‘faire ses Pâques’ cette année ? En faisant ce qui est possible : prier à la maison, seul ou en famille ; lire et méditer les lectures et les prières prévues pour la Semaine Sainte ; suivre une célébration liturgique à la radio, à la télévision ou en livestream.

Il n’y aura pas de bénédiction des rameaux.

Notre église reste ouverte pour la prière individuelle. Mettre une bougie prolonge notre prière…

Echos. Demandes de Prière. Pour les malades et les soignants.

Et tout s’est arrêté…

Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous savions tous qu’il courait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton « arrêt d’urgence », cette gigantesque machine a soudainement été stoppée net. A cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie ! Et nous voilà contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire. Mais que va t-il se passer après ? Lorsque le monde va reprendre sa marche ; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue ? A quoi ressemblera notre vie après ?

Après ?

Nous souvenant de ce que nous aurons vécu dans ce long confinement, nous déciderons d’un jour dans la semaine où nous cesserons de travailler car nous aurons redécouvert comme il est bon de s’arrêter ; un long jour pour goûter le temps qui passe et les autres qui nous entourent. Et nous appellerons cela le dimanche.

Après ?

Ceux qui habiteront sous le même toit, passeront au moins 3 soirées par semaine ensemble, à jouer, à parler, à prendre soin les uns des autres et aussi à téléphoner à papy qui vit seul de l’autre côté de la ville ou aux cousins qui sont loin. Et nous appellerons cela la famille.

Après ?

Nous écrirons dans la Constitution qu’on ne peut pas tout acheter, qu’il faut faire la différence entre besoin et caprice, entre désir et convoitise ; qu’un arbre a besoin de temps pour pousser et que le temps qui prend son temps est une bonne chose. Que l’homme n’a jamais été et ne sera jamais tout-puissant et que cette limite, cette fragilité inscrite au fond de son être est une bénédiction puisqu’elle est la condition de possibilité de tout amour. Et nous appellerons cela la sagesse.

Après ?

Nous applaudirons chaque jour, pas seulement le personnel médical à 20h mais aussi les éboueurs à 6h, les postiers à 7h, les boulangers à 8h, les chauffeurs de bus à 9h, les élus à 10h et ainsi de suite. Oui, j’ai bien écrit les élus, car dans cette longue traversée du désert, nous aurons redécouvert le sens du service de l’Etat, du dévouement et du Bien Commun. Nous applaudirons toutes celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont au service de leur prochain. Et nous appellerons cela la gratitude.

Après ?

Nous déciderons de ne plus nous énerver dans la file d’attente devant les magasins et de profiter de ce temps pour parler aux personnes qui comme nous, attendent leur tour. Parce que nous aurons redécouvert que le temps ne nous appartient pas ; que Celui qui nous l’a donné ne nous a rien fait payer et que décidément, non, le temps ce n’est pas de l’argent ! Le temps c’est un don à recevoir et chaque minute un cadeau à goûter. Et nous appellerons cela la patience.

Après ?

Nous pourrons décider de transformer tous les groupes WhatsApp créés entre voisins pendant cette longue épreuve, en groupes réels, de dîners partagés, de nouvelles échangées, d’entraide pour aller faire les courses où amener les enfants à l’école. Et nous appellerons cela la fraternité.

Après ?

Nous rirons en pensant à avant, lorsque nous étions tombés dans l’esclavage d’une machine financière que nous avions nous-mêmes créée, cette poigne despotique broyant des vies humaines et saccageant la planète. Après, nous remettrons l’homme au centre de tout parce qu’aucune vie ne mérite d’être sacrifiée au nom d’un système, quel qu’il soit. Et nous appellerons cela la justice.

Après ?

Nous nous souviendrons que ce virus s’est transmis entre nous sans faire de distinction de couleur de peau, de culture, de niveau de revenu ou de religion. Simplement parce que nous appartenons tous à l’espèce humaine. Simplement parce que nous sommes humains. Et de cela nous aurons appris que si nous pouvons nous transmettre le pire, nous pouvons aussi nous transmettre le meilleur. Simplement parce que nous sommes humains. Et nous appellerons cela l’humanité.

Après ?

Dans nos maisons, dans nos familles, il y aura de nombreuses chaises vides et nous pleurerons celles et ceux qui ne verront jamais cet après. Mais ce que nous aurons vécu aura été si douloureux et si intense à la fois que nous aurons découvert ce lien entre nous, cette communion plus forte que la distance géographique. Et nous saurons que ce lien qui se joue de l’espace, se joue aussi du temps ; que ce lien passe la mort. Et ce lien entre nous qui unit ce côté-ci et l’autre de la rue, ce côté-ci et l’autre de la mort, ce côté-ci et l’autre de la vie, nous l’appellerons Dieu.

Après ?

Après ce sera différent d’avant mais pour vivre cet après, il nous faut traverser le présent. Il nous faut consentir à cette autre mort qui se joue en nous, cette mort bien plus éprouvante que la mort physique. Car il n’y a pas de résurrection sans passion, pas de vie sans passer par la mort, pas de vraie paix sans avoir vaincu sa propre haine, ni de joie sans avoir traversé la tristesse. Et pour dire cela, pour dire cette lente transformation de nous qui s’accomplit au cœur de l’épreuve, cette longue gestation de nous-mêmes, pour dire cela, il n’existe pas de mot.

Ecrit par Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux

Pour toute réaction, proposition, échange ou demande :

Tommy.scholtes@tommyscholtes.be,

Et les jésuites de la communauté qui restent branchés et en communion.

le Bonjour du 27 mars 2020

       Le Bonjour des amis

Eglise st Jean Berchmans ° st Michel 27 mars 2020

Le Pape François lors de l'Angélus du 22 mars 2020, prononcé depuis la bibliothèque du Palais apostolique.

Bénédiction Urbi et Orbi extraordinaire ce vendredi à 18 heures

Diffusée sur KTO et Radio RCF

Le Pape a annoncé qu’il présiderait un temps de prière ce vendredi 27 mars à 18h sur le parvis de la basilique Saint-Pierre. La Place Saint-Pierre sera vide, mais François invite tout le monde à s’y associer grâce aux médias, car cette célébration sera retransmise à la radio, à la télévision et sur internet. « Nous écouterons la Parole de Dieu, nous élèverons notre supplication, nous adorerons le Saint-Sacrement, avec lequel je donnerai à la fin la bénédiction Urbi et Orbi, à laquelle sera attachée la possibilité de recevoir l’indulgence plénière. » Cette initiative est tout à fait exceptionnelle, la bénédiction Urbi et Orbi n’étant normalement prononcée qu’à Noël, à Pâques et lors de l’élection d’un nouveau Souverain pontife.

« À la pandémie du virus nous voulons répondre avec l’universalité de la prière, de la compassion, de la tendresse. Restons unis. Faisons sentir notre proximité pour les personnes les plus seules et les plus éprouvées. Notre proximité pour les médecins, les opérateurs de santé, les infirmiers et infirmières, les volontaires… Notre proximité pour les autorités qui doivent prendre des mesures difficiles, mais pour notre bien. Notre proximité aux policiers, aux soldats qui cherchent à maintenir l’ordre sur la route, pour que s’accomplissent les choses que le gouvernement demande de faire pour le bien de nous tous. Proximité à tous »

Introduction au dimanche de la résurrection de Lazare.

La pandémie que nous vivons nous apporte beaucoup de questions, principalement en ces temps de confinement. Le hasard veut que cette situation se vive pour nous pendant le temps de carême. Peut-être est-ce une opportunité de relier les deux ? Quel est l’essentiel ?  Ces personnes qui donnent sans compter pour soigner, sauver des vies, ne sont-elles pas l’image d’une abnégation, d’un dépassement, qui nous émerveillent et pour lesquelles nous n’avons qu’admiration ? Ces personnes qui assistent et/ou soutiennent ceux et celles qui souffrent de solitude, de désœuvrement, de perspectives angoissantes. 

Aujourd’hui, les évènements font prendre conscience que l’amour des autres et l’humilité, dont témoignent les soignants, sont des valeurs inestimables. Et pour nous chrétiens, cela prend une dimension bien réelle. Dans la première lecture de ce 5ème dimanche de carême, le prophète Ézéchiel nous invite à nous ouvrir pour accueillir l’Esprit de Dieu. Et saint Paul nous affirme que si l’Esprit habite en nous, c’est lui qui nous fait vivre, et nous sommes alors maison de l’Esprit, de l’Amour. Malgré cela, ainsi qu’on le voit dans l’évangile de Jean, il y a des reproches qui nous viennent, comme ceux de Marthe et Marie à l’égard de Jésus, arrivé trop tard pour leur frère Lazare.  Devant nos incompréhensions et nos doutes, Jésus interpelle et nous dit : « Je suis la résurrection et la vie ! ». Abbé Christian Deduytschaever, du Ban Eik, de Wezembeek

Coronavirus : quand l’épreuve relie le sérieux de la vie et le sérieux de la foi, tribune du P. Laurent Stalla-Bourdillon (diocèse de Paris), transmis par le P. Hubert Hirrien sj, aumônier de l’Université de Namur

En bouleversant tous les champs de la vie personnelle, professionnelle, économique, sportive, les Français traversent une crise sanitaire inédite. Elle s’avère une occasion propice pour relier à nouveau le sérieux de la vie et le sérieux de la foi. Le ralentissement du rythme des activités, dont nous déplorions si souvent l’accélération, permet de faire sauter les couches calcaires de nos habitudes. La pratique religieuse est aussi bousculée. Les sanctuaires ferment et les messes ne sont plus ouvertes à la présence des fidèles. Cet interdit permet incidemment de repenser au sens de ce qui était vécu et de vivre les rites en pensée, en paroles, en nommant leur signification. Si cet exercice est difficile, c’est sans doute que des années de répétions ont sédimenté une ritualité dont l’automatisme aura réduit la saveur.

La suppression des messes n’a qu’une question à poser : que gagne-t-on habituellement à y participer ? Et cette participation est-elle le tout de ce que l’on y gagne ? Si bien que lorsqu’il n’est plus possible d’y participer, que conserve-t-on que nul ne peut prendre ?

La foi dans tous les contextes

Avant le confinement général qui trancha toute question, certains furent choqués que les pouvoirs publics puissent assimiler la messe à un spectacle, à une activité de convivialité comme les réunions dans les bars et restaurants. En effet, le pain qu’on y sert n’est pas fabriqué par l’homme, et le vin qu’on y boit n’est pas issu d’une fermentation artisanale. Quand bien-même les pouvoirs publics le sauraient, et quand bien-même ils en conviendraient, cela ne changerait rien au fait que ce n’est pas à l’État de s’adapter à la foi des citoyens de confession chrétienne, mais aux chrétiens à s’adapter aux mesures de la vie sociale. La foi peut trouver son épanouissement et sa pratique dans tous les contextes et ne présupposent pas de condition préalable. Les éléments matériels et visibles des rituels sont des adaptations définies pour servir à l’expression d’un sens spirituel que rien n’atteint.

Ce contexte inédit va permettre aux citoyens de confession chrétienne de se réapproprier le sens de ce qu’ils vivent dans leur culte, précisément à l’heure où ils sont privés de participation. C’est l’expérience même que rapporte la Bible, lorsque le peuple d’Israël, en exil à Babylone, fait mémoire du Temple de Jérusalem. C’est une manière d’habiter le Temple que de s’en souvenir. C’est en esprit que l’on s’invite désormais dans l’espace sacré inaccessible. Les citoyens de confession catholique seront appelés à expliquer ce qu’ils croient, pourquoi ils le croient et de quelle manière ils vivent ce qu’ils croient. Par-dessus tout, il faut expliquer en quoi ces pratiques rendent humbles, accueillants et prêts à accompagner les pauvres, les malades et les pécheurs. En voyant une société fragile comme la nôtre, il serait navrant que des chrétiens trouvent encore le moyen de tout rapporter à eux, au lieu de se relier aux autres, comme leur condition de serviteur les y invite. Même à l’approche de la fête chrétienne de Pâques, il n’y aura pas de dérogation au confinement.

Repenser au sens de l’existence

Le courage se voit dans l’imprévu des situations et parfois le sacrifice prend une forme inattendue, mais c’est un vrai sacrifice. Qui pourrait ne pas le comprendre ? Tous les Français font le sacrifice de leur vie sociale, professionnelle, économique et pour beaucoup familiale. Sa valeur est immense parce qu’il est un sacrifice de soi pour la vie des autres. Il ne reste qu’à le déposer dans le cœur du Christ-Jésus, qui le porte à son Père, pour que chacune de nos vies, soit baignée de sa paix : la vie d’un homme est plus que le nombre de ses jours sur la terre. Elle est dans sa confiance en l’amour qui préside à sa naissance, qui accompagne sa vie et illumine son trépas.

Malade, notre société l’était déjà à tous les points de vue : économique, éducatif, artistique, sanitaire, social et spirituel, mais d’un coup en quelques semaines, la société est fébrile dans son corps tout entier : tous ses membres sont exposés à la maladie. Déjà le grand corps environnemental avait déjà donné des signes d’alertes de sa très grande faiblesse. Comment cette contagion de l’environnement n’aurait-elle pas aussi eu des effets sur le corps social des pays et le corps individuel de leurs habitants ?

Ce contexte de pandémie oblige à repenser au sens de l’existence, à purifier les représentations enfantines de la foi religieuse, pour se poser dans un face-à-face lucide avec l’énigme de la condition humaine. Si nous ne mourrons pas tous du covid-19, nous allons tous mourir un jour, et quitter ce monde, it’s just a matter of days before you die — « c’est juste une question de jours avant que tu meurs » dit l’adage. Ce monde n’est pas un lieu où l’on reste, mais un lieu où l’on passe. Ce n’est pas la vérité des uns, c’est la vérité pour tous. Celle que nous avions si délicatement relégué aux oubliettes des réalités essentielles.

Plus à donner

La question se reporte alors sur la valeur de chaque jour. Si le temps est compté pour tous, les citoyens de confession chrétienne ont plus à donner à cette époque qui souffre. Les identités religieuses sont toutes perméables à l’épreuve et à la peine. Aucune n’est épargnée. La responsabilité des chrétiens s’atteste dans l’annonce du triomphe de l’amour, celui que nous aurons su donner, celui que nous serons devenus. En refusant de capter ce monde pour soi mais y faisant resplendir déjà la lumière qui nous enveloppera tous un jour pour toujours. Une personne de confession chrétienne n’est-elle pas prophète du monde qui vient de par-delà la mort ?

Une célébration religieuse dans une église n’est pas un îlot pour s’extraire du monde, mais une assemblée où le salut du monde entier est pris en compte. Lorsque nous pourrons communier à nouveau au Corps du Christ ressuscité, nous ne communierons pas pour nous, mais pour les autres, pour le monde. Plus exactement, pour que les autres trouvent en chacun, ce qu’ils ont le droit de trouver dans le cœur d’un frère, d’une sœur de confession chrétienne : l’accueil, le sourire, le pardon, l’amour et la confiance. Le pain de l’autel et le vin du calice sont devenus la chair vivifiée par l’Esprit et le sang de l’alliance. Ils ne sont pas le fait de l’homme mais de l’Esprit de Dieu qui consacre le fruit de la terre et du travail des hommes pour qu’ils deviennent par la foi de l’Église, la manifestation de l’amour du Père pour eux. Ainsi, le corps et le sang de Jésus ressuscité reforment les cœurs et disposent le corps à incarner l’amour dont le Père aime déjà chacun irrévocablement et sans condition. Cette soudaine privation de messes est à recevoir comme une invitation pour chaque français de confession catholique à redécouvrir ce qu’une célébration de la messe signifie et réalise.

La promesse de Pâques

Dans la grâce du pontificat du pape François, je prie pour que cette terrible crise sanitaire fasse retrouver à l’humanité, le sens de son unité, que notre société retrouve sa sensibilité aux questions spirituelles et religieuses. Je prie pour que les disciples de Jésus libèrent leur lucidité sur la destinée humaine et aident ceux qui ont la mission de conduire l’Église à l’engager dans une rencontre avec le monde tel qu’il est et non tel qu’il serait tentant de le rêver. Avec chacun de vous, je prie pour les soignants, les malades, les défunts et leur famille : qu’ils connaissent la paix que Jésus répand dans les âmes. Si nous devons fêter Pâques dans l’isolement du confinement, dans la peine du deuil, la promesse de Pâques sera notre consolation : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent toi, le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jn 17, 3).

Source : https://fr.aleteia.org/2020/03/19/quand-lepreuve-relie-le-serieux-de-la-vie-et-le-serieux-de-la-foi/

Confessions dans notre église l’église st Jean Berchmans ° st Michel

En raison des mesures actuelles, le sacrement de réconciliation individuel ne pourra être conféré. Les évêques de Belgique autorisent les fidèles à reporter leur confession pascale à une date ultérieure. Ou, comme l’a récemment déclaré le Pape François au vu des circonstances exceptionnelles de cette année : Oui, il est possible de recevoir le pardon de Dieu sans prêtre. Si tu ne trouves pas de prêtre pour te confesser, parle avec Dieu, il est ton Père, et dis-lui la vérité : ‘Seigneur, j’ai commis le mal en ceci, en cela, …” Demande-lui pardon de tout ton cœur avec l’acte de contrition et promets-lui : “Je me confesserai plus tard, mais pardonne-moi maintenant”. Et tu reviendras immédiatement dans la grâce de Dieu.

Comment célébrer Pâques sans confession ni communion, ou ‘faire ses Pâques’ cette année ? En faisant ce qui est possible : prier à la maison, seul ou en famille ; lire et méditer les lectures et les prières prévues pour la Semaine Sainte ; suivre une célébration liturgique à la radio, à la télévision ou en livestream.

Notre église reste ouverte pour la prière individuelle. Mettre une bougie prolonge notre prière…

Echos. Demandes de Prière. Pour les malades et les soignants.

  • Message de tous les  catéchistes et de l’animation de la liturgie pour les enfants, reçu de Luana. «Chers enfants, Notre chemin de Carême continue. Vous ne pouvez plus faire beaucoup de pas à l’extérieur, mais vous pouvez en faire beaucoup spirituellement. Merci donc de continuer à dessiner ou à écrire sur vos PAS en carton ce qui se passe de beau dans vos familles, ce que vous vivez de difficile, vos questions où vos prières. Déposez-les ensuite progressivement devant votre coin de prière dans une corbeille. Ils deviendront PRIERE. Vous les apporterez à l’église une fois que les célébrations reprendront. Votre marche difficile dans le désert du Carême deviendra chemin lumineux d’Emmaus… En communion avec vous, Vos catéchistes
  • Suite à l’annulation du Concert de la Passion selon st Jean de Bach, nous avons reçu, et vous avez reçu si vous aviez réservé une place, le message suivant :

Bonjour,

Suite à l’annulation des concerts donnés par « Camerata Vocale & Instrumentale » ces  20 et 21 mars avec « La passion selon Saint Jean » de J.S. Bach, nous vous avions envoyé le vendredi 13 mars un mail que nous joignons en annexe.

Quelques personnes nous indiquent ne pas avoir reçu ce mail, ou l’avoir trouvé dans leur dossier spam, d’où ce nouvel envoi qui nous l’espérons vous trouvera.  

Outre le fait de l’annonce de l’annulation, nous vous informions également de la possibilité d’être remboursé ou de renoncer à celui-ci, en sachant que les montants nets seront rétribués aux musiciens et aux associations partenaires.

N’ayant pas reçu de réponse de votre part, nous considérons que votre décision consiste à ne pas demander de remboursement. Nous vous rappelons que dans ce cas, nous vous offrons un coffret de 3 CD (voir le mail du 13 mars).

Nous vous en remercions.

Si vous souhaitiez malgré tout vous faire rembourser, merci de vous manifester avant ce 12 avril, date à laquelle nous distribuerons les sommes non remboursées aux musiciens et associations. 

Nous prévoyons de reprendre nos concerts fin 2020 … Nous serons heureux de vous rencontrer à cette occasion. En vous remerciant, Philippe De Clerck, Camerata Vocale et Instrumentale (www.cameratavocale.be, info@cameratavocale.be)

  • Messe du soir : une des messes en communauté jésuite st Michel est célébrée à 18.30. Elle sera diffusée sur le profil facebook de Tommy Scholtes, à partir de la prière eucharistique pour garder un temps personnel aux membres de la communauté présents
  • Nous sonnons les cloches de l’église  à 20h01 en soutien aux malades et aux soignants, en invitant ainsi à la prière.
Emoji
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  • Bonjour Tommy, Je me joins à une série d’autres personnes qui t’ont déjà exprimé leur merci pour les envois du Bonjour avec diverses infos utiles et réconfortantes  

Une suggestion que je voudrais te transmettre pour la prière personnelle des personnes de passage dans l’église :il y a qq années, les fresques du chemin de Croix ont été bellement restaurées, et invitent à la prière en tout temps,me semble-t-il, et pas seulement le Vendredi Saint. Peut-être pourrais-tu suggérer aux fidèles de venir le prier dans l’église et, pour les y aider, mettre déjà à leur disposition un feuillet qui aiderait à contempler les mystères des différentes stations ? Rappeler également que Prions en Eglise et Magnificat du mois d’avril ont inclus une méditation à la date du 10 avril, qui permettrait d’apporter un support écrit.

Cette forme de prière en temps d’épreuve rejoindra également les personnes et situations que nous pouvons présenter au Seigneur en intercession. Le Pape François lui-même confiait assez récemment qu’il médite le chemin de Croix chaque jour de longue date … Bien à toi,  C. D.

  • De la part d’un couple de nos assemblées : (… …)  Une question me vient à l’esprit ; Ne plus pouvoir assister aux messes, plus de collectes donc ne plus pouvoir participer financièrement aux charges de l’église je vous saurais gré de me communiquer le numéro de compte bancaire auquel nous pouvons effectuer un versement. Je le considérai comme le coût à l’abonnement de votre « Bonjour aux amis » et la rémunération de son « Rédacteur en chef » que vous êtes, cher Père Tommy. Il sera peut-indiqué de rappeler à vos correspondants le versement à effectuer au compte de « Entraide et Fraternité » dans le Cadre du Carême de Partage et dont nous n’avons pu nous acquitter traditionnellement à la Mi-Carême. TRES cordialement et encore merci pour tout. (souhaitent rester anonymes)

Pour répondre à leur demande, et peut-être à la vôtre :  MERCI !

BE76  0016  7006  8295 de EGLISE SAINT-JEAN BERCHMANS – Boulevard Saint-Michel 24, 1040 BRUXELLES, Communication : don pour l’église

  • Merci au Père Tommy pour son accompagnement et les lectures bienfaisantes qu’il nous envoie via son « Bonjour ». A l’occasion de la fête de l’Annonciation, voici un dessin (photo de l’original qui se trouve chez moi) peint par notre aïeule Jeanne Hebbelynck en 1917.  (M.B.)
  • Au Centre Avec : Découvrez le dernier numéro d’En Question

Un peu de lecture en ce temps de confinement ? Découvrez le dernier numéro d’En Question, la revue du Centre Avec. En ce printemps, elle dévoile les enjeux qui se cachent derrière votre assiette !

Pour l’heure, ce n’est encore qu’un rêve : celui d’un monde où chacun pourrait manger à sa faim. Un monde où tout le monde mangerait des produits de qualité. Bons et sains. Et où paysans et agriculteurs seraient dignement rétribués. Possible, ce rêve ? Dans ce numéro de la revue En Question, nous en faisons le pari. Nous dénonçons les limites du système actuel et présentons des pistes pour mettre en place la transition. Nous montrons aussi des visages, ceux d’acteurs déjà occupés à inventer le monde de demain. Enfin, nous lançons une invitation à tous nos lecteurs : apprenons à contempler nos assiettes ! Car c’est aussi en opérant une révolution intérieure que nous pourrons construire une nouvelle culture alimentaire.​

Avant-goût : https://www.lalibre.be/debats/opinions/pourquoi-nous-devons-reapprendre-a-manger-5e6a63e4d8ad582f316c6a7e

Bonjour du 23 mars

       Le Bonjour des amis

Eglise st Jean Berchmans ° st Michel 23 mars 2020

Semaine Sainte : toutes les célébrations religieuses publiques sont annulées

Directives des évêques de Belgique

La propagation du coronavirus contraint toutes les autorités et institutions publiques de notre pays à une extrême prudence. L’Église veut, elle aussi, endiguer la propagation de ce virus. Les évêques de Belgique ont dès lors décidé de prolonger la suspension de toutes les célébrations religieuses publiques et ce jusqu’au 19 avril inclus. Ces dernières reprendront lorsque les autorités tant civiles et qu’ecclésiastiques l’auront autorisé. Les évêques prennent ces mesures conformément aux adaptations possibles pour la célébration du temps pascal, telles que le Pape François les a proposées et données en exemple.

Tous les services liturgiques de la Semaine Sainte (5-12 avril 2020) sont suspendus. Chaque évêque peut établir une exception pour quelques lieux afin que les fidèles puissent suivre ces services à la radio, à la télévision ou en livestream. Seuls les collaborateurs nécessaires pour l’enregistrement de la célébration pourront se trouver dans l’église. Ils respecteront avec soin les règles de la ‘distance sociale’.

Cette suspension s’applique à toutes les églises et chapelles où se célèbre publiquement le culte, y compris les chapelles ou lieux de prière des monastères, des institutions catholiques ou des lieux de pèlerinage. Elle s’applique également aux communautés non-catholiques qui font usage des églises ou des chapelles catholiques. Les communautés contemplatives ou monastiques célèbreront la prière des heures et les offices de la Semaine Sainte en cercle fermé, sans hôtes, ni visiteurs.

L’information sur les services liturgiques diffusés à la radio, à la télévision ou en livestream pendant la Semaine Sainte sera disponible sur le site de Cathobel et de Kerknet ainsi que sur les sites diocésains ou vicariaux.

1. Dimanche des Rameaux

Bien qu’il n’y ait pas de célébrations publiques, quelques célébrations avec seulement quelques personnes sont prévues en vue des diffusions à la radio, à la télévision ou en livestream. Elles se dérouleront en cercle fermé et dans le respect de la distance de sécurité prescrite. Les rameaux bénits ne seront mis à disposition ni à l’intérieur ni à l’extérieur de l’église. Il y a pour cela une double raison. Une raison liturgique : ces rameaux font partie de la liturgie du dimanche des Rameaux. Une raison préventive : éviter tout rassemblement.

2. Messe chrismale

La bénédiction des Saintes Huiles et la consécration du Saint Chrême (pour le baptême, la confirmation, l’ordination presbytérale et l’onction des malades) aura lieu en cercle fermé et sera présidée par l’évêque et quelques prêtres. Chaque évêque a également la possibilité de reporter la célébration de la messe chrismale jusqu’à l’autorisation de reprise des célébrations liturgiques publiques. Les Saintes Huiles seront distribuées après la pandémie selon les directives de chaque diocèse.

3. Jeudi Saint, Vendredi Saint, Veillée pascale et Pâques

Seules les célébrations avec quelques personnes en vue de leur diffusion à la radio, à la télévision ou en streaming pourront avoir lieu. Elles se dérouleront cercle fermé, dans le respect de la distance de sécurité prescrite.

En raison des mesures actuelles, le sacrement de réconciliation individuel ne pourra être conféré. Les évêques de Belgique autorisent les fidèles à reporter leur confession pascale à une date ultérieure. Ou, comme l’a récemment déclaré le Pape François au vu des circonstances exceptionnelles de cette année : Oui, il est possible de recevoir le pardon de Dieu sans prêtre. Si tu ne trouves pas de prêtre pour te confesser, parle avec Dieu, il est ton Père, et dis-lui la vérité : ‘Seigneur, j’ai commis le mal en ceci, en cela, …” Demande-lui pardon de tout ton cœur avec l’acte de contrition et promets-lui : “Je me confesserai plus tard, mais pardonne-moi maintenant”. Et tu reviendras immédiatement dans la grâce de Dieu.

Comment célébrer Pâques sans confession ni communion, ou ‘faire ses Pâques’ cette année ? En faisant ce qui est possible : prier à la maison, seul ou en famille ; lire et méditer les lectures et les prières prévues pour la Semaine Sainte ; suivre une célébration liturgique à la radio, à la télévision ou en livestream.

4. Baptêmes d’adultes

Cette année, les baptêmes d’adultes ne pourront avoir lieu ni la nuit, ni le jour de Pâques. Les évêques sont unis à tous ceux qui se préparent de longue date à leur baptême pour Pâques. Ils comprennent leur déception et leur demandent de la patience. Ils leur proposeront dès que possible une autre date ou une autre période pour leur baptême.

5. Baptêmes et mariages religieux

Tous les baptêmes et mariages religieux sont reportés jusqu’à ce que ces célébrations soient à nouveau possibles. Les évêques prennent cette décision difficile, tout en partageant la déception de tous ceux qui avaient préparé avec soin et attendaient intensément leur mariage ou le baptême de leur enfant.

6. Confirmations et premières communions

Les célébrations de la confirmation et de la première communion prévues jusqu’au 19 avril ne pourront malheureusement pas avoir lieu. C’est une décision grave dont nous mesurons pleinement l’impact pour les enfants et les jeunes concernés, pour leurs familles et pour la paroisse. En ce qui concerne les confirmations et premières communions prévues après le 19 avril, il est trop tôt en ce moment de prendre des décisions définitives. Les évêques communiqueront le plus tôt possible et dès que les mesures du gouvernement le permettront, les informations nécessaires.

7. Ouverture des églises

Sauf décision contraire de la commune, les églises restent ouvertes pour la prière individuelle et le recueillement quand c’est possible. L’église, en tant qu’espace public, est bien évidemment soumise aux mesures gouvernementales, dont la distance de sécurité.

8. Campagnes de Carême Entraide et Fraternité et Broederlijk Delen

Les campagnes annuelles de Carême des deux organisations liées à l’Eglise ne sont quant à elles pas suspendues. Seules les collectes ecclésiales en liquide ne pourront avoir lieu. Les évêques appellent les fidèles à poursuivre la solidarité avec les populations et les pays dans le besoin et à effectuer leur don annuel par virement bancaire. Pour Entraide et Fraternité via le compte BE68 0000 0000 3434 et pour Broederlijk Delen via le compte BE12 0000 0000 9292. 

9. Les cloches de remerciement et d’espérance

Les évêques s’associent à toutes les marques de gratitude et d’estime de la population envers ceux qui s’investissent dans la lutte contre le coronavirus : médecins, infirmières et infirmiers, services de police et d’urgence, décideurs politiques et leurs administrations. Les paroisses qui le souhaitent peuvent bien sûr s’associer à ceux qui applaudissent le soir les personnes engagées dans la lutte contre le coronavirus. Elles peuvent mettre par exemple une bougie devant la fenêtre ou faire sonner les cloches (de préférence les cloches de l’angélus à celles des fêtes).

10. Médias

Les diocèses restent autant que possible en contact avec l’ensemble des croyants, aussi bien au plan national qu’au plan diocésain, par le biais de messages vidéo ou en livestream. Vous trouverez les liens utiles et les aperçus sur les pages interdiocésaines et diocésaines de Cathobel ou de Kerknet.

La RTBF et la VRT essayent de poursuivre la diffusion, le dimanche, des célébrations eucharistiques à la radio et à la télévision. RCF, KTO, France 2, Radio Maria et NPO Nederland diffusent également des célébrations religieuses. 

Les évêques de Belgique

23 mars 2020

Echos à la prière de l’Angélus. Préparation pour la fête de l’Annonciation,

25 mars… Méditons cette belle proposition de Rita D. Merci à elle de nous l’avoir proposée.

Je suis, répondit Marie, de mon Seigneur la servante. Comme vous l’avez dit, qu’il soit accompli en moi 

Regardons l’ange et Marie : ils se font face et l’ange est émerveillé devant la beauté de celle qui rayonne de la grâce de Dieu.

Marie pressent un mystère qui la dépasse ; elle se trouble, s’interroge. C’est le trouble que nous pouvons ressentir chaque fois que Dieu s’approche de nous. 

Mais l’ange la rassure : « Sois sans crainte Marie »

Alors c’est un projet inouï qui lui est dit : devenir la mère du Fils du Très-Haut…

Accepter cet honneur c’est aussi accepter le poids de multiples inconnues.

        Qu’as-tu ressenti Marie ; qu’as-tu compris en ce moment ?

Dieu fait une proposition qui s’adresse à la liberté de cette jeune fille. Et, il attend une réponse.

Un signe t’est donné : ta cousine Elisabeth, elle qu’on désignait comme la stérile, a conçu un fils en son vieil âge !  

Marie, au nom de nous tous, au nom de cette humanité en attente du Sauveur, du Messie promis, répond : « Me voici, je suis ta servante ». Par son « Fiat » une semence divine a germé en son sein.

        L’artiste divin peut, si nous le désirons, faire en chacun de nous des merveilles car « Rien n‘est impossible à Dieu »

Ensemble, nous allons contempler, nous laisser toucher, goûter intérieurement ce que cette scène nous révèle :

1. L’initiative de Dieu : Dieu est premier en tout : premier à nous aimer, premier à se déplacer pour venir à notre rencontre.

        Et je m’arrête, m’étonne du désir de Dieu de rejoindre chacun de nous. 

C’est ce que découvrait ce jeune de 17 ans en retraite de classe. Son partage final : –J’ai vraiment ressenti que Dieu s’intéressait à moi et que mon prénom était en sécurité dans sa bouche. –

2. La manière de faire de Dieu : sa parole, son désir, Dieu l’exprime, le manifeste dans le concret de la vie de celui, de celle, vers qui Il vient.

Cette contemplation peut nous aider à aimer le quotidien de notre vie et ne pas chercher à trouver Dieu ailleurs. C’est ce que nous sommes et faisons, qui est le lieu de la rencontre avec Dieu.

3. La raison de sa venue : elle est donnée par le nom de l’enfant : « Jésus : Dieu sauve » et « Emmanuel : Dieu avec nous ; Dieu au milieu de nous »

        Me vient cette question : Quel aspect de ma vie d’aujourd’hui ou de mon passé aimerais-je que Dieu vienne sauver ? De quoi aimerais-je être libéré ?

4. Marie : reconnue, nommée « pleine de grâce » pleinement remplie de la vie de Dieu, de l’amitié de Dieu.

Familière de la prière, Marie discerne : L’apparition de l’ange n’est pas une vision mais une révélation intérieure qui la bouleverse. Nous-mêmes, nous avons pu faire cette expérience d’une parole intérieure, d’un mouvement du cœur profond qui peut bouleverser nos vies.

Marie ne prend pas pour « argent comptant » tout ce qui se passe en elle, elle se tait et dans le silence, elle cherche à savoir si ce qu’elle a entendu vient bien de Dieu.

         Elle interroge : « Comment cela se fera-t-il ? Comment deviendrais-je maman puisque je ne connais point d’homme, je suis vierge »

Marie interroge sur le moyen : en elle, dans son cœur profond, le « OUI » est donné ! Confrontée au mystère, à l’étrangeté de sa situation Marie est appelée à une totale dé-maîtrise, un abandon en Dieu qui lui dit : « l’Esprit Saint viendra sur toi »

        Femme de foi, Marie tu nous montres que lorsque Dieu s’engage envers nous, nous pouvons avancer là, où il nous paraît impossible d’aller ; là, où il semble évident qu’on ne pourra y arriver tout seul sans qu’un Esprit de force nous soutienne et nous oriente.

Elle s’engage et son « oui » permet à Dieu de s’accomplir en elle.

        Marie s’est « ajustée » au désir de Dieu. » Elle nous montre un chemin celui de « faire la volonté de Dieu » Consentir que Dieu nous prenne par la main et oser croire à l’amour pour vivre l’amour. 

« De mon Seigneur, je suis la servante » C’est là, ton « Nom de grâce » : ton identité et ta vocation.

Servante de Dieu, tu le seras aussi de ton Fils qui, comme toi, sera serviteur.

        Seul l’Esprit Saint donne la force dont nous avons besoin pour ajuster nos choix, nos décisions et engagements au désir de Dieu.

Question : Qu’est-ce qui emporte l’adhésion de Marie (et la nôtre) que c’est bien Dieu qui parle en nous ? Que certains mouvements intérieurs viennent de Lui ?

Retenons que la visite du Seigneur nous laisse dans :

La paix : dans la Bible, comme dans l’aujourd’hui des hommes et des femmes, Dieu dit : « Ne crains pas ! Je suis avec toi !»

La joie intérieure : celle de Dieu lui-même

La force : ce n’est pas nous qui ferons mais Lui en nous. Marie l’a compris car elle répond : « Qu’il me soit fait » et non, je le ferai.

Ces 3 critères sont la marque de Dieu !

Rita D.

Souvenir ému de la messe célébrée en 2019 à Nazareth

Le Pape propose deux initiatives de prière contre le coronavirus

Le Pape François appelle tous les chrétiens à s’unir dans la prière contre l’épidémie de coronavirus.

Au terme de la prière de l’Angélus de ce dimanche 22 mars 2020, dans le contexte de l’épidémie de coronavirus, le Pape a appelé à une prière commune de tous les chrétiens en la fête de l’Annonciation, ce 25 mars.

« En ces jours d’épreuve, alors que l’humanité tremble devant la menace de la pandémie, je voudrais proposer à tous les chrétiens d’unir leurs voix au Ciel, a expliqué le Pape. J’invite tous les chefs des Églises et les dirigeants de toutes les communautés chrétiennes, ainsi que tous les chrétiens des différentes confessions, à invoquer le Dieu Très Haut et Tout-Puissant, en récitant en même temps la prière que Jésus Notre Seigneur nous a apprise. J’invite donc tout le monde à réciter le Notre Père mercredi prochain, le 25 mars, à midi. Le jour où de nombreux chrétiens se souviennent de l’annonce à la Vierge Marie de l’incarnation du Verbe, que le Seigneur entende la prière unanime de tous ses disciples qui se préparent à célébrer la victoire du Christ ressuscité », a expliqué François.

Bénédiction Urbi et Orbi ce vendredi

Le Pape a également annoncé qu’il présiderait un temps de prière ce vendredi 27 mars à 18h sur le parvis de la basilique Saint-Pierre. La Place Saint-Pierre sera vide, mais François invite tout le monde à s’y associer grâce aux médias, car cette célébration sera retransmise à la radio, à la télévision et sur internet. « Nous écouterons la Parole de Dieu, nous élèverons notre supplication, nous adorerons le Saint-Sacrement, avec lequel je donnerai à la fin la bénédiction Urbi et Orbi, à laquelle sera attachée la possibilité de recevoir l’indulgence plénière. » Cette initiative est tout à fait exceptionnelle, la bénédiction Urbi et Orbi n’étant normalement prononcée qu’à Noël, à Pâques et lors de l’élection d’un nouveau Souverain pontife.

« À la pandémie du virus nous voulons répondre avec l’universalité de la prière, de la compassion, de la tendresse. Restons unis. Faisons sentir notre proximité pour les personnes les plus seules et les plus éprouvées. Notre proximité pour les médecins, les opérateurs de santé, les infirmiers et infirmières, les volontaires… Notre proximité pour les autorités qui doivent prendre des mesures difficiles, mais pour notre bien. Notre proximité aux policiers, aux soldats qui cherchent à maintenir l’ordre sur la route, pour que s’accomplissent les choses que le gouvernement demande de faire pour le bien de nous tous. Proximité à tous », a lancé le Pape, sortant de son texte.

Le pape s’est ensuite dirigé vers la fenêtre d’où il préside habituellement la prière mariale, d’où il a béni silencieusement la place Saint-Pierre, déserte en période de confinement.

Une liturgie urbaine inédite

Depuis le mois de mars en Europe, le confinement s’est installé, pays après pays. Silence insolite dans les lieux publics. Silences interrogateurs et méditatifs dans les cœurs.

Dans les églises, les grands orgues se sont tus. Les liturgies sont renvoyées dans les chaumières, via les ondes. Rendez-vous sur écrans… Chacun pour tous.

Dans les rues de nos villes, ou mégapoles prétendument inhumaines, une nouvelle liturgie prend forme sur les balcons. Point d’orgues, mais des casseroles. Les paumes des mains s’échauffent. Ici tout le monde arrive à l’heure ! Top chrono dans tout le pays, et de pays en pays : avec ou sans virus, dans une même communion de gratitude envers le corps médical courbé sur le front de bataille.

Tous les peuples battez des mains (Ps 46)

V 1 « Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! » R./

Oui, car le virus de l’amour est absolument divin. Et chacun acclame secrètement son Dieu : l’Innommable, le Seigneur Jésus, Jéhovah, Allah, la Raison du cœur et de l’esprit… L’Esprit souffle où il veut : bas les masques et dilatons nos poumons.

V 2. « Dieu s’élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor. »

Sauf que, en ce temps-ci, Il s’abaisse au chevet des mourants. Sans protection, Il s’agenouille devant des jambes lourdes pour glisser des bas de contention. Il se courbe pour intuber ou pour donner à boire a qui n’a même plus soif. Il murmure quelques mots d’apaisement à qui va partir sans autre environnement, que la communion invisible des êtres chers à qui on n’a pas pu dire au revoir et demander pardon. Il serre aussi la main en gage de résurrection : « Talitha koumi », dans 87% des cas !

     « Sonnez pour notre Dieu, sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez !
     Car Dieu est le roi de la terre : que vos musiques l’annoncent
 »

Oui, nous sonnons et nous frappons… « à la porte de la Miséricorde » (Catherine de Sienne).
Nous sonnons pour notre Roi : « Kyrie, Kyrie… ».

Que nos musiques l’acclament : Dieu croit en nous et c’est pour cela qu’Il nous a voulus.
En Lui, rien n’est jamais perdu. Et il nous a déjà répondu…

Chantal van der Plancke

Echos. Demandes de Prière. Pour les malades et les soignants.

  • Merci du fond du cœur, Tommy, de nous transmettre tout cela. J’imagine aisément le temps que tu passes à faire des recherches internet pour nous partager tous ces textes revigorants, remplis d’espérance. Merci aussi à Xavier d’avoir préparé une telle homélie pour un public virtuel. Chers frères jésuites, votre proximité me touche profondément. Et puisque tu nous répètes régulièrement que nous pouvons vous confier des intentions, je confie à votre prière Christophe… (…). N.
  • On me demande aussi de prier particulièrement pour Marc, pour Olivier, pour Jean-Michel, et Philippe D.,
  • C ‘est une très bonne idée de donner des textes concernant le calendrier actuel comme tout le monde a le temps, on peut le lire à son aise et y penser, car dans la vie trépidante  » normale  » nous n’avons plus le temps de penser calmement. Inutile de vous inviter à déjeuner ou dîner, nous remettrons cela après la crise, amitiés, J. et J. S.
  • Messe du soir : une des messes en communauté jésuite st Michel est célébrée à 18.30. Elle sera diffusée sur le profil facebook de Tommy Scholtes, à partir de la prière eucharistique pour garder un temps personnel aux membres de la communauté présents.

Bonjour 22 mars 2020

    Le Bonjour des amis

Eglise st Jean Berchmans ° st Michel 22 mars 2020

En introduction à ce 4° dimanche de Carême

Par les temps qui courent, l’antienne qui ouvre cette liturgie de la Mi-Carême a quelque chose de provoquant : ‘Réjouissez-vous !’ (en latin : Lætare !). Mais comment se réjouir quand la vie publique s’est quasi arrêtée, quand le personnel soignant s’épuise, quand ‘confinement’ rime avec ‘énervement’ et que la mort fait le tour du monde ?

Pourtant, l’appel du prophète à se réjouir (Isaïe 66,10) traverse les siècles pour nous toucher aujourd’hui encore, car la Mi-Carême nous rappelle que nous ne sommes plus qu’à trois semaines de Pâques et que Pâques, précisément, est à la source de notre joie.

Maigre consolation, dira-t-on, car, à l’heure d’aujourd’hui, nous ne savons même pas si nous pourrons sortir de notre trou pour fêter le printemps de Pâques.

C’est vrai, mais cette privation elle-même serait peut-être une raison d’aller creuser encore plus profond (‘retire-toi dans ta chambre’) pour trouver tout au fond du puits « la source jaillissant en vie éternelle » dont parlait Jésus à la Samaritaine dimanche dernier. Il s’agit cependant d’un creusement dont nous ne sortirons sans doute pas indemnes, car il nous faudra changer de regard.

C’est en tout cas à ce changement de regard que nous invite la liturgie de la Parole aujourd’hui car, dans la première lecture, Dieu déroute Samuel appelé à oindre le futur roi d’Israël ; dans l’évangile, Jésus nous fait comprendre que les aveugles ne sont pas nécessairement ceux qu’on croit. (Xavier Dijon sj)

Homélie du P Xavier Dijon sj

Le début de l’évangile qui nous est proposé dans la liturgie de ce dimanche nous oblige à poser une question très gênante à propos de l’actualité qui, de jour en jour, envahit nos journaux et nos conversations. En voyant l’aveugle de naissance, les disciples ont demandé à Jésus « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » (Jn 9,2). Aujourd’hui, en voyant le fléau du coronavirus frapper toutes les régions du monde, nous pouvons également entendre surgir en nous la question : « Qui a commis la faute ? Quels sont les coupables par lesquels ce malheur nous est arrivé ? »

Deux réponses se présentent tout de suite, mais la première accueille trop vite la question ; la seconde la rejette trop facilement.

Un regard trop humain

La réponse rapide emprunte plusieurs voies qui toutes désignent immédiatement le coupable : c’est la Chine, ou le pangolin, ou l’inertie des gouvernements, ou la désorganisation de l’Europe, ou le capitalisme pharmaceutique, ou la mondialisation des échanges, ou l’imprudence de mon voisin… Toutes ces observations ont sans doute leur part de vérité dans l’explication de la naissance et de l’extension de la pandémie, mais elles ne rejoignent probablement pas la profondeur à laquelle la question est posée par les apôtres à Jésus : « qui a péché ? », c’est-à-dire : « en quoi Dieu a-t-il été offensé, au point que cet homme vit maintenant dans la souffrance de ne pas connaître la lumière du jour ? »

L’autre réponse rejette la question morale de la faute parce que, précisément, il n’y a pas lieu de la faire intervenir dans cette histoire. Il suffit d’adopter le regard réaliste du scientifique autant que le regard pragmatique du politique pour comprendre qu’une pandémie, ce n’est tout de même jamais qu’un virus qui se propage selon des voies étudiées par les biologistes, les médecins et les statisticiens et combattues par les responsables de la santé publique, sans qu’il y ait lieu de poser à ce sujet d’autre question morale que celle de bien faire son travail (scientifique ou politique), précisément pour qu’il soit mis fin aux souffrances et aux morts dues à la pandémie. Il n’y a là rien que de très humain et on ne voit pas en quoi la référence à Dieu viendrait ajouter quoi que ce soit à la compréhension de ce phénomène qui relève strictement du combat de l’homme contre l’hostilité de la nature. Cette seconde réponse rejoint donc la première en ce qu’elle ne pose pas non plus la question du rapport à Dieu.

D’ailleurs, tant qu’à parler de Dieu et du mal – en cherchant par exemple un rapport entre Dieu et le coronavirus – la voie la plus simple ne serait-elle pas de renvoyer Dieu à son inexistence ? On reconnaît là la position qu’Albert Camus, auteur de La peste, met dans la bouche de son héros, le Dr Rieux, parlant à son ami Tarrou  : « puisque l’ordre du monde est réglé par la mort, peut-être vaut-il mieux pour Dieu qu’on ne croie pas en lui et qu’on lutte de toutes ses forces contre la mort, sans lever les yeux vers ce ciel où il se tait » (Nrf, 1947, p. 147), ou encore, disant au père jésuite Paneloux : « Je refuserai jusqu’à la mort d’aimer cette création où des enfants sont torturés » (p. 240).

Pourtant, cette double réponse qui limite le mystère du mal à l’horizon seulement humain a peut-être quelque chose de trop court, aussi bien du côté des réactions spontanées des gens que de la Bible elle-même.

La référence à Dieu

Quand un malheur survient dans une maison ou une famille, ne nous est-il jamais arrivé d’entendre, surtout si l’épreuve se répète : « mais qu’avons-nous fait au bon Dieu pour mériter cette punition ? » Selon cette logique-là, le malheur qui frappe une personne ou un groupe se rapporte, d’une façon ou d’une autre, à un désordre moral – une faute – qui doit être corrigée et dont, éventuellement, il faudra désigner l’auteur coupable. Une telle mentalité remonte à la nuit des temps puisque les peuples anciens, adeptes d’une religion animiste ou vitaliste, ne pouvaient pas concevoir la survenance d’un dommage accidentel sans y voir l’intervention des esprits ou des ancêtres.

Plus près de nous, nous avons tous appris à l’école la célèbre fable de Jean de la Fontaine où la peste apparaît comme « un mal qui répand la terreur, mal que le Ciel en sa fureur inventa pour punir les crimes de la terre… », un mal à propos duquel le lion conclut : « Je crois que le Ciel a permis pour nos péchés cette infortune ; que le plus coupable de nous se sacrifie aux traits du céleste courroux… », et on connaît la suite, fatale pour le pauvre âne.

Dira-t-on que cette manière de voir le malheur comme une punition du Ciel garde encore une couleur très païenne, mais que, fort heureusement, la Bible nous en a délivrés ? Rien n’est moins sûr, car l’Ecriture sainte connaît bon nombre de punitions venues d’en haut, à commencer par celles qui frappent nos premiers parents, sanctionnés pour leur désobéissance : ‘Je multiplierai les peines de tes grossesses’ (Gn 3,16), ‘Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front’ (Gn 3,19), et la liste se poursuit : l’errance pour Caïn qui a tué son frère (Gn 4,11), le déluge pour toute l’humanité corrompue (Gn 6,7), la pluie de soufre et de feu sur les villes impudiques de Sodome et Gomorrhe (Gn 19,23), les Dix plaies d’Egypte contre le Pharaon (Ex 7,14s), le massacre de 3000 hommes après l’adoration idolâtrique du veau d’or (Ex 32, 28), la morsure des serpents contre le peuple rebelle au désert (Nb 21,6)… Tout au long de la Bible, la colère de Dieu n’est pas un vain mot, même si les prophètes qui se succèdent pour dénoncer les fautes du peuple et lui annoncer un châtiment imminent finissent toujours par lui faire entendre aussi une note d’espoir.

La punition divine

Arrêtons-nous ici pour tirer de l’Ecriture une première leçon qui porte sur la punition : nous sommes punis parce que nous avons mal fait, parce que nous n’avons pas respecté la loi du Seigneur. Or cette leçon nous est assez aisément accessible.

Ainsi, quand un enfant ne respecte pas les devoirs qu’on lui a appris (la franchise, l’obéissance, la politesse…), on le punit : on l’envoie dans le coin ou au lit sans dessert pour qu’il réfléchisse à sa conduite et qu’il se rappelle, par la peine qu’il éprouve, l’importance d’écouter ce qu’on lui a dit. Quand un citoyen n’a pas respecté les normes de la loi (il a frappé autrui ou détourné des fonds ou mis la vie des autres en danger…), on lui infligera une amende ou on l’enverra en prison pour qu’il se rende compte, par la peine qu’il subit, de la gravité de sa conduite et qu’il s’en abstienne à l’avenir. Punir un enfant, punir un citoyen, c’est lui rappeler la loi pour qu’il vive mieux désormais. La leçon est facile à comprendre, mais en va-t-il de même dans les rapports d’une personne ou d’un peuple avec Dieu ?

Si un jour il nous arrive un malheur, dans notre santé, dans notre patrimoine, dans nos liens familiaux, devons-nous considérer que nous sommes punis par Dieu ? Et si un virus mortel frappe tous les peuples, est-ce à cause de leurs péchés qu’ils subissent ce malheur ? Sans doute protesterons-nous vigoureusement en disant que Dieu est trop bon pour punir une de ses créatures. Il n’empêche que nous sommes bien obligés de ne pas exclure cette possibilité-là puisque, de fait, il arrive dans l’Ecriture que Dieu se fâche et punisse son peuple qui oublie sa loi.

Dans cette ligne-là, pourrions-nous alors énumérer les péchés de notre temps pour expliquer la survenance d’un fléau comme le Covid-19 ? Les gouvernements qui se laissent corrompre, l’arrogance de la grande richesse face à la persistance de la grande pauvreté, la folie de la consommation qui dévore la planète, les législations qui portent atteinte à la vie humaine, la mondialisation de l’indifférence, l’irrespect à l’égard des femmes et des enfants : ces méchancetés et ces désordres sont-ils à l’origine du malheur que Dieu nous enverrait à titre de châtiment pour nous détourner de nos fautes ?

Il ne faut en tout cas pas tirer trop vite cette conclusion-là car, avant de parler d’un malheur comme d’une punition de Dieu, il nous faut revenir à la réponse que Jésus donne à ses disciples à propos de l’aveugle-né : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui » (Jn 9,3).

L’enseignement de Jésus

En d’autres termes, Jésus casse le lien immédiat que l’on voudrait trop facilement reconnaître entre un péché quelconque commis par les hommes et le malheur qui présentement les assaille. C’est que l’ordre moral de la faute commise et l’ordre naturel de l’accident subi ne sont pas intrinsèquement liés.

En tout cas, quand Jésus voit le malheur s’abattre effectivement sur une personne ou un groupe, il adopte une perspective qui n’est nullement celle de la punition, mais du rétablissement, du salut car, dit-il lui-même à Nicodème : « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jn 3,17). C’est ainsi qu’il va refaire, au bénéfice de l’aveugle-né, les gestes du Créateur qui modela le premier homme avec de la boue. Lui qui est lumière du monde, il rend la vue à l’infirme. Là s’exprime d’emblée la pente première du Sauveur qui ne s’embarrasse d’aucune manière d’une quelconque punition ; son cœur est tout de suite proche de la misère.

Est-ce à dire pour autant que le Seigneur Jésus n’admet aucun lien entre le péché et le malheur ? Non, mais lorsqu’il reconnaît ce lien, c’est encore dans une perspective de miséricorde, pour ouvrir l’avenir.

Ainsi, à l’infirme de la piscine de Bézatha, qu’il a guéri de sa paralysie en lui rendant sa mobilité, il dit : « Te voilà guéri ; ne pèche plus désormais : il t’arriverait pire encore » (Jn 5,14). On le voit, la préoccupation essentielle du Christ touche le lien de chacun des humains à son propre Père, car il sait d’expérience que c’est en cette alliance-là que se trouve la béatitude. Il sait aussi, dès lors, que si l’homme s’écarte de cette alliance en choisissant le péché, il contribue, quasi nécessairement, à créer un monde de malheur.

Significatif aussi est cet épisode évangélique où l’on rapporte à Jésus un double malheur : d’abord un massacre de Galiléens par Pilate, puis la chute d’une tour sur 18 personnes à Jérusalem. Dans les deux cas, Jésus pose la question à ses interlocuteurs : ‘ces victimes étaient-elles plus coupables que d’autres ?’ mais il y répond lui-même par la négative. Ainsi, il coupe à nouveau le lien immédiat de la faute et du malheur, ce qui ne l’empêche pas d’enchaîner aussitôt : « Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même » (Lc 13,3,5). Pour Jésus, le malheur qui frappe l’aveugle – né ou le paralysé de Bézatha, ou les cibles d’une tuerie ou les victimes d’un accident, ce malheur-là ne doit pas être lu comme un châtiment. Cette épreuve-là ne condamne pas, elle appelle.

*

A partir de ce bref survol de l’Ecriture, pouvons-nous en venir à l’attitude spirituelle que nous pourrions adopter en ce temps de crise ?

Les propos qui précèdent rappellent combien il est imprudent de superposer trop vite un fléau tel que le Covid-19 avec une quelconque colère de Dieu car, si cette corrélation-là devait un jour être reconnue, elle devrait s’inscrire, dirons-nous, dans une dynamique spirituelle plus large qui impliquerait au moins trois conditions relatives, respectivement, au bonheur, à autrui et à la croix.

Le bonheur comme le malheur

La première précaution à prendre avant de considérer un malheur comme un châtiment de Dieu consiste à porter ce regard spirituel non seulement sur le malheur mais aussi sur le bonheur.

Ainsi, pour les Juifs, un malheur tel que l’exil à Babylone est, selon la lecture qu’en font les prophètes, un châtiment de Dieu en punition de toutes les infidélités d’autrefois, mais le bonheur est aussi un don de sa main. Par exemple, la délivrance par Cyrus et le retour de l’exil sont vus par le peuple comme un acte de la maîtrise de Dieu sur l’histoire, en faveur de son peuple (cf. Is 45,1s).

Si donc il nous arrive un jour de penser que nous subissons le malheur à cause de la colère de Dieu, nous devrons penser, pour être justes, que le bonheur aussi vient de sa main. Car si nous sommes punis, ce n’est jamais seulement pour subir une punition, mais pour être délivrés de nos fautes et vivre à nouveau l’Alliance. C’est toute notre vie qui se déroule sous le regard du Père et en communion avec Lui, dans ses heurs comme dans ses malheurs.

A cet égard, la Bible nous offre le bel exemple de Job. Cet homme juste et intègre se voit mis à rude épreuve, dépouillé de tous ses biens, en deuil de tous ses enfants, touché des pieds à la tête en sa propre chair ; il est en outre accablé par sa femme : « Vas-tu encore persévérer dans ton intégrité ? Maudis donc Dieu et meurs’ ». Mais Job lui répond : « Tu parles comme une folle. Si nous accueillons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter de même le malheur ? » (Jb 2,9-10).

Le mystère d’autrui

La deuxième précaution à prendre avant de parler d’un malheur comme d’un châtiment de Dieu consiste à parler à la première personne (je ou nous) sur le mode du regret et non à la deuxième ou troisième personne sur le mode de l’accusation.

Quand nous étions enfants et que l’un de nous se cognait à un meuble ou perdait un objet après avoir dit une vilaine parole ou s’être rendu coupable d’une mauvaise action, il nous arrivait de dire : « c’est le bon Dieu qui t’a puni ! » Parler du bon Dieu, c’est juste (il est bon même quand il punit), mais dire : « il t’a puni » n’est pas juste. L’erreur, ici, consiste à parler à la place de l’autre, comme si on avait percé son secret, comme si on savait ce qui s’était passé autrefois et ce qui se passe encore aujourd’hui dans la mystérieuse relation que cet autre entretient avec Dieu.

C’est d’ailleurs, dans l’évangile de ce jour, la faute que commettent les pharisiens lorsque, excédés par les réparties judicieuses de l’aveugle guéri, ils lui disent : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? « (Jn 9,34). Qu’en savent-ils ?

Si Dieu me punit, personne ne pourra m’en faire le reproche de l’extérieur. C’est seulement en lisant l’Ecriture sainte avec l’aide de l’Eglise que je pourrai relire ma vie et poser un lien entre le mal que j’ai commis et celui que je subis. C’est en disant avec le Psalmiste : « car mon péché, moi je le connais, ma faute est devant moi sans relâche… », c’est en disant avec l’Enfant prodigue « Père, j’ai péché contre le Ciel et contre toi, je ne mérite plus d’être appelé ton fils… », c’est en descendant dans notre propre misère, « assis au bord des fleuves de Babylone », que nous pouvons relire le malheur qui nous arrive comme la suite de notre propre péché.

Mais on voit combien cette démarche délicate n’est juste que si elle vient du plus profond du cœur du sujet concerné. Cette relecture ne peut se passer que de façon strictement personnelle entre le croyant qui se reconnaît pécheur et le Seigneur qui reste Père. Toute autre lecture qui ne respecterait pas ce mystère-là et qui se dirait par exemple sur le mode de l’accusation d’autrui serait malvenue, parfois même odieuse.

Ici encore peut revenir la belle figure de Job. Alors qu’il est assis sur son fumier, protestant de son innocence, ses trois amis, venus pour le plaindre, lui tiennent des discours qui l’accablent, suspectant chez lui quelque faute qui lui aurait attiré ses malheurs. Mais ici, c’est Dieu lui-même qui prend sa défense lorsqu’il dit à l’un des trois visiteurs : « Ma colère s’est enflammée contre toi et tes deux amis, car vous n’avez pas bien parlé de moi comme l’a fait mon serviteur Job » (Jb 42,7).

La croix à notre place

La dernière précaution à prendre avant de considérer un malheur comme une manifestation de la colère de Dieu consiste à entrer résolument dans le Nouveau Testament car c’est là que l’ancienne alliance est transformée.

Nous avons évoqué plus haut la morsure des serpents. L’histoire nous est racontée dans le Livre des Nombres (Nb 21,6s) : comme les Hébreux en avaient plus qu’assez de marcher au désert en ayant faim et soif, ils murmuraient. Et voici, dit la Bible, que Dieu envoya des serpents brûlants contre son peuple. Après avoir vu mourir un certain nombre d’entre eux mordus par les serpents, les Hébreux sont allés trouver Moïse en regrettant leurs murmures contre le Seigneur et en demandant la délivrance. C’est alors que, sur les indications du Seigneur, Moïse éleva un serpent de bronze. Dès lors, à tout qui était mordu, il suffisait de regarder le serpent de bronze pour être délivré du venin mortel. Or Jésus s’applique à lui-même cette étrange histoire : « de même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé. » Par-là, Jésus annonçait sa croix.

C’est donc en regardant la Croix du Christ que nous pourrons, nous, être délivrés du mal, tant du mal que nous avons commis en murmurant contre le Seigneur, que du mal que nous subissons en punition de notre faute. C’est dans la croix du Christ que se montre en plénitude la bonté de Dieu car c’est à la croix que le Christ subit notre propre châtiment. C’est nous qui méritions la croix du fait de notre méchanceté, mais c’est lui qui la porte et qui y meurt à cause de sa pitié.

A partir du moment où Jésus accepte d’être le Serpent élevé de terre, l’attitude de Dieu envers le mal bascule sous nos yeux de l’ancienne à la nouvelle alliance. Dieu n’est plus seulement celui qui punit le mal, il est aussi celui qui accepte d’en porter lui-même la punition, à notre place. Dans ces conditions-là, si nous acceptons de lever les yeux vers le Seigneur crucifié, nous comprendrons mieux encore le sens du mal que nous avons à subir.

Car il ne s’agira plus seulement d’accepter ce mal comme la propre punition de notre faute. Il s’agira aussi – tout en ne cessant pas de le combattre – d ’accepter ce mal comme l’occasion de partager l’amour du Christ qui souffre à notre place. En acceptant de mêler la punition que nous méritons à celle que le Christ n’a pas méritée, nous permettons à la miséricordieuse bonté de Dieu de s’étendre non seulement sur nos péchés mais sur ceux du monde pour que nous en soyons tous délivrés. Car, encore une fois, « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour condamner le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jn 3,17).

A propos de l’aveugle-né, Jésus a transformé notre regard. S’il a écarté la question de la culpabilité (‘ni lui ni ses parents n’ont péché’), c’était afin d’ouvrir l’avenir : ‘pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui’ (Jn 9,3). Quelles sont ces œuvres de Dieu ? La première est évidente : l’aveugle a retrouvé la vue à la piscine de Siloé ; la seconde ne l’est pas moins : l’homme, retrouvant plus tard Jésus, se prosterne devant lui en disant : ‘Je crois Seigneur’ (Jn 9,38). Se pourrait-il qu’une cécité – ou un virus – trouve son sens ultime en cet acte de foi ? Seul l’aveugle guéri peut répondre.

« Arrêtez-vous et sachez que je suis Dieu »

Nous publions la lettre de l’Abbé Général de l’ordre des Cisterciens Don Mauro-Giuseppe Lepori, écrite depuis Rome le 15 mars 2020, pour le 3ème Dimanche de Carême dans le cadre de l’épidémie du Coronavirus. 

Noli me tangere  (Source : Internet)

Chers Frères et Sœurs, La situation qui s’est créée avec la pandémie de coronavirus me pousse à rechercher le contact avec vous tous par le biais de cette lettre, comme signe que nous vivons cette situation en communion, non seulement entre nous, mais avec toute l’Église et le monde entier. Comme je me trouve en Italie et à Rome, je vis cette épreuve dans un point crucial, même s’il est clair que la plupart des pays dans lesquels nous vivons se retrouvera bientôt dans la même situation.

Être utiles à tous

Il est évident que la première réaction correcte que nous devons avoir, également en tant qu’Ordre et communautés monastiques, est de suivre les indications des autorités civiles et ecclésiastiques pour contribuer avec obéissance et respect à une résolution rapide de cette épidémie. Tous, nous n’avons jamais été autant que maintenant appelés à réaliser combien la responsabilité personnelle est un bien pour tous. Celui qui accepte les règles et les comportements nécessaires pour se défendre de la contagion contribue à la limiter pour les autres. Ce serait une règle de vie à respecter toujours, à tous les niveaux, mais dans l’urgence actuelle, cela saute aux yeux que nous sommes tous solidaires pour le meilleur et pour le pire. Mais au-delà de l’aspect sanitaire de la situation, que nous demande ce moment dramatique par rapport à notre vocation ? A quoi Dieu nous appelle-t-il en tant que chrétiens et particulièrement en tant que moines et moniales à travers cette épreuve universelle ? Quel témoignage sommes-nous invités à donner ? Quelle aide spécifique sommes-nous appelés à offrir à la société, à tous nos frères et sœurs dans le monde ? Me revient à l’esprit l’expression de la Charte de Charité que j’ai souvent soulignée au cours de l’année passée, notamment dans la Lettre de Noël 2019 qui, d’ailleurs, a été publiée juste au moment où la contagion de COVID-19 a commencé en Chine : « Prodesse omnibus cupientes – désireux d’être utiles à tous » 1) . Quel bénéfice sommes-nous appelés à offrir à l’humanité tout entière en ce moment précis ?

« Arrêtez-vous et sachez que je suis Dieu »

Peut-être notre premier devoir est-il de vivre cette circonstance en lui donnant un sens. Après tout, le véritable drame que vit actuellement la société n’est pas tant ou pas seulement la pandémie, mais ses conséquences dans notre existence quotidienne. Le monde s’est arrêté. Les activités, l’économie, la vie politique, les voyages, les divertissements, le sport ont cessé, comme pour un Carême universel. Mais pas seulement cela : en Italie et maintenant aussi dans d’autres pays, la vie religieuse publique a également cessé, la célébration publique de l’Eucharistie, tous les rassemblements et les réunions ecclésiales, du moins ceux où les fidèles se rencontrent physiquement. C’est comme un grand jeûne, une grande abstinence universelle. Cet arrêt imposé par la contagion et les autorités est présenté et vécu comme un mal nécessaire. L’homme contemporain, en effet, ne sait plus s’arrêter. Il ne s’arrête que s’il est arrêté. S’arrêter librement est devenu presque impossible dans la culture occidentale actuelle, qui est, de plus, mondialisée. Même pour les vacances, on ne s’arrête pas vraiment. Seuls des revers désagréables peuvent nous arrêter dans notre course à profiter de plus en plus de la vie, du temps, souvent aussi des autres. Mais aujourd’hui, un revers désagréable tel qu’une épidémie a arrêté presque tout le monde. Nos plans et nos projets ont été annulés, et nous ne savons pas pour combien de temps. Même nous, qui vivons une vocation monastique, peut-être cloîtrée, combien nous nous sommes habitués à vivre comme tout le monde, à courir comme tout le monde, à penser notre vie en nous projetant toujours vers un avenir ! S’arrêter, au contraire, signifie retrouver le présent, l’instant à vivre maintenant, la vraie réalité du temps, et donc aussi la vraie réalité de nous-mêmes, de notre vie. L’homme ne vit que dans le présent, mais nous sommes toujours tentés de rester attachés au passé qui n’existe plus ou de nous projeter vers un avenir qui n’existe pas encore et qui n’existera peut-être jamais.

Dans le Psaume 45, Dieu nous invite à nous arrêter et à reconnaître sa présence au milieu de nous : « Arrêtez ! Sachez que je suis Dieu, exalté parmi les peuples, exalté sur la terre. Il est avec nous, le Seigneur de l’univers, citadelle pour nous, le Dieu de Jacob. » 2) Dieu nous demande de nous arrêter ; il ne nous l’impose pas. Il veut que nous nous arrêtions et que nous demeurions devant Lui librement, par choix, c’est-à-dire avec amour. Il ne nous arrête pas comme la police arrête un délinquant en fuite. Il veut que nous nous arrêtions comme nous nous arrêtons devant la personne aimée, ou comme nous nous arrêtons devant la tendre beauté d’un nouveau-né qui dort, ou d’un coucher de soleil ou d’une œuvre d’art qui nous remplissent d’émerveillement et de silence. Dieu nous demande de nous arrêter en reconnaissant que sa présence pour nous remplit l’univers entier, que c’est la chose la plus importante dans la vie, que rien ne peut dépasser. S’arrêter devant Dieu signifie reconnaître que sa présence remplit l’instant et donc satisfait pleinement notre cœur, quelles que soient les circonstances et les conditions dans lesquelles nous nous trouvons.

Vivre la contrainte avec liberté

Qu’est-ce que cela signifie dans la situation actuelle ? Que nous pouvons la vivre avec liberté, même si nous y sommes contraints. La liberté n’est pas de toujours choisir ce que l’on veut. La liberté est la grâce de pouvoir choisir ce qui donne de la plénitude à notre cœur même quand tout nous est enlevé. Même lorsque la liberté nous est enlevée, la présence de Dieu nous garantit et nous offre la liberté suprême de pouvoir nous arrêter devant Lui, de le reconnaître présent et ami. C’est le grand témoignage des martyrs et de tous les saints. Lorsque Jésus marcha sur les eaux pour rejoindre ses disciples au milieu de la mer démontée, il les trouva incapables d’avancer à cause du vent contraire : « La barque (…) était battue par les vagues, car le vent était contraire » 3) . Les disciples luttent sans relâche contre le vent qui les contrarie dans leur plan pour atteindre le rivage. Jésus les atteint comme seul Dieu peut s’approcher de l’homme, avec une présence libre de toute contrainte. Rien, aucun vent contraire ni même aucune loi de la nature, ne peut s’opposer au don de la présence du Christ venu pour sauver l’humanité. « Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. » 4)  Mais il y a une autre tempête qui voudrait s’opposer à la présence amicale du Seigneur : notre méfiance et notre peur : « Les disciples furent bouleversés et dirent : “C’est un fantôme !” et la peur leur fit pousser des cris » 5) . Souvent, ce que nous imaginons avec les yeux de notre méfiance transforme la réalité en un « fantôme ». Alors, c’est comme si nous nourrissions nous-mêmes la peur qui nous fait crier. Mais Jésus est également plus fort que cette tempête intérieure. Il s’approche davantage, il nous fait entendre sa voix, la sonorité pacifiante de Sa présence amicale : « Mais aussitôt, Jésus leur parla en disant : “Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur !” » 6) . « Ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : “Vraiment, tu es le Fils de Dieu !” » 7) . Ce n’est que lorsque les disciples reconnaissent la présence de Dieu et l’acceptent comme telle, c’est-à-dire lorsqu’ils s’arrêtent devant elle, que le vent cesse de s’opposer à eux 8) et « aussitôt la barque toucha terre là où ils se rendaient » 9) .

Jésus marchant sur les eaux (Source : Wikipedia)

Cela peut-il se produire dans la situation de danger et de peur que nous vivons actuellement face à la propagation du virus et aux conséquences, certainement graves et durables, de cette situation sur l’ensemble de la société ? Reconnaître dans cette circonstance une possibilité extraordinaire d’accueillir et d’adorer la présence de Dieu parmi nous, ne signifie pas fuir la réalité et renoncer aux moyens humains mis en place pour nous défendre du mal. Ce serait une insulte à ceux qui, comme tout le personnel de santé, se sacrifient aujourd’hui pour notre bien. Il serait également blasphématoire de penser que Dieu nous envoie des épreuves pour nous montrer ensuite combien Il est bon en nous en libérant. Dieu entre dans nos épreuves, les subit avec nous et pour nous jusqu’à la mort sur la Croix. Il nous révèle ainsi que notre vie, dans l’épreuve comme dans la consolation, a un sens infiniment plus grand que la résolution du danger actuel. Le vrai danger qui plane sur la vie n’est pas la menace de mort, mais la possibilité de vivre privés de sens, de vivre sans être tendus vers une plénitude plus grande que la vie et un salut plus grand que la santé.

Cette pandémie, avec tous ses corollaires et ses conséquences, est alors l’occasion pour nous tous de nous arrêter réellement, non seulement parce que nous y sommes contraints, mais parce que nous sommes invités par le Seigneur à nous tenir devant lui, à reconnaître qu’il vient, en ce moment même, à notre rencontre au milieu de la tempête des circonstances et de notre angoisse, en nous proposant une relation renouvelée d’amitié avec lui, avec celui qui est sans doute capable d’arrêter la pandémie comme il a calmé le vent, mais qui surtout renouvelle pour nous le don de sa présence amicale, qui triomphe de notre fragilité pleine de peur – « Courage, c’est moi, n’ayez pas peur ! » – et veut nous conduire aussitôt au destin ultime et plénier de l’existence : Lui-même qui demeure et marche avec nous.

Ministres du cri qui mendie le salut

Il y a cependant une tâche que nous sommes appelés à assumer de manière spécifique : l’offrande de la prière, de la supplication qui mendie le salut. Jésus-Christ, par le baptême, la foi, la rencontre avec Lui à travers l’Eglise et le don d’une vocation particulière à demeurer avec Lui dans « l’école du service du Seigneur » 10) , nous a appelés à nous tenir devant le Père en demandant tout en Son nom. Pour cela il nous donne l’Esprit qui, « avec des gémissements inexprimables », « vient au secours de notre faiblesse ; car nous ne savons pas prier comme il faut » 11) . Avant d’entrer dans la passion et la mort, Jésus a dit à ses disciples : « Je vous ai choisis (…) afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accorde » 12) . Il ne nous a pas choisis uniquement pour prier, mais pour être toujours exaucés par le Père. Notre richesse est alors la pauvreté de n’avoir d’autre pouvoir que de mendier avec foi. Et c’est un charisme qui ne nous est pas donné seulement pour nous, mais pour accomplir la mission du Fils qui est le salut du monde : « Dieu, en effet, n’a pas envoyé le Fils dans le monde pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par Lui » 13) . Même le besoin de sauvegarder ou de recouvrer la santé, que chacun ressent en ce moment, peut-être avec angoisse, est un besoin de salut, du salut qui préserve notre vie de se sentir privée de sens, ballottée par les flots sans avoir de destin, sans la rencontre avec l’Amour qui nous donne à chaque instant la vie pour parvenir à vivre éternellement avec Lui. Cette conscience de notre tâche prioritaire de prière pour tous doit nous rendre universellement responsables de la foi que nous avons, et de la prière liturgique que l’Église nous confie. En ce moment où la majorité des fidèles sont contraints de renoncer à l’Eucharistie communautaire qui les rassemble dans les églises, quelle responsabilité nous devons ressentir pour les Messes que nous pouvons continuer à célébrer dans les monastères, et pour la prière de l’Office divin qui continue à nous réunir au chœur ! Nous n’avons certainement pas ce privilège parce que nous sommes meilleurs que les autres. Peut-être qu’il nous est donné précisément parce que nous ne le sommes pas, et cela rend notre mendicité plus humble, plus pauvre, plus efficace devant le Père de tous, plein de bonté. Nous devons être plus conscients que jamais qu’aucune de nos prières et liturgies ne doit être vécue sans nous sentir unis à l’ensemble du Corps du Christ qui est l’Église, la communauté de tous les baptisés, désireuse d’embrasser toute l’humanité.

La lumière des yeux de la Mère

Chaque soir, dans tous les monastères cisterciens du monde, nous entrons dans la nuit en chantant le Salve Regina. Cela aussi, nous devons le faire en pensant à l’obscurité qui enveloppe souvent l’humanité, la remplissant de la peur de s’y perdre. Dans le Salve Regina, nous demandons sur toute la « vallée des larmes » du monde, et sur tous les « enfants exilés d’Eve », la douce et consolante lumière des « yeux miséricordieux » de la Reine et Mère de la Miséricorde, afin qu’en toute circonstance, en toute nuit et en tout danger, le regard de Marie nous montre Jésus, nous montre que Jésus est présent, qu’il nous réconforte, nous guérit et nous sauve. Toute notre vocation et notre mission sont décrites dans cette prière. Que Marie, « notre vie, notre douceur et notre espérance », nous donne de vivre cette vocation avec humilité et courage, en offrant notre vie pour la paix et la joie de toute l’humanité !

Fr. Mauro-Giuseppe Lepori.  Rome, le 15 mars 2020

Echos à la prière de l’Angélus. Préparation pour la fête de l’Annonciation,

25 mars… Méditons cette belle proposition de Rita D. Merci à elle de nous l’avoir proposée.

Je suis, répondit Marie, de mon Seigneur la servante. Comme vous l’avez dit, qu’il soit accompli en moi 

Regardons l’ange et Marie : ils se font face et l’ange est émerveillé devant la beauté de celle qui rayonne de la grâce de Dieu.

Marie pressent un mystère qui la dépasse ; elle se trouble, s’interroge. C’est le trouble que nous pouvons ressentir chaque fois que Dieu s’approche de nous. 

Mais l’ange la rassure : « Sois sans crainte Marie »

Alors c’est un projet inouï qui lui est dit : devenir la mère du Fils du Très-Haut…

Accepter cet honneur c’est aussi accepter le poids de multiples inconnues.

        Qu’as-tu ressenti Marie ; qu’as-tu compris en ce moment ?

Dieu fait une proposition qui s’adresse à la liberté de cette jeune fille. Et, il attend une réponse.

Un signe t’est donné : ta cousine Elisabeth, elle qu’on désignait comme la stérile, a conçu un fils en son vieil âge !  

Marie, au nom de nous tous, au nom de cette humanité en attente du Sauveur, du Messie promis, répond : « Me voici, je suis ta servante ». Par son « Fiat » une semence divine a germé en son sein.

        L’artiste divin peut, si nous le désirons, faire en chacun de nous des merveilles car « Rien n‘est impossible à Dieu »

Ensemble, nous allons contempler, nous laisser toucher, goûter intérieurement ce que cette scène nous révèle :

1. L’initiative de Dieu : Dieu est premier en tout : premier à nous aimer, premier à se déplacer pour venir à notre rencontre.

        Et je m’arrête, m’étonne du désir de Dieu de rejoindre chacun de nous. 

C’est ce que découvrait ce jeune de 17 ans en retraite de classe. Son partage final : –J’ai vraiment ressenti que Dieu s’intéressait à moi et que mon prénom était en sécurité dans sa bouche. –

2. La manière de faire de Dieu : sa parole, son désir, Dieu l’exprime, le manifeste dans le concret de la vie de celui, de celle, vers qui Il vient.

Cette contemplation peut nous aider à aimer le quotidien de notre vie et ne pas chercher à trouver Dieu ailleurs. C’est ce que nous sommes et faisons, qui est le lieu de la rencontre avec Dieu.

3. La raison de sa venue : elle est donnée par le nom de l’enfant : « Jésus : Dieu sauve » et « Emmanuel : Dieu avec nous ; Dieu au milieu de nous »

        Me vient cette question : Quel aspect de ma vie d’aujourd’hui ou de mon passé aimerais-je que Dieu vienne sauver ? De quoi aimerais-je être libéré ?

4. Marie : reconnue, nommée « pleine de grâce » pleinement remplie de la vie de Dieu, de l’amitié de Dieu.

Familière de la prière, Marie discerne : L’apparition de l’ange n’est pas une vision mais une révélation intérieure qui la bouleverse. Nous-mêmes, nous avons pu faire cette expérience d’une parole intérieure, d’un mouvement du cœur profond qui peut bouleverser nos vies.

Marie ne prend pas pour « argent comptant » tout ce qui se passe en elle, elle se tait et dans le silence, elle cherche à savoir si ce qu’elle a entendu vient bien de Dieu.

         Elle interroge : « Comment cela se fera-t-il ? Comment deviendrais-je maman puisque je ne connais point d’homme, je suis vierge »

Marie interroge sur le moyen : en elle, dans son cœur profond, le « OUI » est donné ! Confrontée au mystère, à l’étrangeté de sa situation Marie est appelée à une totale dé-maîtrise, un abandon en Dieu qui lui dit : « l’Esprit Saint viendra sur toi »

        Femme de foi, Marie tu nous montres que lorsque Dieu s’engage envers nous, nous pouvons avancer là, où il nous paraît impossible d’aller ; là, où il semble évident qu’on ne pourra y arriver tout seul sans qu’un Esprit de force nous soutienne et nous oriente.

Elle s’engage et son « oui » permet à Dieu de s’accomplir en elle.

        Marie s’est « ajustée » au désir de Dieu. » Elle nous montre un chemin celui de « faire la volonté de Dieu » Consentir que Dieu nous prenne par la main et oser croire à l’amour pour vivre l’amour. 

« De mon Seigneur, je suis la servante » C’est là, ton « Nom de grâce » : ton identité et ta vocation.

Servante de Dieu, tu le seras aussi de ton Fils qui, comme toi, sera serviteur.

        Seul l’Esprit Saint donne la force dont nous avons besoin pour ajuster nos choix, nos décisions et engagements au désir de Dieu.

Question : Qu’est-ce qui emporte l’adhésion de Marie (et la nôtre) que c’est bien Dieu qui parle en nous ? Que certains mouvements intérieurs viennent de Lui ?

Retenons que la visite du Seigneur nous laisse dans :

La paix : dans la Bible, comme dans l’aujourd’hui des hommes et des femmes, Dieu dit : « Ne crains pas ! Je suis avec toi !»

La joie intérieure : celle de Dieu lui-même

La force : ce n’est pas nous qui ferons mais Lui en nous. Marie l’a compris car elle répond : « Qu’il me soit fait » et non, je le ferai.

Ces 3 critères sont la marque de Dieu !

Rita D.

Echos reçus

  • Un tout tout grand merci PÈRE pour vos « BONJOUR » émaillés de lectures et témoignages qui soutiennent le moral des confinés seniors et autres et leur permettent de valoriser ces moments éprouvants en leur donnant un message d’espérance. Merci de l’intérêt que vous portez, ainsi que toute la communauté jésuite, aux fidèles de Saint Jean Berghmans. Prenez soin de vous également, A et M P.
  • En cette période plus que troublée que nous vivons soyez chaleureusement remercié pour vos remarquables « Bonjour des amis » qui vous nous faites parvenir et que nous n’hésitons pas à transmettre à nos connaissances. Vraiment vous nous aidez à vivre ce carême avec des textes et messages appropriés. J. et R. V W.
  • Merci Révérend Père pour les magnifiques volées de cloche de ce samedi à 20hr00 !  Leurs sonneries ont encore amplifié le message de soutien de tous les Belges envers le corps médical.   Puisse votre communauté continuer à participer à ce geste simple mais tellement encourageant et certainement apprécié par le corps médical. Puisse aussi votre exemple être suivi par de nombreux autres clochers en Belgique en ces temps difficile. B. M.
  • Merci cher Tommy, de nous accompagner dans la prière si fidèlement! Reçois notre bonjour amical ! D. et J.
  • Après l’Angelus de ce dimanche 22 mars, le pape a annoncé : «En ces jours d’épreuve, alors que l’humanité tremble de la menace d’une pandémie, je voudrais proposer à tous les chrétiens d’unir leurs voix au ciel. J’invite tous les dirigeants des églises et les dirigeants de toutes les communautés chrétiennes et tous les chrétiens de différentes confessions à invoquer le Dieu Tout-Puissant, et en même temps à prononcer la prière du Notre Père que Jésus notre Seigneur nous a enseignée.

    J’invite donc tout le monde à prier la prière du Seigneur à midi le mercredi 25 mars prochain. Le jour où de nombreux chrétiens commémoreront la proclamation de la Parole à la Vierge Marie, que le Seigneur entende la prière unanime de tous ses disciples qui se préparent à célébrer la victoire du Christ ressuscité.

    Dans la même intention, je conduirai un moment de prière sur le parvis de la basilique Saint-Pierre devant la place vide vendredi 27 mars prochain, à 18h00. J’invite déjà tout le monde à participer spirituellement à travers les médias. Nous écouterons la parole de Dieu, nous formulerons nos prières, nous adorerons le Saint-Sacrement, avec lequel je donnerai finalement la bénédiction « Urbi et Orbi », avec laquelle la possibilité de recevoir l’indulgence complète sera liée.

    Nous voulons répondre à la pandémie de virus par l’universalité de la prière, de la compassion et de la tendresse. Restons ensemble. Faisons sentir notre proximité avec les personnes les plus solitaires et les plus éprouvées ».

bonjour du 21 mars

Le Bonjour des amis Eglise st Jean Berchmans ° st Michel 21 mars 2020

Est-ce que la contagion du coronavirus a un sens spirituel ?

Les médias et les cœurs de tout le monde sont pleins des nouvelles de la contagion du coronavirus qui envahit les pays d’Asie, d’Europe et d’Amérique. Les mesures prises par les autorités, la situation médicale et les conséquences pour l’économie et pour la société sont à la une.

Mais ne faut-il pas nous demander aussi ce que Dieu veut nous dire à travers cette épreuve grave de notre temps ? A la lumière de l’Ecriture Sainte, il me semble que ce sont deux paroles qui jettent une lumière sur le sens de l’événement.

La parole de Dieu parle d’un bout à l’autre du salut que nous recevons de Dieu. Il y a peu de mots qui reviennent si souvent comme sauver, aider, guérir, éclairer, conforter, protéger, garder, répondre, écouter, guider, entourer, etc. dans la Bible. Dieu sauve, et les hommes ont besoin de multiples secours. Les générations qui nous ont précédés savaient cela peut-être mieux que nous parce qu’ils avaient moins de moyens techniques et une science moins développée que l’époque moderne. Elles recouraient à Dieu dans leurs besoins et priant dans leurs litanies : a peste, fame et bello libera nos Domine ! (Des épidémies, des guerres et des famines libère-nous, Seigneur !)

Devons-nous de nouveau apprendre à recourir à Dieu dans nos besoins ? A lui dire avec foi et humilité : Seigneur, sauve-nous, nous périssons ! Dans l’Ancien Testament, Dieu porte le beau titre « Médecin d’Israël » (Exode 15,26) et le Psaume 102,3 (Ps 103,3) exprime sa conviction croyante : « Le Seigneur te guérit de toute maladie ».  Le savoir médical moderne n’exclut pas la prière. Les deux ne sont pas en concurrence, ils vont de pair dans la vie des croyants. Car guérison et maladie peuvent être toutes deux des voies par lesquelles Dieu sauve toute la personne humaine, dans son corps et dans son âme.

Mais pour s’en convaincre il faut se mettre dans la vérité et dans l’humilité : l’humanité n’est pas toute-puissante. N’est-ce pas la tentation moderne, en face de tout ce que les hommes ont découvert et savent faire, que d’imaginer l’homme souverain et maître de tout, capable de venir à bout de tous les problèmes ? N’est-il pas beaucoup plus heureux de pouvoir dire avec la foi : j’ai de nombreux besoins qui me dépassent, et dépasseront toujours, mais j’ai un recours en Dieu ? Lui m’aidera, Lui me sauvera car Il aime aider et sauver, et Il peut m’aider et sauver. C’est pourquoi le Psaume 9a,21 (Ps 10,21) adresse la prière surprenante au Seigneur : « Mets une crainte sur l’humanité afin qu’elle apprenne à comprendre qu’elle est seulement humaine ».  Humain, c’est-à-dire dans le besoin d’aide et dans la joie d’avoir un sauveur qui aimera donner son aide. N’est-ce pas aussi un enseignement que nous pouvons retirer dans la foi de l’épreuve de que nous vivons en ces jours ?

Frère Adrian Schenker, dominicain

Méditation du vendredi 20 mars 2020 (P. Alain LE NÉGRATE)

(Vu sur le site de la paroisse st Paul de la Plaine à Paris, animée par les jésuites)

Confinés comme nous tous dans nos ʻintérieursʼ, deux amis de longue date m’ont écrit qu’ils souhaitent que de ce moment particulier sorte du bon, peut-être le meilleur. D’abord un recul par rapport aux urgences aveuglantes au profit d’un réalignement des priorités de nos existences. Je remercie ces compagnons de route musulmans.

Au fond c’est à cela aussi que sert le temps de quarantaine (sens exact du mot Carême). Non pas pour un repli sur soi dans l’angoisse, mais pour relativiser notre moment devant des malheurs bien pires : la vraie guerre (en Syrie par exemple), la pauvreté extrême, les injustices et tous les cris qui montent vers le ciel.

De la Chine aux USA l’économie mondiale marque le pas. Eh bien que notre monde riche en mal de croissance saisisse ce temps favorable d’une pause. Au tout début de la monnaie, Aristote – cité par le pape François – avait déjà compris le danger de l’argent, en condamnant la spéculation financière parce qu’en elle, « l’argent lui-même devient productif, perdant sa véritable finalité qui est de faciliter le commerce et la production » [1]. La première lecture de ce jour nous met en garde contre la religion la plus répandue, à savoir l’idolâtrie : « Nous ne dirons plus à l’ouvrage de nos mains : “Tu es notre Dieu”. » (Os 14, 4)

La page du prophète Osée ne fait que préparer à entendre l’Evangile. Aujourd’hui un scribe pose une question à Jésus : « Quel est le premier commandement ? » (Mc 12, 28-34).

C’est un échange créatif entre deux maîtres de la Torah, cas unique d’un scribe, seul et favorable, en dialogue avec le rabbi galiléen, alors qu’habituellement ses pairs lui sont hostiles.

Jésus répond à la question bienveillante par leur credo commun : « Ecoute Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Un. Tu l’aimeras… » (Dt 6, 4-5). A ce commandement il adjoint un second : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19, 18). Puis il met les deux citations dans l’ordre en insistant : le premier et le second, et il affirme la supériorité de ces deux commandements sur tous les autres. Et c’est tout.

D’après John P. Meier, aucun autre écrit juif de la Palestine ou de la diaspora ne contient ces caractéristiques du double commandement d’amour. La nouveauté de cet enseignement du Christ a été encore rappelée par Benoît XVI : « Fermer les yeux sur son prochain rend aveugle aussi devant Dieu » (Deus caritas est, 16).

Qu’à l’écoute de la Parole de Vie, ce temps de Carême – et de désert eucharistique – ouvre grands nos yeux et nous délivre de toute tentation au repli. AMEN.

[1] Aristote in Politique I, 10, 1258b cité par le pape François lors d’un séminaire sur les « Nouvelles formes de fraternité solidaire ». Au Vatican le 5 février 2020.

ACTE DE COMMUNION SPIRITUELLE  

« Seigneur Jésus, je crois fermement que Tu es présent dans le Saint Sacrement de l’Eucharistie.  Je T’aime plus que tout et je Te désire de toute mon âme. « Après toi languit ma chair comme une terre assoiffée » (ps 62)

Je voudrais Te recevoir aujourd’hui avec tout l’amour de la Vierge Marie, avec la joie et la ferveur des saints. Puisque je suis empêché de Te recevoir dans le sacrement, viens au moins spirituellement visiter mon âme.

En ce temps de carême, que ce jeûne eucharistique auquel je suis contraint me fasse communier à Tes souffrances et surtout, au sentiment d’abandon que Tu as éprouvé sur la Croix lorsque Tu t’es écrié : « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ».

Que ce jeûne sacramentel me fasse communier aux sentiments de Ta Très Sainte Mère et de Saint Joseph quand ils T’ont perdu au Temple de Jérusalem, aux sentiments de Ta Sainte mère quand elle Te reçut, sans vie, au pied de la Croix.   

Que ce jeûne eucharistique me fasse communier aux souffrances de Ton Corps mystique, l’Église, partout dans le monde où les persécutions, ou l’absence de prêtres, font obstacle à toute vie sacramentelle.

Que ce jeûne sacramentel me fasse comprendre que l’Eucharistie est un don surabondant de Ton amour et pas un dû en vue de mon confort spirituel.

Que ce jeûne eucharistique soit une réparation pour toutes les fois où je T’ai reçu dans un cœur mal préparé, avec tiédeur, avec indifférence, sans amour et sans action de grâce. 

Que ce jeûne sacramentel creuse toujours davantage ma faim de Te recevoir réellement et substantiellement avec Ton corps, Ton sang, Ton âme et Ta divinité lorsque les circonstances me le permettront. Et d’ici là, Seigneur Jésus, viens nous visiter spirituel­le­ment par Ta grâce pour nous fortifier dans nos épreuves. Maranatha, viens Seigneur Jésus. »

Mgr Raymond Centene, Évêque de Vannes

Donner à chaque instant sa pleine valeur

Par Matthieu Ricard (moine bouddhiste) le 17 mars 2020

Chers amis,

Je souhaitais vous envoyer mes bonnes pensées et mes humbles prières en ces circonstances difficiles. Je sais que beaucoup d’entre vous sont désorientés et ressentent de la peur face à l’épidémie qui affecte tant d’êtres humains dans le monde entier.

Nous devons prendre toutes les précautions nécessaires pour nous-mêmes, pour ceux qui nous sont chers, et pour l’ensemble de la communauté qui nous entoure.

Dans les pays nantis, nous en sommes peu à peu venus à penser que l’humanité avait maîtrisé la nature et pouvait le dominer selon son bon vouloir.

Nous cherchons en permanence le confort matériel et plaçons toutes nos attentes et nos craintes dans les conditions extérieures, poursuivant des intérêts superficiels par l’acquisition de toujours plus de possessions, de gadgets en tous genres, et de sensations plaisantes.

La situation actuelle est un rappel de la fragilité de la vie et du caractère illusoire du contrôle que nous pensons exercer sur le monde qui nous entoure. Mais ces circonstances défavorables peuvent aussi nous permettre de revisiter nos priorités dans la vie, de prendre plus clairement conscience de ce qui compte vraiment dans notre existence, et de remettre au cœur de nos préoccupations l’amitié, la bienveillance, le lien social, la qualité des relations à l’autre, l’entraide et la coopération, et tout ce qui contribue à une vie qui vaut la peine d’être vécue.

Bien qu’aujourd’hui s’isoler physiquement soit un acte altruiste à l’égard de la société, pour éviter de propager involontairement l’épidémie, nous devons malgré tout redoubler de prévenance à l’égard de nos frères et sœurs humains, et veiller à prendre soin des personnes en difficulté, les personnes âgées qui vivent seules notamment. Donnons à chaque instant qui passe sa pleine valeur et comprenons à quel point notre vie et celle d’autrui sont précieuses.

Profitons donc de l’épreuve que nous traversons tous ensemble pour cultiver la bienveillance envers tous et la compassion pour ceux qui souffrent, en nous ouvrant à la sollicitude d’autrui et leur accordant la nôtre

Quel que soit le temps qui nous reste à vivre, le plus long possible espérons-le, vivons pleinement chaque instant avec bonté, liberté et paix intérieure. Contemplons aussi la nature profonde et immuable de notre propre esprit, qui est toujours présente derrière le tourbillon de nos espoirs et de nos inquiétudes.

Je suis donc de tout cœur avec vous et vous envoie mes humbles prières, tout particulièrement à ceux qui sont directement touchés par cette épidémie.

Reçu d’un paroissien.

« Un regard différent, utilisons d’autres lunettes  » :

Par Raffaele MORELLI, psychiatre et psychothérapeute italien

« Je crois que le cosmos a sa façon de rééquilibrer les choses et ses lois, quand celles-ci viennent à être trop bouleversées. Le moment que nous vivons, plein d’anomalies et de paradoxes, fait réfléchir…Dans une phase où le changement climatique, causé par les désastres environnementaux, a atteint des niveaux inquiétants.

D’abord la Chine, puis tant d’autres pays, sont contraints au blocage ; l’économie s’écroule, mais la pollution diminue de manière considérable.  L’air s’améliore ; on utilise un masque, mais on respire…

Dans un moment historique où, partout dans le monde, se réactivent certaines idéologies et politiques discriminatoires, rappelant avec force un passé mesquin, un virus arrive, qui nous fait expérimenter que, en un instant, nous pouvons nous aussi devenir les discriminés, les ségrégués, ceux qu’on bloque aux frontières, qui amènent les maladies.

Même si nous n’y sommes pour rien. Même si nous sommes blancs, occidentaux, et que nous voyageons en première classe (= complexe de toute puissance avec des relents coloniaux)

Dans une société fondée sur la productivité et la consommation, dans laquelle nous courons tous 14 heures par jour après on ne sait pas bien pourquoi, sans samedi ni dimanche, sans plus de pause dans le calendrier, tout à coup, le « stop » arrive.

Tous à l’arrêt, à la maison, pendant des jours et des jours.  À faire le compte d’un temps dont nous avons perdu la valeur, dès qu’il n’est plus mesurable en argent, en profit.  Sait-on seulement encore quoi en faire ?

Dans une période où l’éducation de nos propres enfants, par la force des choses, est souvent déléguée à des figures et institutions diverses, le virus ferme les écoles et nous oblige à trouver des solutions alternatives, à réunir les mamans et les papas avec leurs propres enfants.  Il nous oblige à refaire une « famille ».

Dans une dimension où les relations, la communication, la sociabilité, se jouent essentiellement dans ce non-espace du virtuel des réseaux sociaux, nous donnant l’illusion de la proximité, le virus nous enlève la proximité, celle qui est bien réelle : personne ne doit se toucher, pas de baisers, pas d’embrassades, de la distance, dans le froid du non-contact.

Depuis quand avons-nous pris pour acquis ces gestes et leur signification ?

Dans un climat social où penser à soi est devenu la règle, le virus nous envoie un message clair : la seule manière de nous en sortir, c’est la réciprocité, le sens de l’appartenance, la communauté, se sentir faire partie de quelque chose de plus grand, dont il faut prendre soin, et qui peut prendre soin de nous.

La responsabilité partagée, sentir que de nos actions dépendent, non pas seulement notre propre sort, mais du sort des autres, de tous ceux qui nous entourent. Et que nous dépendons d’eux.

Alors, si nous arrêtons la « chasse aux sorcières », de nous demander à qui la faute et pourquoi tout s’est arrivé, pour nous interroger plutôt sur ce que nous pouvons apprendre, je crois que nous avons tous beaucoup de matière à réflexion et à agir.  Parce qu’avec le cosmos et ses lois, de manière évidente, nous avons une dette excessive. Il nous le rappelle au prix fort, avec un virus. »

Echos et messages

Une réflexion intéressante de Remy Pigeon (de Wezembeek) sur Facebook 

Lorsque nous courrons, il est de nombreuses choses dont les contours deviennent flous, d’autres que l’on ne remarque même plus. Cela fait des siècles que l’Homme a commencé son marathon et, loin de se fatiguer, il ne fait qu’accélérer depuis. Pourquoi ne pas profiter de cette période de confinement, ce point de coté qui nous force à nous arrêter, pour regarder autour de nous et faire le point ? En prenant le temps de souffler et de réfléchir, peut-être réaliserons nous que cette course que nous pensions nécessaire ne rime plus à rien et cela fait longtemps que nous nous sommes perdus. 

Depuis des siècles, l’Homme s’est créé un monde grandiose. Nous nous sommes défaits de la gravité afin de pouvoir voler, nous avons bâti des tours qui tutoient les nuages et sommes même parvenus à nous échapper de notre planète pour explorer l’univers et marcher sur la Lune. Loin de nous arrêter là, nous avons également imaginé un outil nous permettant de nous connecter les uns aux autres et ce malgré les océans séparant nos continents. En nous prenant parfois pour des dieux égoïstes, nous n’avons pas voulu voir que la création d’un tel monde nécessitait la destruction d’un autre. En l’espace de quelques dizaines d’années nous avons bouleversé l’ensemble des écosystèmes de notre planète au point que la moitié des espèces qui nous entourent pourrait avoir disparu d’ici 2100. Nous sommes allés trop loin.

Ce confinement printanier nous prouve cependant à quel point la nature est résiliente et qu’il est encore possible de changer de direction. À Venise les eaux troubles des canaux se font désormais translucides et accueillent à nouveau des milliers de poissons. Plus loin en Sardaigne, les dauphins s’aventurent à nouveau près des ports. D’ici quelques temps nous pourrons sans doute observer de nombreux renardeaux fraichement nés, des chevreuils parcourir nos champs ainsi qu’un plus grand nombre d’oiseaux dans le ciel. Pourquoi même ne pas rêver d’un retour accéléré du loup et du lynx, deux animaux avec qui nous cohabitions jadis avant qu’ils ne freinent la construction de notre monde artificiel.

Une fois le point de côté passé, il serait bon de se demander si reprendre notre course effrénée est vraiment nécessaire. Pourquoi ne pas ralentir ? Consommer moins, consommer mieux afin que la Terre et ses espèces puissent respirer. Limiter ses voyages autour du monde et prendre le temps de s’ouvrir à celui dont la nationalité n’est pas la vôtre mais qui, à cause de cette course, s’est retrouvé dans votre pays. Tentons tous ensemble de tirer du positif de cette épreuve que nous traversons. Après tout, c’est quand l’obscurité se fait totale que la lueur des étoiles se dévoile !

MESSES EN COMMUNAUTE JESUITE

Le matin à 7h30, la communauté prie les laudes, sans assemblée extérieure.

Il y aura tous les jours eucharistie, en communauté, sans assemblée présente, à 7h, à 12h et à 18h30. Nous y portons votre prière, et celle de tous ceux qui nous sont confiés. Parfois, il y aura une diffusion en direct sur Facebook à partir du profil de Tommy Scholtes

Aucune célébration à l’église. Si possible, nous maintenons les permanences aux heures des confessions. Elles se dérouleront sans doute à l’oratoire, un espace plus aéré que le bureau du confessionnal.

Vous pouvez me joindre au 02 739 33 21.. le fixe de mon bureau en communauté dans lequel je suis beaucoup présent …

Téléphonez les uns aux autres, sms, mails,

Que la communion virtuelle soit la plus réelle possible.

N’hésitez pas à nous faire part de propositions, demandes, intentions de prière, expériences de prière partagée, sites web utiles. La plume est particulièrement proposée aux confrères jésuites et aux membres de l’équipe pastorale ESJB

Unis, Tommy Scholtes sj

(tommy.scholtes@tommyscholtes.be)

annonces du 23 mars 2020

Semaine Sainte : toutes les célébrations religieuses publiques sont annulées

Directives des évêques de Belgique

La propagation du coronavirus contraint toutes les autorités et institutions publiques de notre pays à une extrême prudence. L’Église veut, elle aussi, endiguer la propagation de ce virus. Les évêques de Belgique ont dès lors décidé de prolonger la suspension de toutes les célébrations religieuses publiques et ce jusqu’au 19 avril inclus. Ces dernières reprendront lorsque les autorités tant civiles et qu’ecclésiastiques l’auront autorisé. Les évêques prennent ces mesures conformément aux adaptations possibles pour la célébration du temps pascal, telles que le Pape François les a proposées et données en exemple.

Tous les services liturgiques de la Semaine Sainte (5-12 avril 2020) sont suspendus. Chaque évêque peut établir une exception pour quelques lieux afin que les fidèles puissent suivre ces services à la radio, à la télévision ou en livestream. Seuls les collaborateurs nécessaires pour l’enregistrement de la célébration pourront se trouver dans l’église. Ils respecteront avec soin les règles de la ‘distance sociale’.

Cette suspension s’applique à toutes les églises et chapelles où se célèbre publiquement le culte, y compris les chapelles ou lieux de prière des monastères, des institutions catholiques ou des lieux de pèlerinage. Elle s’applique également aux communautés non-catholiques qui font usage des églises ou des chapelles catholiques. Les communautés contemplatives ou monastiques célèbreront la prière des heures et les offices de la Semaine Sainte en cercle fermé, sans hôtes, ni visiteurs.

L’information sur les services liturgiques diffusés à la radio, à la télévision ou en livestream pendant la Semaine Sainte sera disponible sur le site de Cathobel et de Kerknet ainsi que sur les sites diocésains ou vicariaux.

1. Dimanche des Rameaux

Bien qu’il n’y ait pas de célébrations publiques, quelques célébrations avec seulement quelques personnes sont prévues en vue des diffusions à la radio, à la télévision ou en livestream. Elles se dérouleront en cercle fermé et dans le respect de la distance de sécurité prescrite. Les rameaux bénits ne seront mis à disposition ni à l’intérieur ni à l’extérieur de l’église. Il y a pour cela une double raison. Une raison liturgique : ces rameaux font partie de la liturgie du dimanche des Rameaux. Une raison préventive : éviter tout rassemblement.

2. Messe chrismale

La bénédiction des Saintes Huiles et la consécration du Saint Chrême  (pour le baptême, la confirmation, l’ordination presbytérale et l’onction des malades) aura lieu en cercle fermé et sera présidée par l’évêque et quelques prêtres. Chaque évêque a également la possibilité de reporter la célébration de la messe chrismale jusqu’à l’autorisation de reprise des célébrations liturgiques publiques. Les Saintes Huiles seront distribuées après la pandémie selon les directives de chaque diocèse.

3. Jeudi Saint, Vendredi Saint, Veillée pascale et Pâques

Seules les célébrations avec quelques personnes en vue de leur diffusion à la radio, à la télévision ou en streaming pourront avoir lieu. Elles se dérouleront cercle fermé, dans le respect de la distance de sécurité prescrite.

En raison des mesures actuelles, le sacrement de réconciliation individuel ne pourra être conféré. Les évêques de Belgique autorisent les fidèles à reporter leur confession pascale à une date ultérieure. Ou, comme l’a récemment déclaré le Pape François au vu des circonstances exceptionnelles de cette année : Oui, il est possible de recevoir le pardon de Dieu sans prêtre. Si tu ne trouves pas de prêtre pour te confesser, parle avec Dieu, il est ton Père, et dis-lui la vérité : ‘Seigneur, j’ai commis le mal en ceci, en cela, …” Demande-lui pardon de tout ton cœur avec l’acte de contrition et promets-lui : “Je me confesserai plus tard, mais pardonne-moi maintenant”. Et tu reviendras immédiatement dans la grâce de Dieu.

Comment célébrer Pâques sans confession ni communion, ou ‘faire ses Pâques’ cette année ? En faisant ce qui est possible : prier à la maison, seul ou en famille ; lire et méditer les lectures et les prières prévues pour la Semaine Sainte ; suivre une célébration liturgique à la radio, à la télévision ou en livestream.

4. Baptêmes d’adultes

Cette année, les baptêmes d’adultes ne pourront avoir lieu ni la nuit, ni le jour de Pâques. Les évêques sont unis à tous ceux qui se préparent de longue date à leur baptême pour Pâques. Ils comprennent leur déception et leur demandent de la patience. Ils leur proposeront dès que possible une autre date ou une autre période pour leur baptême.

5. Baptêmes et mariages religieux

Tous les baptêmes et mariages religieux sont reportés jusqu’à ce que ces célébrations soient à nouveau possibles. Les évêques prennent cette décision difficile, tout en partageant la déception de tous ceux qui avaient préparé avec soin et attendaient intensément leur mariage ou le baptême de leur enfant.

6. Confirmations et premières communions

Les célébrations de la confirmation et de la première communion prévues jusqu’au 19 avril ne pourront malheureusement pas avoir lieu. C’est une décision grave dont nous mesurons pleinement l’impact pour les enfants et les jeunes concernés, pour leurs familles et pour la paroisse. En ce qui concerne les confirmations et premières communions prévues après le 19 avril, il est trop tôt en ce moment de prendre des décisions définitives. Les évêques communiqueront le plus tôt possible et dès que les mesures du gouvernement le permettront, les informations nécessaires.

7. Ouverture des églises

Sauf décision contraire de la commune, les églises restent ouvertes pour la prière individuelle et le recueillement quand c’est possible. L’église, en tant qu’espace public, est bien évidemment soumise aux mesures gouvernementales, dont la distance de sécurité.

8. Campagnes de Carême Entraide et Fraternité et Broederlijk Delen

Les campagnes annuelles de Carême des deux organisations liées à l’Eglise ne sont quant à elles pas suspendues. Seules les collectes ecclésiales en liquide ne pourront avoir lieu. Les évêques appellent les fidèles à poursuivre la solidarité avec les populations et les pays dans le besoin et à effectuer leur don annuel par virement bancaire. Pour Entraide et Fraternité via le compte BE68 0000 0000 3434 et pour Broederlijk Delen via le compte BE12 0000 0000 9292. 

9. Les cloches de remerciement et d’espérance

Les évêques s’associent à toutes les marques de gratitude et d’estime de la population envers ceux qui s’investissent dans la lutte contre le coronavirus : médecins, infirmières et infirmiers, services de police et d’urgence, décideurs politiques et leurs administrations. Les paroisses qui le souhaitent peuvent bien sûr s’associer à ceux qui applaudissent le soir les personnes engagées dans la lutte contre le coronavirus. Elles peuvent mettre par exemple une bougie devant la fenêtre ou faire sonner les cloches (de préférence les cloches de l’angélus à celles des fêtes).

10. Médias

Les diocèses restent autant que possible en contact avec l’ensemble des croyants, aussi bien au plan national qu’au plan diocésain, par le biais de messages vidéo ou en livestream. Vous trouverez les liens utiles et les aperçus sur les pages interdiocésaines et diocésaines de Cathobel ou de Kerknet.

La RTBF et la VRT essayent de poursuivre la diffusion, le dimanche, des célébrations eucharistiques à la radio et à la télévision. RCF, KTO, France 2, Radio Maria et NPO Nederland diffusent également des célébrations religieuses. 

Le bonjour du 14 mars 2020

  Le Bonjour des amis Eglise st Jean Berchmans ° st Michel 17 mars 2020

Message du Cardinal De Kesel

Chers amis,

Des événements totalement imprévus peuvent parfois arriver. Des évènements dont on pensait qu’ils se produisaient jadis mais plus maintenant, et sûrement pas dans une société aussi développée que la nôtre. Rien n’est moins vrai. Le coronavirus nous place devant une évidence : nous sommes et restons des êtres fragiles, pas uniquement ici où là mais partout dans le monde.

La solidarité attendue aujourd’hui de tous, est, elle aussi, universelle. Personne ne peut se permettre une exception pour soi-même. En tant qu’Eglise, nous ne le pouvons pas non plus. Tout comme pour la pauvreté et la migration, il n’y a pas de solutions uniquement au plan local. Nous le savons bien, mais nous l’oublions fréquemment. Nous essayons de maintenir le problème en dehors de nos frontières, mais le virus ne connaît pas de frontières. La mentalité du « chacun pour soi » nous rend encore plus vulnérables. Nous sommes responsables les uns des autres à l’échelle mondiale. La terre est vraiment notre maison commune.

Cette crise du coronavirus intervient en plein carême au moment où de dimanche en dimanche, de semaine en semaine, nous nous préparons à Pâques. Il ne nous est plus possible de célébrer avec nos communautés respectives, même pas l’eucharistie le dimanche. On pourrait se dire : il aurait mieux valu que cela arrive à un autre moment, mais cela n’a pas beaucoup de sens. Certes, nous vivrons le carême cette année autrement, mais nous ne le vivrons pour autant pas moins intensément. Cela demandera de chacun de nous un effort supplémentaire et une plus grande créativité.

La préface du carême le qualifie de temps fait pour se donner davantage à la prière et pour témoigner plus d’amour pour le prochain. Nous ne pouvons plus nous rassembler pour prier ensemble, mais nous pouvons le faire seul, en famille ou dans nos communautés religieuses. C’est un temps de silence et de réflexion, avec une attention particulière pour l’Ecriture que la liturgie propose. Fort heureusement les médias, en particulier les médias religieux nous y aident. 

Maintenant que tout doit se passer en silence, la préparation à Pâques reste aussi un moment de plus grande attention aux autres. D’abord bien sûr à l’égard de ceux qui sont atteints par la maladie, ceux qui les soignent et ceux s’efforcent d’endiguer la maladie par leurs recherches. Mais aussi pour ceux qui sont pauvres ou isolés, ceux qui fuient la guerre et la violence, pour tous ceux qui d’une façon ou d’une autre sont dans le besoin et frappent à notre porte pour obtenir de l’aide. Les collectes pour le carême de partage se tiennent habituellement en cette période, n’oublions pas non plus cette forme de solidarité.

Ces jours-ci nous allons devoir vivre un peu plus reclus, parfois en véritable quarantaine ou en cercle très restreint. Les célébrations et en particulier l’eucharistie nous manqueront. Ce sera une autre forme de jeûne. Mais ne croyons pas que nous sommes seuls. Nous restons en profonde communion les uns avec les autres : en communion de prière et dans une solidarité universelle. Et n’oublions surtout pas qu’en tout cela, le Seigneur nous reste proche. Il est en mesure de faire du temps présent un temps de grâce.

+ Jozef Cardinal De Kesel

Un magnifique texte d’une religieuse milanaise sur l’Espérance La Speranza

La Speranza en Italie ces jours-ci, c’est le ciel d’un bleu dépollué et provocant, c’est le soleil qui brille obstinément sur les rues désertes, et qui s’introduit en riant dans ces maisonnées qui apprennent à redevenir familles.

La Speranza ce sont ces post-it anonymes par centaines qui ont commencé à couvrir les devantures fermées des magasins, pour encourager tous ces petits commerçants au futur sombre, à Bergame d’abord, puis, comme une onde d’espérance – virale elle aussi – en Lombardie, avant de gagner toute l’Italie : « Tutto andrà bene <3 » (et comment ne pas penser à ces paroles de Jésus à Julienne de Norwich « …ma tutto sarà bene e tutto finirà bene »* ?),

La Speranza c’est la vie qui est plus forte et le printemps qui oublie de porter le deuil et la peur, et avance inexorablement, faisant verdir les arbres et chanter les oiseaux.

La Speranza ce sont tous ces professeurs exemplaires qui doivent en quelques jours s’improviser créateurs et réinventer l’école, et se plient en huit pour affronter avec courage leurs cours à préparer, les leçons online et les corrections à distance, tout en préparant le déjeuner, avec deux ou trois enfants dans les pattes.

La Speranza, tous ces jeunes, qui après les premiers jours d’inconscience et d’insouciance, d’euphorie pour des « vacances » inespérées, retrouvent le sens de la responsabilité, et dont on découvre qu’ils savent être graves et civiques quand il le faut, sans jamais perdre créativité et sens de l’humour : et voilà que chaque soir à 18h, il y aura un flashmob pour tous… un flashmob particulier. Chacun chez soi, depuis sa fenêtre… et la ville entendra résonner l’hymne italien, depuis tous les foyers, puis les autres soirs une chanson populaire, chantée à l’unisson. Parce que les moments graves unissent.

La Speranza, tous ces parents qui redoublent d’ingéniosité et de créativité pour inventer de nouveaux jeux à faire en famille, et ces initiatives de réserver des moments « mobile-free » pour tous, pour que les écrans ne volent pas aux foyers tout ce Kairos qui leur est offert. 

La Speranza – après un premier temps d’explosion des instincts les plus primaires de survie (courses frénétiques au supermarché, ruée sur les masques et désinfectants, exode dans la nuit vers le sud…) – ce sont aussi les étudiants qui, au milieu de tout ça, ont gardé calme, responsabilité et civisme… qui ont eu le courage de rester à Milan, loin de leurs familles, pour protéger leurs régions plus vulnérables, la Calabre, la Sicile… mais surtout qui résistent encore à cet autre instinct primaire de condamner et de montrer du doigt pleins de rage ou d’envie, ceux qui n’ont pas eu la force de se voir un mois isolés, loin de leur famille, et qui ont fui.

La Speranza c’est ce policier qui, lors des contrôles des « auto-certificats » et tombant sur celui d’une infirmière qui enchaîne les tours et retourne au front, s’incline devant elle, ému :

« Massimo rispetto ».

Et la Speranza bien sûr, elle est toute concentrée dans cette « camicia verde » des médecins et le dévouement de tout le personnel sanitaire, qui s’épuisent dans les hôpitaux débordés, et continuent le combat. Et tous de les considérer ces jours-ci comme les véritables « anges de la Patrie ».

Mais la Speranza c’est aussi une vie qui commence au milieu de la tourmente, ma petite sœur qui, en plein naufrage de la Bourse, met au monde un petit Noé à deux pays d’ici, tandis que tout le monde se replie dans son Arche, pour la « survie », non pas des espèces cette fois-ci, mais des plus vulnérables.

Et voilà la Speranza, par-dessus tout : ce sont ces pays riches et productifs, d’une Europe que l’on croyait si facilement disposée à se débarrasser de ses vieux, que l’on pensait cynique face à l’euthanasie des plus « précaires de la santé »… les voilà ces pays qui tout d’un coup défendent la vie, les plus fragiles, les moins productifs, les « encombrants » et lourds pour le système-roi, avec le fameux problème des retraites… Et voilà notre économie à genoux. À genoux au chevet des plus vieux et des plus vulnérables.

Tout un pays qui s’arrête, pour eux…

Et en ce Carême particulier, un plan de route nouveau : traverser le désert, prier et redécouvrir la faim eucharistique. Vivre ce que vivent des milliers de chrétiens de par le monde. Retrouver l’émerveillement. Sortir de nos routines…

Et dans ce brouillard total, naviguer à vue, réapprendre la confiance, la vraie. S’abandonner à la Providence.

Et apprendre à s’arrêter aussi. Car il fallait un minuscule virus, invisible, dérisoire, et qui nous rit au nez, pour freiner notre course folle.

Et au bout, l’espérance de Pâques, la victoire de la vie à la fin de ce long carême, qui sera aussi explosion d’étreintes retrouvées, de gestes d’affection et d’une communion longtemps espérée, après un long jeûne.

Et l’on pourra dire avec saint François « Loué sois-Tu, ô Seigneur, pour fratello Coronavirus, qui nous a réappris l’humilité, la valeur de la vie et la communion ! ».

Courage, n’ayez pas peur : Moi, j’ai vaincu le monde ! (Jn 16, 33)

Chemin de notre cœur durant ce Carême envahi…  (inspiré par le Réseau de prière du pape François)

Le cœur humain, un cœur inquiet et en recherche


Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube : mon âme a soif de toi, après toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau. (Psaume 62,1) Nous proposons un itinéraire de foi, d’oraison et de vie, adapté à ceux qui sont en recherche intérieure, qui reconnaissent leur soif spirituelle et désirent accueillir Jésus-Christ dans leur cœur. C’est le chemin des petits dont la faiblesse et la vulnérabilité ne sont pas un obstacle, mais bien plutôt le meilleur capital pour rencontrer un Dieu qui se rend proche du pauvre. Et cela en particulier en temps d’épidémie…


Dans un monde découragé


Oui, mon peuple a commis un double méfait : ils m’ont abandonné, moi, la source d’eau vive, et ils se sont creusé des citernes, des citernes fissurées qui ne retiennent pas l’eau ! (Jérémie 2, 13) Mais le monde que nous habitons est aussi blessé par de douloureuses contradictions qui causent mort et destruction. La vie et l’amour sont souvent étouffés par la violence et l’égoïsme. Nous nous sommes écartés des chemins de l’amour de Dieu et de son projet pour l’humanité. Et en période d’épidémie…
Le Père envoie son Fils pour nous sauver
Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne le voyez-vous pas ? (Isaïe 43,19) Le Père ne nous a pas abandonnés dans ce monde découragé. Il nous a parlé de son amour à bien des reprises et de bien des manières par les prophètes, et dans la période finale où nous sommes par son Fils qui s’est fait homme, Jésus le Christ (cf. Hébreux 1,1). Avec Lui, nous apprenons à reconnaître l’Esprit de Dieu qui agit dans notre monde, faisant naître du neuf même au milieu des souffrances et des difficultés.


Il nous appelle ses amis


Je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi (…) Parce que tu as du prix à mes yeux, que tu as de la valeur et que je t’aime. (Isaïe 43,1 et 4) Jésus-Christ nous appelle ses amis et nous invite à une alliance d’amour personnelle, intime et affective avec Lui. Notre amitié avec Lui nous conduit à regarder avec ses yeux, à souffrir de ses souffrances et à nous réjouir de ses joies, et à offrir notre personne pour travailler avec Lui au service de nos frères et sœurs.


CHRIST VIT EN NOUS


En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous (Jean 14,20) Dans la surabondance de son amour pour nous, Dieu désire habiter nos cœurs. Dieu veut établir sa demeure en chacun de nous. C’est ce que nous désirons et prions chaque jour, avec un cœur de pauvre, tout en sachant qu’atteindre le Christ ne sera jamais le fruit de nos propres efforts. Nous croyons que cette identification au Christ nous est donnée de manière privilégiée dans l’Eucharistie dont nous jeûnons durant ces semaines de carême…

Lettre d’Ignace de Loyola en temps de Coronavirus – Jésuites.com

En ce temps d’inquiétude, Ignace nous envoie une lettre par le biais de Nikolaas Sintobin sj. A lire et partager 🙏🏻✨

Ciel, 14 mars 2020, heure de la Terre

Chers habitants de la terre,

Je vois que vous avez du mal à trouver la bonne attitude face au #coronavirus. Ce n’est pas étonnant. Au cours des dernières décennies, la science a fait de tels progrès que vous en êtes venu à croire qu’une solution à chaque problème peut être trouvée en un rien de temps. Il devient maintenant évident dans le monde entier que c’est une illusion. Pour beaucoup d’entre vous, cela est assez déroutant.

J’ai été moi-même aux prises avec une maladie chronique pendant plus de trente ans. En tant que supérieur général de l’ordre des jésuites j’ai été confronté à tous les problèmes possibles et imaginables, jour après jour, pendant quinze ans. J’aimerais vous donner quatre conseils pour traverser cette période difficile. Elles sont tirées de ma propre expérience. 

1.​A l’époque de ce coronavirus, obéissez aux médecins, aux scientifiques et aux autorités comme si c’était Dieu lui-même. Même si vous n’êtes pas d’accord avec leurs décisions ou si vous ne les comprenez pas bien, ayez l’humilité d’accepter qu’il vaut la peine de vous fier à leurs connaissances et leur expérience. Elle vous donnera bonne conscience et vous permettra d’apporter votre contribution à la solution de la crise. 

2.​ Méfiez-vous de la peur. La peur ne vient jamais de Dieu et ne mène pas à Dieu. La peur vous suggère souvent toutes les raisons possibles pour lesquelles vous devriez être angoissés. En grande partie elles sont vraies. Seulement, il ne faut pas en avoir peur. Le Seigneur prend aussi soin de vous maintenant. Je le sais de source céleste bien informée. L’expérience a montré qu’Il écrit droit sur les lignes terrestres courbes. Osez croire en cela.

3.​ En temps de crise, la prière n’est pas moins, mais plus profitable. Accordez-vous le droit de vous abandonner à son amour. C’est le meilleur antidote contre la peur.

4.​ Enfin, n’oubliez pas de vivre et de profiter de la vie au milieu de tout ça. Quoi qu’il arrive, chaque seconde qui vous est offerte est un cadeau unique et précieux. Le coronavirus ne peut rien faire pour changer cela.

 Uni à vous dans une prière incessante,

 + Ignace

MESSES EN COMMUNAUTE JESUITE

Il y aura tous les jours eucharistie, en communauté, sans assemblée présente, à 7 heures, à 12h et à 18h30. Nous y portons votre prière, et celle de tous ceux qui nous sont confiés. Le matin à 7h30, la communauté prie les laudes, sans assemblée extérieure. Parfois, il y aura une diffusion en direct sur Facebook à partir du profil de Tommy Scholtes

Aucune célébration à l’église. Si possible, nous maintenons les permanences aux heures des confessions.

Pour accompagner notre prière

  • Quelques frères de Taizé célèbrent la prière du soir. Sur internet www.taizé.fr. 19h30
  • Le pape célèbre la messe à ste Marthe et KTO diffuse en direct à 7 heures.
  • Radio RCF diffuse la messe à 17h le samedi et à 19 h en semaine
  • Radio 1RCF diffuse une émission « Serrons-nous les coudes » de 9h à 10h
  • « Prie en chemin », quand tu veux !

 ‘Prie en Chemin’ (www.prieenchemin.org) est une proposition portée par les jésuites d’Europe Occidentale Francophone (www.jesuites.com) pour permettre au plus grand nombre de se nourrir de la Parole de Dieu. Chaque jour, par le biais d’un site ou d’une application (Android et iOs) Prie en Chemin propose la méditation guidée audio d’un des passages de la liturgie sous la forme d’un podcast.  La prière dure aux alentours de 12 minutes.

  • Belle initiative aussi  des Dominicains :