Nouvelles, services et analyses ! Bonjour 12.05.2020

 Le Bonjour des amis

Eglise st Jean Berchmans ° st Michel- 12.05.2020

La reprise des Liturgies à l’église se rapproche… (reçu du Vicariat de Bruxelles ce 12 mai). Nous avons répondu qu’il y avait 600 m2 chez nous + la Chapelle ND des Apôtres… A bon entendeur !

Cher /chère responsable d’unité pastorale, Cher curé ou administrateur paroissial,

Chers amis (pour info),

Votre patience a été fameusement mise à l’épreuve pendant ce temps de confinement. Différents secteurs de la vie publique se préparent à réaliser, sous certaines conditions, le déconfinément. Au nom de l’Eglise catholique, la conférence épiscopale est également en pourparlers avec le gouvernement en vue d’une reprise progressive. La surface utile du bâtiment de l’église est un paramètre important à cet égard. Il s’agit bien de la partie de l’église qui est occupée par l’assemblée, à l’exclusion du chœur et l’espace où est placé l’autel, de la sacristie et d’autres petites pièces.

Afin de préparer la reprise du culte, je vous serais reconnaissant de me faire connaître, par retour de mail, la surface utile (superficie en m2) de l’église ou des églises dont vous êtes le curé ou le président de le fabrique de l’église?

Il est évident que toutes les informations utiles vous parviendront en temps opportun.

Avec mes remerciements et mes salutations

Chanoine Tony Frison (Adjoint de Mgr Kockerols)

PRIER AVEC MARIE POUR LA VENUE DU ST-ESPRIT. (Communiqué)

Neuvaine de Pentecôte 2020

Le Pape François invite les fidèles à prier le rosaire au mois de mai. Cette prière simple reprend les moments centraux de la vie de Jésus et de Marie. En ce temps de crise du coronavirus, nous prions spécialement pour ceux qui souffrent et pour ceux qui aident à soulager cette souffrance. Les Evêques se joignent à l’appel du Pape François et recommandent également les deux prières jointes par le Pape à son appel (avec référence à leur localisation sur Cathobel/Kerknet).

Les derniers jours du temps de Pâques, entre l’Ascension et la Pentecôte, sont particulièrement propices pour prier pour la venue du Saint-Esprit en union avec Marie. Il nous faut prier pour obtenir la lumière et la force de l’Esprit pour tous ceux qui aspirent à la guérison, à la solidarité et à la paix entre les peuples. Les Evêques belges appellent donc les fidèles pendant la neuvaine de Pentecôte, à être assidus à la prière personnelle ou en famille, comme les Onze autrefois avec la Mère de Jésus dans la « chambre haute » (cf. Actes 1, 14).

Durant les neuf jours de préparation à la Pentecôte, la prière peut prendre différentes formes. Le Renouveau charismatique catholique (https://renouveau.be/) et la Commission Nationale Catholique pour l’œcuménisme (https://www.thykingdomcome.global/) offrent de précieuses suggestions. Cathobel et Kerknet offriront également des pistes de prière et de réflexion. Voir en particulier :

La Conférence des Evêques de Belgique, 12 mai 2020

Témoignages, initiatives – Vivre avec foi au temps du coronavirus

Malades ou médecins, simples fidèles qui vivez le confinement pendant cette pandémie, partagez avec nous un témoignage, une photo, une vidéo ou un lien vers une initiative de solidarité, pour rappeler tous ceux qui se mobilisent en cette période difficile.

Vatican News a lancé « En première ligne – vivre avec foi au temps du coronavirus», un espace d’information, de témoignages, de relais de vos initiatives, pour écouter, soutenir et aider tous ceux qui font face à l’épidémie de coronavirus/COVID-19. 

Partagez avec nous un texte, Amis de l’église st Michel et st Jean Berchmans une photo, une vidéo, un lien vers une inititiative de solidarité, de ceux qui se mobilisent en cette période de confinement. Si vous faites partie du corps médical ou que vous êtes malades du virus, faites-nous part de vos témoignages, nous en ferons une sélection pour alimenter régulièrement nos Bonjours et le site web de l’église.

Envoyez-nous vos messages par mail à l’adresse tommy.scholtes@tommyscholtes.be

Aidez-nous à offrir un regard plus large, qui découle de l’Évangile, capable de remplir les cœurs, et pour que personne ne puisse se sentir seul!

Parler à un ami… Le réseau AMIchel

Un « réseau d’écoutants » pour ceux qui souffrent à cause de COVID-19

 Si le confinement vous devient pesant, trop lourd, angoissant ou inquiétant ;

Si vous êtes un soignant qui souhaite une écoute ;

Si vous êtes en deuil d’un être cher ;

Si vous êtes atteint du COVID-19 ;

Vous pouvez envoyer un courriel à Tommy.scholtes@tommyscholtes.be

7 jours sur 7. Un service gratuit et confidentiel.

Il y a de nombreux sujets dont on peut vouloir parler : Que dois-je faire ? Quels sont les dangers auxquels je suis confronté ? À qui puis-je parler de ce qui se passe ? À qui puis-je juste parler?

Un « réseau d’écoutants » est en voie de constitution. Ces personnes sont des prêtres, religieux/ses, laïcs ayant déjà pratiqué l’écoute de personnes expérimentant des difficultés dans leur vie. Certains se sont déjà montrés disponbiles pour le service téléphonique « Mitel »

Envoyez-nous un courriel et l’un d’entre eux vous contactera afin de vous proposer un moment pour discuter et vous apporter réconfort et consolation.

Ou partagez cette ressource avec ceux qui pourraient en avoir besoin.

Nous vous proposons désormais d’écrire sur un mur de prière vos messages (une intention, une méditation, une demande…) ; quand cela sera possible, après le confinement, ils rejoindront ceux du livre de prières, Un classeur qui sera installé dans le fond de l’église. Pour l’instant, ils seront systématiquement repris par les jésuites de la communauté de Saint-Michel, au cours de leur prière commune. Envoyez-les par le mail tommy.scholtes@tommyscholtes.be. Si vous l’acceptez, elles seront mises sur le site de l’église www.eglisecsm.be.

Vous pouvez aussi les indiquer pendant les diffusions de messe par Facebook/tommy Scholtes, en semaine à 18.30 et les dimanches et jours fériés (Ascension) à 12h.

De bonnes questions posées par Bosco d’Otreppe dans La Libre Belgique

Le déconfinement va mettre à l’épreuve le catholicisme belge.


La réponse que le monde catholique donnera à la crise sociale révélera le rôle qu’il tient encore dans la société
Aucune date n’est encore annoncée, mais la discussion progresse quant à la reprise publique des célébrations religieuses. Ce lundi encore, les chefs de culte ont rencontré le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) pour lui présenter les règles qu’ils ont rédigées et qui permettront de répondre aux normes sanitaires au sein des lieux de culte. Ils espèrent donc une décision prochaine de la part du Conseil national de sécurité.
La patience globale des croyants et la volonté très concrète des chefs de culte d’avancer ensemble ne sont pas anodines. Si ces derniers espèrent une reprise rapide des célébrations, ils respectent scrupuleusement les choix et le rythme gouvernementaux. Cette politique est jugée trop prudente par certains, mais elle n’en reste pas moins éloquente : ni plus ni moins que les autres acteurs de la société, les cultes entendent participer au bien commun sanitaire sans implorer, chacun de leur côté, des régimes d’exception. Ceci peut paraître évident en Belgique, mais cette posture est loin d’être semblable dans tous les pays.


Une heure « apocalyptique »

Pour autant, si elle éclaire la place que se donnent les cultes au sein de la société, elle ne dit rien du rôle qu’ils jouent, ou souhaitent tenir.
À cet égard, durant le confinement, les évêques n’ont pas dérogé à une communication relativement discrète envers la société. En interne, ils ont plus ou moins accompagné leurs prêtres dans la traversée de cette période inédite. Mais c’est au niveau des paroisses que la situation fut fortement inégale. Sans que l’on puisse établir des proportions, certaines furent très actives, développant des chaînes de mails et de nouvelles, des messes en ligne, des conférences… afin de maintenir le lien, tout particulièrement envers les personnes isolées. D’autres furent portées par des personnalités entreprenantes, telles les paroisses autour de Beaumont, dans le Hainaut, qu’ont parcourues les prêtres Xavier Huvenne et Roger Maloir, s’arrêtant chaque jour dans l’un de leurs clochers pour y assurer une présente priante. Dans d’autres enfin, rien ou presque ne fut proposé. « C’est dramatique, reconnaît un prêtre d’une région rurale. Certains de mes confrères ont été plongés dans la solitude, d’autres n’ont rien fait, et des paroissiens se sont sentis totalement abandonnés par leur Église, alors qu’ils traversaient une période difficile. Certains ne remettront plus les pieds à la messe. C’est immensément triste. »


« On peut dire que la situation est apocalyptique pour l’Église », explique Arnaud Join-Lambert, professeur de théologie pratique à l’UCLouvain. Non pas parce qu’elle serait à l’état de ruines fumantes, mais plutôt parce que le confinement a révélé – c’est le sens original du mot « apocalypse » – ce qu’elle est encore, précise-t-il en substance. Car rien n’a changé en réalité : les paroisses dynamiques ont rebondi pour maintenir le lien à distance, celles où presque plus rien ne se vivait se sont encore davantage délitées. « Pour elles, le rebond sera compliqué. Les premières par contre en sortiront sans doute grandies. »


Quitte ou double !


Face à ce constat, les diocèses s’organisent progressivement pour aider les paroisses à répondre à la souffrance humaine qui s’annonce suite à l’épidémie. Dans le Brabant wallon, l’évêque auxiliaire Mgr Hudsyn a lancé l’opération « Mets-toi en marche », qui encourage les catholiques à rencontrer des voisins, isolés ou non, qui le souhaitent. Dans le monde associatif aussi, des initiatives se développent, tel le service « Tél-Écoute-Prière » (02.721.30.21) qui permet aux personnes de se confier ou de prier anonymement avec quelqu’un.
« Nous allons devoir réintroduire le service du frère au cœur de notre pratique. Nous l’avions trop souvent satellisé dans des structures associatives, indépendantes du culte », lançait aux siens, dans l’hebdomadaire La Vie, la journaliste française Natalia Trouiller. « Nous ne serons pas épargnés par la crise dans nos rangs, loin de là. Nous allons devoir devenir des pauvres qui aideront des plus pauvres encore. Préparons-nous. »
L’Église belge a toujours été présente sur le front du social, et l’armée de bénévoles qu’elle entraîne est vieillissante mais reste étoffée. Si le rôle que tient encore l’Église est souvent interrogé, la crise qui vient permettra de mieux le comprendre, dans une sorte de quitte ou double. « Elle sera attendue, prévient Arnaud Join-Lambert. Demain, la question du lien sera centrale, et on ne pardonnera pas aux catholiques de ne pas être présents. »
Dans La Libre, publié le 12-05-2020, par Bosco d’Otreppe. https://mcusercontent.com/…/9e79059e-aff8-…/20200512_LLB.pdf

Et par Vincent Delcorps (connu chez nous comme collaborateur au Centre Avec) sur le site Cathobel et Dimanche

Le confinement : une chance pour nos paroisses ?  12 mai 2020

Eglises vides et sacrements annulés. La crise actuelle affecte directement la vie de nos communautés. Mais elle suscite aussi des initiatives nouvelles et des gestes de solidarité. Derrière le drame se cache une opportunité. Et si c’était l’occasion d’inventer les paroisses de demain?

C’est l’histoire d’un projet. Cette paroisse brabançonne voulait créer un site web. On en parlait depuis des mois; on le postposait depuis autant de temps. Puis, soudain, parut le coronavirus. Face à l’urgence, quelques geeks se mirent à l’ouvrage. Et le site web apparut. En quelques clics.

C’est l’histoire d’une newsletter. En temps ordinaire, elle était envoyée une fois par semaine aux amis de cette église bruxelloise. Et déjà, elle avait son petit succès. Puis, soudain, parut le coronavirus. La newsletter fut envoyée trois fois par semaine, tripla de volume, et devint un best-seller. « Je n’ai jamais autant lu la lettre », témoigne un paroissien. « En plus des infos, elle m’offre un vrai moment de recueillement. »

C’est l’histoire d’un prêtre hennuyer. En charge d’une unité pastorale reliant dix-huit clochers, il devait, d’ordinaire, se diviser. Puis, soudain, parut le coronavirus. Il décida alors de se multiplier. Du 1er au 17 avril, il prit la route. Chaque après-midi, il s’installa dans l’une des églises, invitant ceux qui le souhaitaient à le rejoindre… tout en respectant les mesures de distanciation. « Je n’ai jamais autant prié que durant ces 17 jours », relit aujourd’hui le clerc. « Comme prêtres, nous avons souvent du mal à trouver de la place pour la prière dans notre travail pastoral. Cette mission itinérante de prière m’a permis de prendre du temps pour l’essentiel. »

Trois exemples. Parmi beaucoup d’autres. Trois initiatives qui ont germé. Et qui pourraient durablement inspirer. Au fond, et si ce confinement offrait à nos communautés l’occasion d’un renouveau?

Une crise sur une autre

Des églises vides, des célébrations annulées, des sacrements reportés… Soyons clair: c’est une période compliquée que traversent nos paroisses. Sur le plan individuel, bien des fidèles ont souffert de vivre la Semaine sainte confinés. Ils regrettent de ne pouvoir communier, d’être éloignés de leurs frères et sœurs. Sans même penser à ceux qui n’ont pu offrir un dernier au revoir à un proche disparu… Sur le plan communautaire, les choses sont aussi difficiles. Des dynamiques sont suspendues, des pélés sont annulés, des projets sont reportés. Et puis, il y a l’incertitude. Quand pourrons-nous retrouver notre paroisse? Célébrer comme avant? Et même: pourrons-nous un jour célébrer comme avant? A ces questions, pour l’heure, point de réponse.

Ce n’est pas tout: cette crise du confinement éclate alors que nos paroisses traversent une période déjà difficile. Sous nos contrées, l’Eglise est en pleine mutation. Les assemblées vieillissent, des clochers sont désacralisés, les prêtres se font rares… Certaines communautés sont fragiles; survivront-elles à l’épreuve du confinement?

A toute vitesse

Retour en arrière. Le 2 mars, par communiqué, les évêques de Belgique demandent aux fidèles d’adopter diverses mesures de précaution lors des assemblées. L’eau est enlevée des bénitiers, les baisers de paix deviennent suspects. Certains paroissiens rigolent encore; ce n’est pourtant que le début. Dix jours plus tard, l’Eglise suspend les célébrations publiques. La mesure est radicale. Brutale. Les paroisses sont prises de court. « Dans les premiers jours, j’ai été complètement déstabilisé », reconnaît Philippe Pardonce, curé de l’Unité pastorale de Gerpinnes. « Car c’est précisément lors des célébrations publiques que je pouvais voir les paroissiens et leur donner des conseils pour vivre individuellement leur vie de foi. Sans être en infraction, j’ai rassemblé en dernière minute les membres de l’équipe d’animation pastorale. Mais à l’époque, je ne savais pas encore si les églises pourraient rester ouvertes… »

Même sentiment d’urgence à Bruxelles. « A toute vitesse, il a fallu inventer d’autres manières de faire Eglise », témoigne Anne Peyremorte, coordinatrice de l’Unité pastorale du Kerkebeek. « Cela s’est fait avec les moyens du bord, avec le sentiment de bricoler. Et en même temps, de partout venaient des idées. » La communauté dégage quelques priorités: garder un lien communautaire vivant, éviter de faire maladroitement ce que des professionnels pourront assumer, veiller à ouvrir la communauté sur l’Eglise et le monde, rester proches des plus vulnérables. Dans la foulée, des initiatives fleurissent.

Un joli bouquet

Etonnante floraison. Voilà qu’un professeur de violoncelle vient offrir ses notes tout au long de la Semaine sainte. Qu’un membre d’une Fabrique d’Eglise illumine l’église vide au seuil de la veillée pascale. Que quelques fidèles glissent le nom de personnes isolées à des prêtres qui pourront leur téléphoner. « En fait, la majorité des initiatives ne me sont pas connues », reconnaît Anne Peyremorte. « A mon sens, les plus belles viennent de personnes qui, au nom de leur baptême, font vivre et vibrer l’Eglise autour d’elles de manière très simple, à la mesure de leurs moyens. »

Evidemment, d’une paroisse à l’autre, les priorités varient. Questions de vision. De moyens aussi. « On a la chance d’avoir quelques personnes compétentes qui, grâce à Facebook, ont pu assurer la retransmission de célébrations en live », témoigne Damien Desquesnes, vicaire à la paroisse Saint-François de Louvain-la-Neuve. « Il a fallu un peu de temps pour ajuster le tir, mais le service rendu est de qualité. Et il aide les paroissiens à rester plongés dans la vie liturgique. » Sur la page Facebook de la paroisse, les commentaires sont élogieux: « Heureuse d’être parmi vous pour ce moment de partage », « merci pour cette célébration dont nous avons besoin »…

Discerner de nouveaux lendemains 

Bien sûr, le temps de la relecture n’est pas encore venu. Il n’empêche. Ceux qui en ont l’occasion se mettent déjà à penser: de quoi ce confinement est-il le signe – ou l’annonce? A quoi invite-t-il l’Eglise – ou contre quoi la met-elle en garde? Car, l’air de rien, les questions soulevées ne sont pas minces. Quel est l’essentiel pour un croyant? Qu’est-ce qui manque vraiment en ce temps de confinement? Peut-on concevoir une vie de foi sans prêtre? Certains le susurrent: la période pourrait préfigurer cette « Eglise en sortie » à laquelle nous appelle le pape François…

A Bruxelles, Claude Lichtert suggère de ne pas trop attendre pour réfléchir. Ce prêtre est responsable du service Formation du Vicariat. « Dans cette fonction, on a le luxe, et même le devoir, de poser des questions qui dérangent, de prendre du recul », explique-t-il. « Je veux bien jouer ce rôle de poil à gratter. » L’homme n’a pas traîné. Début avril, il a proposé d’organiser une petite enquête auprès des unités pastorales de la capitale. Parmi les questions, celle-ci: « Quelles sont les activités maintenant suspendues dont je souhaiterais qu’elles ne reprennent pas? » Claude Lichtert s’explique: « Pour bien des personnes engagées dans l’Eglise, cette période est belle. Je sens les gens apaisés. Ils ne sont plus envahis de réunions, sont davantage disponibles pour l’écoute… » Supprimer certaines choses? Pour en inventer d’autres? « C’est maintenant qu’il s’agit de réenvisager notre ecclésialité post-confinement. C’est même peut-être maintenant ou jamais », pressent Claude Lichtert. « J’aimerais que l’Eglise se décléricalise. Qu’elle puisse offrir des lieux d’échange et de rencontre, ouverts aux personnes qui y sont engagées comme aux autres. »

A quoi ressemblera l’Eglise de demain? Toutes les personnes que nous avons interrogées le pressentent: pour nos communautés, il y aura un avant et un après. « Le confinement et ce qui s’ensuivra nous obligeront à vivre des changements, à détrôner les habitudes », prédit Philippe Pardonce. « Mon unité pastorale sortira sûrement différente de ce temps », abonde Anne Peyremorte. « J’espère que ce sera avec force et avec joie, avec des chrétiens debout, continuant à déployer leur vocation baptismale. »

Vincent DELCORPS

*vous aurez remarqué le clin d’œil à st Jean Berchmans… (Lettre Bonjour qui a triplé de volume durant le carême… qui devint un « best-seller » en augmentant largement le nombre de destinataires, 590 à ce jour).

A quand la réouverture?

       Le Bonjour des amis

Eglise st Jean Berchmans ° st Michel- 25.04.2020

Quelques nouvelles de l’église….  Oui elle est si vide, mais éclairée… et il y a toujours Quelqu’un et quelques autres de passage … Certes il y fait un peu frais…  Vous êtes nombreux à interroger sur le moment où les célébrations pourront reprendre… Ce matin RTL TVi m’appelait en posant des questions que vous posez aussi. Voir ci-bas ma réponse telle qu’elle est sur le site web RTL.

Plus concrètement, quand nous pourrons célébrer à nouveau dans l’église et à ND des Apôtres, il y aura certainement la question des distanciations à respecter et d’autres règles à observer. Autant déjà se préparer à un non-retour-à-comme-avant… Mais difficile d’en dire plus aujourd’hui 25 avril. 

En attendant, nous poursuivons les eucharisties célébrées entre jésuites, et diffusées par le Facebook/Tommy Scholtes.

Nous faisons aussi quelques travaux d’aménagement avec l’équipe sono. Un nouveau Wifi a été installé à la chapelle ND des Apôtres ainsi qu’un rétroprojecteur qui permet d’afficher textes et images sur les murs.

15 haut-parleurs ont été remplacés dans l’église, ceux qui se trouvaient le long des murs. Ils avaient plus de 25 ans.

Si vous voulez (pouvez…) nous aider pour le financement… d’autant plus qu’il n’y a plus de collectes comme vous savez depuis plus d’un mois… votre soutien sera plus que bienvenu :

Compte bénéficiaire (IBAN) :             BE76  0016  7006  8295

Communication :  soutien aménagement sono Covid19

Le service Téléphonique Mitel est en place et fonctionne. N’hésitez jamais… Il y a presque tout le temps quelqu’un au bout du fil… 02739 33 65

Quand les églises belges vont-elles rouvrir ? Les Évêques de Belgique donnent une indication à ce sujet

Le coronavirus en Belgique touche aussi les églises et autres lieux de cultes. Les fidèles aimeraient beaucoup pouvoir profiter à nouveau de célébrations religieuses, mais les instances officielles, elles, préfèrent rester prudentes.

L’ouverture des églises et lieux de culte fait beaucoup parler. Nombreux sont les fidèles qui demandent à pouvoir à nouveau profiter de célébrations religieuses, qui sont aujourd’hui fermées au public. Le Conseil National de Sécurité a avancé l’hypothèse d’autoriser un plus grand nombre de personnes à assister à des funérailles, mais aucune autre information n’a été communiquée. Pour Tommy Scholtes, porte-parole des Évêques de Belgique, il est aujourd’hui possible d’envisager une réouverture des églises. Mais cela ne se fera pas dans la précipitation. « Nous sommes demandeurs, nous aimerions reprendre nos célébrations rapidement », explique-t-il. « Mais nous sommes dans un scénario de mélange intergénérationnel. Il s’agit du pire scénario possible, parce que cela concerne toute la société et exige le respect de règles strictes », tempère-t-il ensuite. « C’est possible de mettre cela en place, mais cela demandera du temps ».

Des conditions strictes

Pour pouvoir rouvrir les églises, Tommy Scholtes estime nécessaire de suivre le déroulement de la reprise des cours. « Eux aussi mélangent les générations. Si la rentrée scolaire du 18 mai est positive et se passe bien, nous pensons que nous pourrons faire partie du train suivant », détaille le porte-parole des Évêques de Belgique.

S’il est difficile d’avancer une date précise, il est cependant possible de donner quelques indications. « Nous devons accepter que le mélange de générations rend ces ouvertures compliquées », précise tout de suite Tommy Scholtes. « Nous ne pouvons pas prendre de risques inutiles, nous voulons éviter d’être un pôle à risque. Selon moi, nous pourrions, selon l’évolution de la situation, envisager une réouverture entre le 18 mai et le 8 juin »

Tout ceci reste évidemment très hypothétique. Le centre de crise indique d’ailleurs que la décision reviendra aux régions, qui auront sans doute accès à des recommandations. Tommy Scholtes, lui, confirme que des discussions concernant les églises auront lieu dans les prochaines semaines. »

Réflexion

Alors que le temps paraît s’allonger,
Se lisser, s’éterniser,
L’annonce d’un événement fait effet
Déjà de semi-levier :

Dès le 3 mai
Quelque chose devrait changer,
Nous dit-on,
Qui devrait, nous voulons ô combien le croire,
Changer quelque chose
Au cadran de nos montres et cerveaux,
Y apporter quelques iotas de nouveauté,
Avec leur vertu, en quelque sorte,
De nous donner de retrouver
Tout ce long temps perdu…

Un quelque chose que l’on attend,
Que l’on espère,
Que l’on voudrait capable
D’intensifier, de renouer
Tant de nos relations,
Dépecées et outrageusement calibrées
Depuis le début d’un confinement
Qui dure et s’étire…

À lire l’évangile de ce mardi
De la deuxième semaine de Pâques (Jean 3),
On découvre soudain,
Comme si cela nous avait échappé, en fait,
Comme si était resté caché
Depuis des millions d’années,
Au plus loin de nos mémoires,
Effacé de nos consciences, enkysté, refoulé
Malgré la ritualisation et la répétition
De son annonce et de sa célébration…

On redécouvre le « b a ba »
De notre vocation à « être en Christ »,
Notre vocation de baptisés,
La réalité de vie que Jésus nous a révélée
En son passage parmi nous
Sur la terre de Palestine,
Il y a…
Si peu d’années au fond…
(Car que sont 2000 et quelques ans
Au regard des années-lumière
De la création en son évolution ?)

Ce « b a ba » résonne
Dans l’évangile de ce jour,
Au cœur des paroles échangées
Entre Jésus et Nicodème.

Il sonne le glas de nos secondes,
Montres, calendriers,
De nos morbiers et pendules
À ponctuer le temps
En heures, mois, années :

« En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème :
« Il vous faut naître d’en haut.
Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix,
mais tu ne sais ni d’où il ne vient ni où il va.
Il en est ainsi pour qui est né
Du souffle de l’Esprit. »

Naître du Souffle de Dieu,
Naître de son Esprit…
Il le fallait donc ?
Ne le faut-il dès lors
Plus que jamais
Encore ?

Naître à nouveau,
Non du sein retrouvé d’une mère,
Mais de l’action créatrice
Du pneuma divin…

« Comment cela peut-il se faire ? »,
Questionne Nicodème,
Et nous avec !

« Jésus lui répondit :
« Amen, amen, je te le dis :
À moins de naître d’en haut,
On ne peut voir le royaume de Dieu… »

« Amen, amen, je te le dis :
Personne, à moins de naître
De l’eau et de l’Esprit,
Ne peut entrer dans le royaume de Dieu.
Ce qui est né de la chair est chair ;
ce qui est né de l’Esprit est esprit.
Ne sois pas étonné si je t’ai dit :
Il vous faut naître d’en haut.
Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix,
mais tu ne sais ni d’où il ne vient ni où il va.
Il en est ainsi pour qui est né
du souffle de l’Esprit. »

Il y a donc bien temps… et temps,
Durée perçue, mesurée… et éternité,
Naissance de chair…, naissance d’Esprit.

Si nous utilisions le temps qui passe,
Cet espace-temps jusqu’au 27 avril,
Jusqu’au 11 mai, jusqu’au 8 juin
Et jusqu’à tout le temps après…
Pour invoquer l’Esprit du Dieu vivant
Et le supplier de nous prendre
En cette naissance d’en-haut,
De nous y établir,
Dans la foi et l’espérance,
Dans cette charité
D’une vie en Lui trouvée à neuf,
Accueillie en sa simplicité,
Son amour intense et secret ?

Ce serait Pâques, vraiment,
En sa fécondité quotidienne,
Pâques en sa réelle gouvernance,
Venant du ciel, y retournant,
Pâques de Jésus fructifiant
Habitant le creux de notre temps,
Le convertissant en instants vivants,
En moments d’éternels commencements.

Sœur Isabelle Donegani (21.04.20, Suisse)

Une spiritualité pour des temps étranges

Le P. Brendan McManus sj, jésuite irlandais puise dans la spiritualité de saint Ignace de Loyola pour formuler dix conseils afin d’affronter la crise du Covid-19.

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Le P. Brendan McManus sj est l’auteur d’une série de livres comme entre autres Finding God in the Mess et Deeper in the Mess, écrits en collaboration avec Jim Deeds. Ils partagent une approche très terre-à-terre de la spiritualité dans la lignée de saint Ignace de Loyola qui presse ses compagnons et les gens de son temps à “chercher Dieu en toutes choses”.

Dans son introduction à ces dix conseils, le P. Brendan McManus sj écrit :

“Nous vivons un moment particulièrement éprouvant dans l’histoire de l’humanité. La crise du coronavirus est pour beaucoup source de préoccupations. Ils s’interrogent sur leur manière d’agir et sont minés par la peur.

Certains auront tendance à se comporter de manière égoïste ou irrationnelle. Leurs émotions les empêchent souvent de prendre de bonnes décisions.

Nous avons déjà vu des exemples de personnes qui se comportent de manière irresponsable, achetant et accumulant par panique au mépris des règles d’hygiène de base comme le respect des distances ou le lavage des mains. D’autres se font les chantres de théories de complot, d’autres encore spiritualisent le problème en y voyant des fléaux envoyés par Dieu et pensent naïvement que la foi en Dieu seule les protègera contre le virus.

Mais il y a aussi des exemples de véritable héroïsme (surtout de la part de ceux qui sont en première ligne), de bonne volonté, de solidarité humaine et de courage. Il y a toujours une issue, les peuples qui sont dans les ténèbres trouvent toujours le chemin de la lumière.

Saint Ignace de Loyola est un survivant : il a survécu à une blessure mortelle, à la convalescence, à une vie passée à mendier sur des routes et à une époque de grandes incertitudes. Il a développé une approche pour vivre dans les difficultés, basée sur son expérience et en utilisant des règles de base. En m’appuyant sur ses idées, j’aimerais humblement offrir quelques réflexions et conseils pratiques qui, je l’espère, seront de quelque utilité.”

  1. Vivre dans le réel

La première chose est d’accepter cette nouvelle réalité, cette nouvelle “normalité” qui s’impose à nous. C’est une transition douloureuse, un changement difficile à mesurer, alors que nous restons souvent accrochés au passé. Des choses élémentaires de la vie quotidienne comme se serrer la main, sortir ensemble et même aller à l’école ou au travail sont remises en question de manière radicale. La phrase bien connue d’Ignace “trouver Dieu en toutes choses” exige de nous que nous trouvions la paix et habitions cette réalité nouvelle que nous n’avons pas choisie. La première chose est donc d’accepter cet état de fait comme un nouvel état “normal”. Nous devons suivre de nouvelles consignes et nous sommes tous appelés à changer certains comportements pour nous protéger et surtout pour protéger les autres, en particulier ceux que l’on considère comme plus vulnérables ou qui ont une santé fragile. Ici, les sciences médicales dictent notre approche et c’est d’autant plus légitime que ce sont les institutions médicales qui supportent l’essentiel du poids de la situation. Ce n’est pas le moment de développer des théories particulières, des approches alternatives ou des méthodes qui n’ont pas fait leurs preuves.

  1. Affronter tes peurs

Il est normal de ressentir des peurs profondes, de l’angoisse, et de se sentir préoccupé face à la situation actuelle, mais il est tout aussi important de ne pas se laisser dominer par elles. La peur n’est pas bonne conseillère et ne doit pas nous guider, car elle s’avère en fin de compte paralysante. Saint Ignace de Loyola nous recommande d’agir directement contre des forces négatives comme la peur, lesquelles ne mènent pas à une bonne prise de décision. Il utilise pour cela l’expression agere contra, ce qui signifie “agir à l’opposé”. La clé ici pour saint Ignace de Loyola est d’aller à l’encontre de ces forces, d’être proactif et de ne pas baisser les bras. On pourrait résumer cela en quelques mots : “ressens la peur et agis ensuite de la meilleure manière possible”. Considère que tu es mortel et combien la crise actuelle met en relief la fragilité de la vie. Le paradoxe est que, si nous acceptons cela, nous pourrons vivre la vie en vérité et agir comme il convient. Chaque nouveau jour est un don, on l’emprunte à l’avenir. Le fait que nous existions est déjà en soi un miracle. Normalement, nous sommes tellement habitués à vivre que nous prenons le don de la vie comme un dû. Or c’est le divin qui nous tient et nous aime. Prenons le temps pour considérer et laisser descendre en nous cette pensée vivifiante. Il n’y a pas à en avoir peur. En fait, c’est même l’occasion de mettre de l’ordre dans nos affaires, de faire le point, de reconnaître échecs et triomphes et d’y percevoir la main de l’Esprit Saint. Réfléchissons à la question posée par la poétesse Mary Oliver : “Que feras-tu de ta vie, sauvage et précieuse ?”

  1. Éviter les extrêmes

Des situations extrêmes peuvent nous mener à des réactions extrêmes. Un extrême est d’être tellement dépassé que sommes paralysés par la peur et incapables de mettre en pratique les instructions qui nous sont demandées pour combattre le virus. L’autre extrême est la tentation de nier ou de sous-estimer les risques. Si tu es jeune, tu peux te croire résistant à tout ou si tu es âgé, tu te trouves apathique et démotivé. Dans les deux cas la question inutile “qu’est-ce que j’en ai à faire” risque d’être le moteur de ton action. Entre ces deux extrêmes, il y a la place où la plupart d’entre nous sont appelés à nous situer. Nous pouvons dès lors prendre toutes les précautions requises et trouver une manière de vivre avec ces limites imposées, dans un équilibre d’attention à soi et aux autres. Le but est d’accepter la situation et de prendre des mesures raisonnables et adaptées en trouvant, espérons-le, du sens et un but pour vivre cette nouvelle réalitéSaint Ignace de Loyola utilise le mot “discernement” pour indiquer comment prendre de bonnes décisions. Cela nécessite de prendre le temps, d’être conscient du tiraillement des extrêmes tout en recherchant ce qui est le plus raisonnable. Cela demande également de bien peser les alternatives, de prendre conseil et d’en évaluer les fruits.

  1. Viser la lumière

Un des points majeurs de notre foi chrétienne est que, quand nous sommes entourés de ténèbres, nous sommes aussi appelés à rester fidèles et à nous laisser guider par la lumière, aussi ténue soit-elle. Gardons en mémoire la dynamique de la Croix. C’est dans les moments d’obscurité et d’abandon apparent que Dieu est à l’œuvre de la manière la plus puissante. Dieu est aussi avec nous dans le désordre des choses. La joie de la Résurrection suit toujours l’angoisse de la Croix. Il est important de reconnaître qu’ici aussi, nous avons à poser des choix et il est important de savoir comment nous agissons. Nous devons assumer des responsabilités et agir avec sagesse, sans être paralysé par la peur ou à l’opposé agir sous le coup de l’impulsivité – par exemple en achetant et en accumulant. De nouvelles opportunités s’ouvrent à nous pour être davantage solidaires, pour soutenir les autres et construire la communauté. Étrangement, les smartphones et les réseaux sociaux offrent de parfaites solutions pour garder la distance tout en restant en contact, de telle sorte que les gens ressentent notre présence.

  1. Garder un équilibre

En temps de crise ou de tempête, il est très important d’être enraciné pour ne pas être balloté à tout vent. Saint Ignace de Loyola recommande de garder les yeux fixés sur le chemin, un pas après l’autre, en avançant résolument. C’est l’image d’un voyage ou d’un pèlerinage : on reste attentif à ses pieds et on fait confiance au sentier. Cela implique que la base soit acquise : repos, structure, régime, exercice physique, des relations sociales adaptées et de l’occupation. Le danger dans ces temps de remous sociaux importants est que les gens soient effrayés, énervés et agissent irrationnellement. Nous risquons de perdre de vue l’importance d’assurer d’abord les fondements, de détourner notre regard de la route pour regarder la tempête. Certes, on peut comprendre que cela arrive, mais nous avons aussi le pouvoir de contrôler notre propre comportement et notre bien-être physique et mental. Cela implique d’être attentifs à nos besoins humains et leur apporter une réponse saine et équilibrée.

  • Bien manger, éviter le grignotage ou la malbouffe.
  • Faire de l’exercice physique en ne restant pas trop longtemps assis.
  • Rester connectés aux autres, ne pas rester trop isolé.
  • Essayer de faire bon usage du temps qui nous est donné en mettant en place des structures et des habitudes.

C’est un défi, mais c’est possible. On compte généralement entre six et sept semaines pour mettre en place une nouvelle routine. Prendre de bonnes habitudes est un gage de réussite. Faisons-le peu à peu, un pas après l’autre, mais continuons d’avancer.

  1. Évaluer ses points faibles

Saint Ignace de Loyola recommande de renforcer nos défenses quand nous sommes attaqués et il nous rappelle que ce sont souvent nos faiblesses et nos vulnérabilités qui sont exploitées. Il prend l’image d’un château assiégé. Les envahisseurs ne prennent pas l’entrée principale d’assaut, mais ils cherchent une porte arrière qui n’est pas gardée ou bien une faille dans la muraille. La crise sanitaire que nous connaissons réveille de profondes peurs de perte de contrôle, de structures qui s’écroulent, etc. Cela peut facilement alimenter une faiblesse préexistante, des soucis, des obsessions et des comportements extrêmes (pensons par exemple à quelqu’un qui souffre de troubles compulsifs obsessionnels : il sera facilement envahi par des angoisses de contamination). Une règle ignatienne de base dans ces cas est de travailler sur les points faibles et de les combattre. Si, par exemple, je reconnais que je suis d’un naturel peureux ou anxieux, je me concentrerai d’abord sur ces points-là. Cela renforce la confiance en soi. J’ai maintenant une stratégie. Je ne dois pas tout réparer, mais en faire juste assez pour boucher les trous. Peut-être des techniques psychologiques peuvent être utiles comme la Thérapie Cognitive Comportementale, laquelle s’interroge sur la rationalité de certaines pensées. Ou bien une prière centrée peut aider à ce que la grâce de Dieu se porte sur de vieilles blessures.

  1. La vraie prière

Nous vivons un temps propice à la prière. Elle est une réponse naturelle à l’incertitude et à une perte de contrôle. Elle nous permet d’être en communication avec le divin. Elle nous donne d’agir et de vivre sans peur. La prière peut être aussi simple qu’une conversation ou un dialogue avec le créateur, la source de notre être. La clé est de nous présenter à Dieu tel que nous sommes, avec nos peurs et nos tracas et lui demander son aide et son accompagnement. Confie tout à Dieu, toutes nos peurs et nos soucis. Cela peut être difficile, dans la mesure où nous voulons garder le contrôle. Il est difficile de demander de l’aide alors que la culture moderne méprise l’idée du divin et toute autre manière de vivre que l’existence individuelle et solitaire dans un monde matériel. Cependant, il y a autre chose qui est en jeu dans les temps extraordinaires que nous connaissons. La précarité de la vie se révèle à nous. Nous comprenons mieux que nous sommes interconnectés et en recherche d’une communauté. Il y a là un appel à embrasser notre humanité avec ses limites tout en reconnaissant notre besoin d’un amour plus grand. Il ne s’agit pas d’une théorie ou d’un concept, mais bien d’une expérience. Essayons et regardons ce qui se passe.

  1. Concentre-toi sur ce que tu peux faire

Il y a bien entendu beaucoup de choses que nous n’avons pas le droit de faire sans contrevenir aux directives officielles, mais il y en a beaucoup que nous pouvons faire sans risque. Nous pouvons regarder la crise comme une opportunité pour nous améliorer, devenir meilleur et aider les autres et ne pas rester dans la négativité et dans la peur. Essayons de cheminer vers la gratitude, en remerciant pour les petites choses. Prenons un moment en fin de journée pour la relire et repérer les moments de lumière qui ne peuvent se voir qu’avec perspicacité et réflexion. Développer la gratitude est un puissant antidote contre la négativité et l’apathie.

Il y a un bon nombre d’exemples d’actions positives que bien des personnes font déjà. Nous pouvons d’ores et déjà :

  • Être en lien avec les voisins, surtout les personnes âgées ou vulnérables.
  • Rester en forme en surveillant son alimentation, en veillant à garder un équilibre de vie et en sortant prendre l’air.
  • Bien utiliser notre temps, commencer de nouveaux loisirs.
  • Saisir l’opportunité pour construire et renforcer les relations avec la famille et les amis.
  • Considérer ce dont nous pouvons nous passer.
  • Tous nous avons des dons et des talents, quelque chose à offrir aux autres.

Nous pouvons prier avec le problème, tout en gardant notre attention mobilisée sur les solutions.

  1. Le plus grand bien

Il y a un dilemme dans la théorie des jeux qui veut qu’un joueur seul reçoive une faible récompense s’il joue égoïstement, mais qu’en jouant collectivement, ils reçoivent ensemble une récompense bien plus grande. C’est une parfaite illustration de ce que nous vivons pour le moment. Agir égoïstement en accumulant des réserves de denrées et en ne se protégeant que soi-même, est une stratégie de court terme. Chacun sait que la seule solution qui fonctionne sur le long terme est de collaborer. “Il y a assez à manger pour tout le monde”, tel est le mantra des supermarchés, mais ce n’est vrai que si les gens agissent avec modération et d’une manière responsable. Voilà une vérité qui donne à réfléchir. Chacun est appelé à garder son calme et à coopérer pour faire un bon usage des denrées alimentaires et des ressources médicales. Nous devons coopérer et nous supporter pour vivre cela sur le long terme, pendant des mois. Sortir de soi pour aller vers les autres nous décentre de nous-mêmes pour le bien du donneur comme de celui qui reçoit. Saint Ignace de Loyola nous dit que “l’amour se montre davantage dans les actes que dans les mots”. Nous ne devons pas sous-estimer l’impact d’un mot, d’un texte ou d’une prière pour un autre en ces moments exceptionnels que nous connaissons.

  1. Prendre de bonnes décisions

Maintenant plus que jamais, nous devons nous assurer de prendre les bonnes décisions. Certains aspects fondamentaux des consignes sanitaires demandent que nous fassions les bons choix. Si nous manifestons certains symptômes de la maladie par exemple, il est important de rechercher l’aide médicale nécessaire ou bien de faire des tests. Il est tout aussi crucial de protéger les autres par notre comportement responsable, quitte parfois à nous retirer, à prendre nos distances. Certaines règles ignatiennes pour le discernement peuvent s’avérer utiles ici : rassembler un maximum d’informations, porter de bons jugements sur les situations et sur les gens et agir de manière responsable et socialement éthique. Inévitablement, nous rencontrerons des personnes aux prises avec des décisions complexes et difficiles à prendre, car elles impliquent d’autres personnes, parfois elles-mêmes vulnérables. Elles auront besoin de conseils, de consulter sagement et de décider la tête froide. Pour chacun de nous, il est particulièrement important de ne pas paniquer et de ne pas se laisser dicter notre comportement par les émotions. Il est bien-sûr tout à fait compréhensible en ces circonstances sans précédent que nous ressentions de fortes émotions, mais elles peuvent s’avérer être un obstacle à une bonne prise de décision. Il peut être utile de faire la liste du pour et du contre, de prendre le rôle de notre propre avocat du diable et d’essayer de trouver des solutions créatives aux problèmes. Saint Ignace de Loyola insiste sur le fait qu’en période d’agitation, nous ne changions pas les décisions fermes que nous avions prises auparavant et surtout, que nous évitions de paniquer en prenant des décisions inconsidérées sous l’effet de la peur.

Le véritable sens du Carême

Pour les chrétiens, notre manière de comprendre le Carême est mise à rude épreuve, alors que nous essayons de répondre au défi de trouver Dieu dans la situation nouvelle et effrayante que nous vivons. Nous devrons sans doute changer des habitudes et des convictions anciennes alors que nous marchons résolument, pas à pas, le long du chemin sur lequel Dieu nous conduit dans ces temps d’incertitude. “C’est l’amour que je veux et non les sacrifices”, nous dit le prophète en nous révélant le projet de Dieu. Cela nous conduit tout droit vers l’essentiel, vers la conviction qu’il y a un sens et une raison dans notre comportement quand nous le faisons de manière responsable et avec compassion.

Cette aventure est porteuse d’une espérance qui frayera son chemin en traversant cette crise, tout comme la Croix n’est pas la fin. Comme l’a dit le pape François : “Ce sentier est difficile, tout comme l’amour est difficile, mais c’est un sentier plein d’espérance. Je dirais même plus : l’exode du Carême est en fait le chemin sur lequel l’espérance prend forme”.

P. Brendan McManus sj,
Traduit de l’anglais

Les églises fermées, un signe de Dieu ?

Dans LA VIE. Publié le 24/04/2020 à 11h21 – Tomás Halik

 
 Le Père Tomas Halik (en photo), professeur de sociologie à l’université de Prague, nous livre une analyse décapante sur la fermeture des églises face au coronavirus. Ondrej Deml/AP/SIPA

Le Père Tomas Halik (en photo), professeur de sociologie à l’université de Prague, nous livre une analyse décapante sur la fermeture des églises face au coronavirus.

L’Église doit sortir de son confinement spirituel, estime Tomás Halík, le grand intellectuel tchèque. La Vie publie la version française d’un texte sur le covid-19 qui suscite déjà le débat en Europe et aux États-Unis. Professeur de sociologie à l’université de Prague, l’auteur a été ordonné prêtre clandestinement durant le régime communiste.

« Lors de grandes calamités, il est naturel de se préoccuper d’abord des besoins matériels pour survivre. Mais on ne vit pas que de pain. Le temps est venu d’examiner les implications plus profondes de ce coup porté à la sécurité de notre monde. L’inéluctable mondialisation semble avoir atteint son apogée. La vulnérabilité générale d’un monde global saute maintenant aux yeux. Quel genre de défi cette situation représente-t-elle pour le christianisme, pour l’Église et pour la théologie ?

L’Église devrait être un « hôpital de campagne ». Par cette métaphore, le pape veut dire que l’Église ne doit pas rester dans un splendide isolement, mais doit se libérer de ses frontières et apporter de l’aide là où les gens sont physiquement, mentalement, socialement et spirituellement affligés. Oui, c’est comme cela que l’Église peut se repentir des blessures infligées tout récemment par ses représentants aux plus faibles.

Si l’Église doit être un « hôpital », elle doit bien sûr offrir les services sanitaires, sociaux et caritatifs qu’elle a offerts depuis l’aube de son histoire. Mais en tant que bon hôpital, l’Église doit aussi remplir d’autres tâches. Elle a un rôle de diagnostic à jouer, en identifiant les « signes des temps ». Un rôle de prévention, en créant un « système immunitaire » dans une société où sévissent les virus malins de la peur, de la haine, du populisme et du nationalisme. Et un rôle de convalescence, en surmontant les traumatismes du passé par le pardon.

Les églises vides, un signe et un défi

L’an dernier, juste avant Pâques, Notre-Dame de Paris a brûlé. Cette année, pendant le Carême, il n’y a pas eu d’offices religieux dans des centaines de milliers d’églises sur plusieurs continents, ni dans les synagogues et les mosquées. En tant que prêtre et théologien, je réfléchis à ces églises vides ou fermées comme un signe et un défi de Dieu.

Comprendre le langage de Dieu dans les évènements de notre monde exige l’art du discernement spirituel, qui à son tour appelle un détachement contemplatif de nos émotions exacerbées et de nos préjugés, ainsi que des projections de nos peurs et de nos désirs. Dans les moments de désastre, les « agents dormants d’un Dieu méchant et vengeur » répandent la peur. Ils en font un capital religieux pour eux-mêmes. Pendant des siècles, leur vision de Dieu a apporté de l’eau au moulin de l’athéisme.

Je ne vois pas Dieu comme un metteur en scène de mauvaise humeur, assis confortablement dans les coulisses des évènements. Je le vois plutôt comme une source de force, opérant chez ceux qui font montre de solidarité et d’amour désintéressé dans de telles situations. Oui, y compris ceux qui n’ont pas de « motivation religieuse » pour leur action ! Dieu est amour humble et discret.

N’avons-nous pas déjà été avertis par ce qui se passe dans de nombreux pays, où de plus en plus d’églises, de monastères et de séminaires se vident et ferment leur porte ?

Mais je ne peux m’empêcher de me demander si le temps des églises vides et fermées n’est pas une sorte de vision nous mettant en garde contre ce qui pourrait se passer dans un avenir assez proche : c’est à cela que pourrait ressembler dans quelques années une grande partie de notre monde. N’avons-nous pas déjà été avertis par ce qui se passe dans de nombreux pays, où de plus en plus d’églises, de monastères et de séminaires se vident et ferment leur porte ? Pourquoi avons-nous pendant si longtemps attribué cette évolution à des influences externes (« le tsunami séculier ») au lieu de comprendre qu’un autre chapitre de l’histoire du christianisme arrive à son terme et qu’il est temps de se préparer pour un nouveau ?

Cette époque de vide dans les bâtiments d’église révèle peut-être la vacuité cachée des Églises et leur avenir probable, à moins qu’elles ne fassent un sérieux effort pour montrer au monde un visage totalement différent. Nous avons beaucoup trop cherché à convertir le monde et beaucoup moins à nous convertir nous-mêmes par un changement radical de l’ « être chrétien ».

Quand l’Église médiévale a fait un usage excessif des interdits comme sanction et que ces « grèves générales » de toute la machine ecclésiastique signifiaient que les services religieux n’avaient plus lieu et que les sacrements n’étaient plus administrés, les gens ont commencé à rechercher de plus en plus une relation personnelle avec Dieu, une « foi nue ». Les fraternités laïques et le mysticisme se sont multipliés. Cet essor du mysticisme a sans aucun doute contribué à ouvrir la voie à la Réforme. Non seulement celle de Luther et de Calvin mais aussi la réforme catholique, liée aux Jésuites et au mysticisme espagnol. Peut-être que la découverte de la contemplation pourrait aider à compléter la « voie synodale » vers un nouveau concile réformateur.

Un appel à la réforme

Je ne vois pas en quoi une solution succincte sous forme de substituts virtuels serait une solution suffisante à l’heure où le culte public est interdit. De même, pensions-nous vraiment répondre au manque de prêtres en Europe en important des « pièces de rechange » pour la machinerie ecclésiale à partir d’entrepôts apparemment sans fond en Pologne, en Asie et en Afrique ? Nous devrions accepter l’actuel sevrage des services religieux et du fonctionnement de l’Église comme un kairos, une opportunité pour nous arrêter et nous engager dans une réflexion approfondie devant Dieu et avec Dieu. Cet « état d’urgence » est un révélateur du nouveau visage de l’Église.

Nos paroisses, nos congrégations, nos mouvements et nos monastères devraient se rapprocher de l’idéal qui a donné naissance aux universités européennes : une communauté d’élèves et de professeurs, une école de sagesse, où la vérité est recherchée à travers le libre débat et aussi la profonde contemplation. De tels îlots de spiritualité et de dialogue pourraient être la source d’une force de guérison pour un monde malade. La veille de l’élection papale, le cardinal Bergoglio a cité un passage de l’Apocalypse dans lequel Jésus se tient devant la porte et y frappe. Il a ajouté : aujourd’hui, le Christ frappe de l’intérieur de l’Église et veut sortir. Peut-être est-ce ce qu’il vient de faire.

Où est la Galilée d’aujourd’hui ?

Depuis des années je réfléchis au texte bien connu de Friedrich Nietzsche sur le « fou » (le fou qui est le seul à pouvoir dire la vérité) proclamant « la mort de Dieu ». Ce chapitre s’achève quand le fou va à l’église pour chanter Requiem aeternam deo et demande : « Après tout, que sont vraiment ces églises sinon les tombeaux et les sépulcres de Dieu ? » Pendant longtemps, plusieurs aspects de l’Église me paraissaient de froids et opulents sépulcres d’un dieu mort. Beaucoup de nos églises ont été vides à Pâques cette année. Mais nous avons pu lire chez nous les passages de l’Évangile sur le tombeau vide. Si le vide des églises évoque le tombeau vide, n’ignorons pas la voix d’en haut : « Il n’est pas ici. Il est ressuscité. Il vous précède en Galilée. » Où se trouve la Galilée d’aujourd’hui, où nous pouvons rencontrer le Christ vivant ?

Dans le monde, le nombre de « chercheurs » augmente à mesure que le nombre de « résidents » (ceux qui s’identifient avec la forme traditionnelle de la religion et ceux qui affirment un athéisme dogmatique) diminue. En outre, il y a bien sûr un nombre croissant d’« apathiques » – des gens qui se moquent des questions de religion ou de la réponse traditionnelle qu’on leur donne. La principale ligne de démarcation n’est plus entre ceux qui se considèrent croyants et ceux qui se disent non-croyants. Il existe des « chercheurs » parmi les croyants (ceux pour qui la foi n’est pas un « héritage » mais un « chemin ») comme parmi les « non-croyants », qui, tout en rejetant les principes religieux proposés par leur entourage, ont cependant un désir ardent de quelque chose pour satisfaire leur soif de sens. Là est la Galilée d’aujourd’hui.

À la recherche du Christ parmi les chercheurs

La Théologie de la Libération nous a enseigné à chercher le Christ parmi ceux qui sont en marge de la société. Mais il est aussi nécessaire de le chercher chez les personnes marginalisées au sein de l’Église, parmi ceux « qui ne nous suivent pas ». Si nous voulons nous connecter avec eux comme disciples de Jésus, nous allons devoir abandonner beaucoup de choses.

Il nous faut abandonner bon nombre de nos anciennes notions sur le Christ. Le Ressuscité est radicalement transformé par l’expérience de la mort. Comme nous le lisons dans les Évangiles, même ses proches et ses amis ne l’ont pas reconnu. Nous n’avons pas à prendre pour argent comptant les nouvelles qui nous entourent. Nous pouvons persister à vouloir toucher ses plaies. En outre, où serons-nous sûrs de les rencontrer sinon dans les blessures du monde et les blessures de l’Église, dans les blessures du corps qu’il a pris sur lui ?

Nous devons abandonner nos objectifs de prosélytisme. Nous n’entrons pas dans le monde des chercheurs pour les « convertir » le plus vite possible et les enfermer dans les limites institutionnelles et mentales existantes de nos Églises. Jésus, lui non plus, n’a pas essayé de ramener ces « brebis égarées de la maison d’Israël » dans les structures du judaïsme de son époque. Il savait que le vin nouveau doit être versé dans des outres nouvelles.

Nous devons apprendre à élargir les limites de notre compréhension de l’Église.

Nous voulons prendre des choses nouvelles et anciennes dans le trésor de la tradition qui nous a été confié et les faire participer à un dialogue dans lequel nous devons apprendre les uns des autres. Nous devons apprendre à élargir les limites de notre compréhension de l’Église. Il ne nous suffit plus d’ouvrir magnanimement une « cour des gentils ». Le Seigneur a déjà frappé « de l’intérieur » et est sorti – et il nous appartient de le chercher et de le suivre. Le Christ a franchi la porte que nous avions verrouillée par peur des autres. Il a franchi le mur dont nous nous sommes entourés. Il a ouvert un espace dont l’ampleur et l’étendue nous donnent le tournis.

L’Église primitive des juifs et des païens a vécu la destruction du temple dans lequel Jésus priait et enseignait à ses disciples. Les juifs de cette époque ont trouvé une solution courageuse et créative : ils ont remplacé l’autel du temple démoli par la table familiale, et la pratique du sacrifice par celle de la prière privée et communautaire. Ils ont remplacé les holocaustes et les sacrifices de sang par le « sacrifice des lèvres » : réflexion, louange et étude des Écritures. À peu près à la même époque, le christianisme primitif, banni des synagogues, a cherché une nouvelle identité propre. Sur les décombres des traditions, les juifs et les chrétiens apprirent à lire la Loi et les prophètes à partir de zéro et à les interpréter à nouveau. Ne sommes-nous pas dans une situation similaire ?

Dieu en toutes choses

Quand Rome est tombé au début du Ve siècle, les païens y ont vu un châtiment des dieux à cause de l’adoption du christianisme. Les chrétiens y ont vu une punition de Dieu adressée à Rome, qui avait continué à être la putain de Babylone. Saint Augustin a rejeté ces deux explications. Il a développé sa théologie du combat séculaire entre deux « villes » adverses : non pas entre les chrétiens et les païens, mais entre deux « amours » habitant le cœur de l’homme : l’amour de soi, fermé à la transcendance (Amor sui usque ad contemptum Deum) et l’amour qui se donne et trouve ainsi Dieu (amor Dei usque ad contemptum sui). La période actuelle de changement de civilisation n’appelle-t-elle pas une nouvelle théologie d’histoire contemporaine et une nouvelle compréhension de l’Église ?

« Nous savons où est l’Église, mais nous ne savons pas où elle n’est pas », nous a enseigné le théologien orthodoxe Evdokimov. Peut-être ce que le dernier concile a dit sur la catholicité et l’œcuménisme doit-il acquérir un contenu plus profond ? Le moment est venu d’élargir et d’approfondir l’œcuménisme, d’avoir une « recherche de Dieu en toutes choses » plus audacieuse.

Nous pouvons, bien sûr, accepter ces églises vides et silencieuses comme une simple mesure temporaire bientôt oubliée. Mais nous pouvons aussi l’accueillir comme un kairos – un moment opportun « pour aller en eau plus profonde » dans un monde qui se transforme radicalement sous nos yeux. Ne cherchons pas le Vivant parmi les morts. Cherchons-le avec audace et ténacité, et ne soyons pas surpris s’il nous apparaît comme un étranger. Nous le reconnaîtrons à ses plaies, à sa voix quand il nous parle dans l’intime, à l’Esprit qui apporte la paix et bannit la peur. »

Temps de Pâques: 50 jours

       Le Bonjour des amis

Eglise st Jean Berchmans ° st Michel- 13.04.2020

Semaine de Pâques

Le tombeau vide

Tellement improbable. Pourtant les femmes l’avaient dit. Elles s’étaient rendues au tombeau pour le couvrir de parfums, elles ont trouvé un ange qui leur a dit « Qui cherchez-vous ? » mais lui, ils ne l’ont pas vu ! Si déjà la naissance de Jésus avait été si improbable, sa mort et sa résurrection le sont encore plus. Si Jésus n’était pas ressuscité, notre foi serait vaine, elle n’existerait tout simplement pas.

Notre foi s’appuie sur le témoignage, non pas sur la preuve, des femmes, des disciples, de tous ceux et celles qui ont vécu avec lui une rencontre. Une vraie. Non une apparence. Mais des cœurs qui rejoignent le cœur de Jésus. Certes, marqué par les cicatrices de la souffrance, mais donné pour que nous en vivions.

A travers sa résurrection, ce sont toutes nos morts et nos souffrances qui sont dépassées. En lui, l’échec est un renouveau. La vie renaît. Nous sommes ses enfants. Par les vœux du baptême renouvelés, nous confirmons notre « enfance » vivante et forte, notre appartenance à la famille des chrétiens. Nous pouvons appeler Dieu notre Père.

Aller, courir, au tombeau du Christ, c’est redire notre foi… Certes Jésus l’an annoncé à plusieurs reprises au long de sa vie, sa passion, sa mort et sa résurrection. Mais l’avons-nous vraiment entendu ? L’Evangile, parole vivante le redit. Mais aujourd’hui, le tombeau est vide. C’est ce vide qui remplit notre vie, de lumière et de vie.

A travers nos soucis quotidiens, nos échecs, nos péchés, osons nous relire notre vie à la lumière de la résurrection qui redonne force, qui pardonne, qui donne simplement de croire ?

La foi n’est pas d’abord un énoncé de choses à croire. Mais la vie avec Jésus qui nous parle à travers le témoignage des disciples des premières communautés de croyants. Nous y mettons la même ardeur ? 

Tommy Scholtes sj

Prions en Eglise Belgique (rédigé en janvier 2020)


Inclinations   johanniques (3)   Voici encore, toujours en écho priant à des passages de saint Jean, cinq méditations poétiques pour nous ouvrir à la joie de Pâques.  Philippe Wargnies  sj

Considérant  le suaire

Et les linges bien rangés

Il croit en l’œuvre du Père

Pour son Fils mort outragé

Cadet de ses sœurs et frères

Il se reçoit messager  

Du plus glorieux mystère

            Que l’Esprit va propager 

            Le disciple bien-aimé au tombeau, en Jn 20,1-10

            Évangile pour le dimanche de Pâques

            et pour la fête de saint Jean, le 27 décembre

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Penchée  au seuil de la tombe

Où nul désormais ne dort

Marie d’au-delà du monde

S’entend dire : Viens dehors 

D’une blancheur de colombe

Il s’est réveillé des morts

L’aube naissante est féconde

Du grain levé de Son Corps

L’apparition à Marie de Magdala, en Jn 20,11-18

Évangile pour le mardi de l’Octave pascale

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Heureux  Thomas ceux qui croient

Cœurs ouverts au témoignage

Sans être de ceux qui voient

Car là-bas sur le rivage

C’est Jésus qui les envoie

Porter le pain qu’il partage

Afin qu’en ce monde ils soient

Porte-flambeaux de Sa joie

L’apparition à Thomas, en Jn 20,24-28

Évangile pour le 2ème dimanche de Pâques

et pour la fête de saint Thomas, le 3 juillet

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Au creuset  des M’aimes-tu

Jésus repêche et rachète 

Cet esquif des flots battu

Ce naufragé des tempêtes

Que la honte a confondu  

D’une humilité secrète

Les Suis-moi de l’Apparu

Le recréent en tête-à-tête  

Le dialogue avec Simon-Pierre au bord du lac, en Jn 21,15-23

Évangile pour le 3ème dimanche de Pâques,

les vendredi et samedi de la 7ème semaine de Pâques,

et la solennité des saints Pierre et Paul, les 28 (vigile) et 29 juin

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Recueillie  dessus le Livre

Où Dieu parle raconté

Sobrement l’âme s’enivre

Du Verbe d’éternité

Sa vérité nous délivre

Aux rives de la clarté

Mots de braise qui font vivre

Du Vivant manifesté 

Cf. divers passages de Jean,

dont Jn 21,9-14 et les conclusions de Jn 20,30-31 et Jn 21,25

pour les évangiles des 2ème et le 3ème dimanches de Pâques

Une proposition

À l’occasion de la fête de Pâques, et pour les jours qui suivront,  un arbre de vie sera installé dans l’église st-Jean Berchmans ° St- Michel. Nous vous proposons d’y placer vos prières et les prénoms des personnes que vous aimez. Les dessins des enfants sur le thème de Pâques sont également les bienvenus. Ils seront placés dans l’église.

Comment faire ? Envoyez vos intentions de prière et les prénoms des personnes que vous aimez à

Tommy.scholtes@tommyscholtes.be.  Les dessins peuvent être déposés dans la boîte aux lettres du 24 Boulevard st Michel, 1040 Bruxelles, au nom du P. Tommy ou à l’entrée de l’église.

Des photos seront publiées sur les réseaux sociaux et vous pourrez passer voir le résultat, tout en respectant les règles de distanciation sociale…. (Idée de l’Abbé F. Mathot, de Fosses-la-Ville)

Echos reçus… en images

Pendant la semaine Sainte, nous avons diffusé les offices par Facebook et YouTube… au point que Télé BXL (BX1) a voulu en faire un petit reportage. Si vous souhaitez le revoir, faites un copier/coller de ceci, et vous le verrez.

Bonjour Père Tommy, j’espère que vous allez bien en cette période qui doit être intense pour vous. Je fais partie des gâtés du confinement, avec ma petite famille autour de moi et une surcharge de travail au bureau …(…)

J’essaye de reprendre contact avec ma petite équipe de lecteurs de la messe du dimanche.

Demain nous dira ce qui aura changé dans notre communauté. On ne peut qu’espérer qu’elle se sentira plus proche et plus solidaire, et que nous pourrons mettre en pratique toutes les bonnes idées que vous et votre équipe pastorale aviez tenté de réunir… Bonne fête de Pâques à vous. F. G.

Un beau texte reçu d’un ami …

En ce jour de Pâques confiné de 2020,

En marche, les endeuillés… vos proches et connaissances passés sur l’autre rive vous convient  à aller de l’avant avec conviction pour leur rester fidèles…

En marche, les confinés incapables de contrôler ce qui se passe… mettez-vous au défi de contrôler le façon dont vous réagissez à ce qui se passe… 

En marche, les idéalistes prudents qui refusez le déjà-vécu, le déjà-prêt… ne ratez pas la singularité de cette période pascale extraordinaire…

En marche, les optimistes soucieux de plus d’égalité et de plus de solidarité… sachez qu’un nouveau pacte social, écologique et humaniste est possible…

En marche, les cœurs purs, les bienveillants attentifs à dire combien sont importants ceux qui vous ont permis d’être et de grandir… n’hésitez plus à partager vos joies, vos peines et vos questions… 

Demain, un changement s’impose à nous avec une nécessité primordiale.

A notre niveau, Printemps et Pâques sont synonymes  d’impossibilité devenue possibilité, de fruit de notre imagination devenu réalité,  si nous le décidons au quotidien dans nos engagements, amitiés et passions, mais aussi dans notre statut de citoyen du monde, de l’Europe, de notre pays, de notre région et de notre commune.

En marche donc, fort de notre humanité chevillée à une volonté de résistance, à une foi  en l’homme et au refus du repli sur soi.

En marche donc, persuadé de notre responsabilité obstinée – parfois dissidente -,

d’ouvrir notre cœur et d’utiliser notre intelligence pour qu’un monde nouveau advienne.

En marche donc, relevons ensemble nos manches car demain dépend aussi de chacun de nous. 

Dynamisante fête de Pâques, sur vos routes en pensée avec tous ceux qui vous sont chers. (C.V.)

Nous tenons à remercier très vivement l’équipe fleurs qui n’a pas manqué de trouver les arrangements adéquats pour soutenir la prière. Le P JY Grenet vous a remerciés en direct par Facebook interposé. Le Père Jorge Puig a fait de magnifiques photos. Dont celles-ci. Merci à lui.

Eglise Saint Jean Berchmans

N’est-ce pas au cœur de la nuit qu’il est beau de croire à la Lumière ? Nous qui vivons depuis des semaines dans la nuit de la pandémie qui se déroule invisible au grand jour, nous nous soutenons les uns les autres par l’isolement et la distance.. et là, nous percevons à quel point nous sommes unis, dans la fraternité, la solidarité, dans la communion. Cette espérance qui nous nourrit est un chemin pour en sortir ensemble. Une Lumière plus forte que la mort jaillit du tombeau du Christ.

Puissions-nous vivre ce temps comme un grand passage où après, plus rien ne sera comme avant sans doute, mais en croyant toujours en l’autre, et en l’Autre, … c’est ma foi. A 12 heures nous sonnerons les cloches pour l’exprimer (TS sur Facebook, 12 avril)

Nous vous souhaitons un beau temps de Pâques

(50 jours, jusqu’à la Pentecôte)

P Tommy, p Gilles, p. Bernard, p. Philippe et la communauté jésuite

Samedi saint et Paques

       Le Bonjour des amis

Eglise st Jean Berchmans ° st Michel  11.04.2020

Samedi Saint et Pâques

DONNER CORPS

(Une méditation pour Pâques)

C ‘ est mon corps, pleure le bébé nouveau-né, donné à la vie, la lumière, l’air libre, La tendresse de la poitrine de la mère et le regard étonné du père.

Voici mon corps, murmure la femme à l’oreille de sa bien-aimée.

Ils apprendront, répond-il, se donner mutuel dans une union fructueuse, créative et révélatrice.

C ‘ est mon corps, brillant le travailleur de jour, alors qu’il est pris.

Je vous le donne pour que nos corps unis construisent une cathédrale.

C ‘ est mon corps, dit rassurant, celui qui sèvre.

Donné, il dévoilera les nombreux actes d’amour qui élèvent les enfants à être confiants.

Voici mon corps, gémit l’invalide, donné à la tendresse divine des mains attentionnées Et au regard chaste qui promet un avenir et une nouvelle liberté.

Voici mon corps, dit la vieille femme mourante, alors que son front est épongé. Elle est là, réduite à son essence dure.

Donné, il devient graine plantée dans la terre pour une fructuosité invisible.

C ‘ est mon corps, prend la fille dont la joie s’est éteinte. Céder à une étreinte sans amour, qui encore et encore, feint l’affection pour protéger le souffle de vie.

C ‘ est mon corps, pleure l’esclave sous le cil. Corps abandonné, lacéré, bleus et déchiré.

Mais au-delà, le regard fier trahit la détermination et la grandeur de l’âme.

Voici mon corps, soupire le nazaréen sur la croix.

Un corps dans lequel le don de soi a refaçonné la cruauté.

Un corps donné pour que, en regardant le percé, chacun puisse reconnaître le sien et passer à la vie.

Voici mon corps, proclame le ressuscité. Chacun de nous est membre de ce corps.

Dans le don de soi s’exprime l’amour et la confiance du Christ ; simplement, silencieusement. Parce que dans ce cadeau, tout est en jeu, tout a du sens. La vie se renouvelle.

Vincent Klein SJ, Semaine Sainte 2020

(Traduction Peter Gallagher SJ)

Une proposition

À l’occasion de la fête de Pâques, et pour les jours qui suivront,  un arbre de vie sera installé dans l’église st-Jean Berchmans ° St- Michel. Nous vous proposons d’y placer vos prières et les prénoms des personnes que vous aimez. Les dessins des enfants sur le thème de Pâques sont également les bienvenus. Ils seront placés dans l’église.

Comment faire ? Envoyez vos intentions de prière et les prénoms des personnes que vous aimez à

Tommy.scholtes@tommyscholtes.be.  Les dessins peuvent être déposés dans la boîte aux lettres du 24 Boulevard st Michel, 1040 Bruxelles, au nom du P. Tommy ou à l’entrée de l’église.

Des photos seront publiées sur les réseaux sociaux et vous pourrez passer voir le résultat, tout en respectant les règles de distanciation sociale…. (Sur une idée de l’Abbé F. Mathot, de Fosses-la-Ville)

Echos reçus

Joyeuse fête aujourd’hui à tous les prêtres Jésuites que je connais et ceux que je ne connais pas. Soyez bénis en abondance pour vos ministères et vos fiat au Christ.  Que l’Esprit Saint vous renouvelle tout spécialement aujourd’hui (malgré le confinement) et fasse brûler en vos cœurs encore plus de son Amour. Qu’il vous conforte dans les épreuves et vous remplisse de sa joie et de sa paix. Que la Sainte Vierge vous garde sous son manteau protecteur et vous guide tout au long de vos cheminements sur la terre ! Bon triduum Pascal à tous.  S.

Merci pour tes messages qui nous soutiennent tous. Le texte que tu as mis en tête du Bonjour d’hier soir est magnifique. Je l’ai diffusé largement par WhatsApp auprès d’amis. Ce texte nous ramène à l’essentiel et nous rappelle que Dieu est avec nous dans ce que nous vivons actuellement. Je lis aussi des extraits à mes parents par téléphone. Et je pense que, désormais, je vais leur imprimer tes Bonjour. Ils n’ont ni internet ni WhatsApp… Cela les isole encore davantage

Mes Chers prêtres du Collège de Saint Michel, En ce Jeudi Saint, fête du sacerdoce, je voulais vous remercier pour votre engagement, votre exemple, votre vocation !! Vous faites partie complète et indissociable de ma croissance dans la foi, et je vous serai toujours reconnaissante 😊

Merci pour avoir donné votre vie pour annoncer et faire connaitre Jésus-Christ. C’est un énorme exemple d’où il faut être notre trésor.

Merci pour tout l’amour que vous donnez dans l’eucharistie, le sacrement de réconciliation et beaucoup d’autres services “invisibles” sens lesquels, notre communauté, le monde serait moins bon, moins solidaire.

Je prie pour vous, pour que le Seigneur vous accorde la grâce de marcher vers la sainteté et rester toujours notre inspiration !

Mes meilleurs vœux de bonne et heureuse fête du sacerdoce à tous et en particulier à vous Père Tommy et au Père Philippe 😊V. R.

Semaine Sainte. Merci du beau texte sur la Semaine Sainte traduit de l’espagnol…Il donne un sens à toutes les souffrances vécues…B.D.

Pour accompagner ce temps pascal et ce temps de confinement, Cathobel est heureux de vous proposer la lecture de Simon à la Croisée des Chemins d’André Querton. Ce livre est téléchargeable gratuitement en version PDF, sur le site de Cathobel jusqu’au dimanche 19 avril.

Chers Pères, Pour vous remercier de tout cœur pour votre sacerdoce et le don de vous-même pour servir le Christ et le prochain ! Et particulièrement en cette période de confinement merci beaucoup pour tout ce que vous déployez pour que les chrétiens puissent suivre les offices et continuer à être nourris dans leur foi. Prenez soin de vous et en union de prières et surtout en ce Jeudi Saint… Beau Triduum Pascal connecté !  E.

Merci beaucoup… Tout est arrangé. J’avais mis l’e-mail de Thomas en copie du courriel que je t’ai adressé et cela a fonctionné. Il vient chercher l’ordinateur ! (Demande de Thomas Peeters honorée). ! C.C.

Jeudi saint

La messe de la Cène simplifiée a été célébrée à la chapelle ND des apôtres par la communauté. Sans le geste du lavement des pieds. Pendant le temps de silence qui a suivi l’homélie, j’ai simplement que chacun se laisse faire en priant, et en pensant qu’à ce moment-là, Jésus lui-même nous fait le lavement de pieds. Diffusée sur FB, la messe a été regardée près de 500 fois.

Notre vendredi saint à l’église

Une petite équipe s’est mise en place et nous avons pu diffuser le Chemin de Croix sur YouTube où il est toujours consultable (www.youtube.com/tommyscholtes). Aidés par l’équipe technique de Philippe Denis et ses fils, nous avons eu une belle réalisation, avec Philippe Wargnies, Laurent Salmon-Legagneur et Gilles Barbe.

Le soir Gilles Barbe a présidé l’office de la Passion. Après une longue lecture paisible de la Passion par 5 intervenants, a suivi la grande prière universelle, en particulier avec une intention souhaitée par le pape.

POUR CEUX QUI SOUFFRENT EN CE TEMPS DE PANDÉMIE

Prions pour tous ceux qui souffrent   des conséquences de la pandémie actuelle : Que Dieu notre Père accorde la santé aux malades, la force au personnel soignant, le réconfort aux familles et le salut à toutes les personnes qui ont trouvé la mort. 

 Tous prient en silence. Puis le prêtre dit : « Dieu éternel et tout-puissant, refuge de ceux qui souffrent,   regarde avec compassion la détresse de tes enfants   atteints par cette pandémie ; Soulage la douleur des malades,   donne la force à ceux qui les soignent,   accueille dans ta paix ceux qui sont morts  et, en ce temps d’épreuve,   accorde à tous le réconfort de ta miséricorde.  Par le Christ, notre Seigneur. »

Samedi Saint

 Le silence règne sur Jérusalem en ce samedi de veille. Le Christ est au tombeau, les espoirs des disciples sont brisés. Les voilà condamnés à errer.

Mais la graine confinée en terre devient promesse et gage d’une vie nouvelle. Le coeur de Marie de Nazareth et le sein de quelques femmes sont gros d’espérance. Ils deviennent alors tabernacles d’une nouvelle naissance, inouïe, surprenante et inattendue.

Quelle Pâque allons-nous célébrer dans notre monde confiné dans l’attente? Ne sommes-nous pas en train de vivre un long samedi saint ? Que sera demain ? Pourtant, un monde nouveau s’annonce: les signes sont là, patents. Il nous suffit de les cueillir.

Si nous acceptons de regarder le monde avec la tendresse et la détermination du Christ et de changer nos modes de vie, nous découvrirons les traces du Ressuscité dans les solidarités que nous aurons construites, dans notre capacité à envisager une société où la personne, et non la consommation, sera au centre, une vie où nous réapprendrons à rencontrer notre prochain.

Nous ferons l’expérience du Christ Ressuscité quand nous aurons accueilli notre fragilité enfin éprouvée et écouté les appels de notre planète qui étouffe du Covid de nos égoïsmes (Vincent Klein sj)

Ce soir, nous célébrerons en communauté, la Résurrection du Seigneur… sans allumer le nouveau feu pascal, sans bénir l’eau baptismale… Nous le ferons lors de la première célébration publique que nous pourrons vivre. C’est un geste liturgique à vivre ensemble, vous et nous.

Nous méditerons 7 lectures de la Parole de Dieu, et renouvellerons notre foi, nos promesses exprimées en notre nom au moment du baptême. Vous nous serez tous présents, soyez-en sûrs.

Nous vous souhaitons de belles fetes de Pâques en famille.

P Tommy, p Gilles, p. Bernard, p. Philippe et la communauté jésuite

Bonjour … En vue du Jeudi Saint 9 avril 2020

       Le Bonjour des amis

Eglise st Jean Berchmans ° st Michel 9 avril 2020

J E U D I    SA I N T

Qui dit qu’il n’y aura pas de Semaine Sainte ?

N’avez-vous pas vu l’immense procession de personnes, sans tunique, ni ceinture, ni capuche, testées positives du coronavirus ?

Ne voyez-vous pas la Via Crucis du personnel soignant remonter le Calvaire de la pandémie, débordant de force et l’angoisse de ne pas pouvoir tenir bon au cœur ?

Celui qui dit que le Nazaréen ne sortira pas pour cette Semaine Sainte, n’a pas vu les médecins en blouse blanche et au cœur sensible, qui portent la croix de douleur des personnes touchées ?

Ne voyez-vous pas autant de scientifiques, transpirer sang et eau, comme à Gethsémani, pour trouver un traitement ou un vaccin ?

Ne dites pas que Jésus ne passe pas dans les rues cette année, alors qu’il y a tant de gens qui doivent travailler pour apporter nourriture et médicaments à tout le monde ?

N’avez-vous pas vu le nombre de Cyrénéens s’offrir d’une manière ou d’une autre pour porter les lourdes croix ?

Ne voyez-vous pas combien de personnes, des Véroniques, sont exposées à l’infection pour essuyer le visage des personnes touchées ?

Qui a dit que Jésus ne tombait pas à terre à chaque fois que nous entendons le chiffre froid de nouvelles victimes ?

N’est-ce pas autant de maisons de repos, remplies de personnes âgées aux facteurs à risque les plus élevés et de leurs soignants, qui vivent la Passion ?

N’est-pas comme une Couronne d’épines pour les enfants qui doivent vivre cette crise enfermée, sans trop comprendre et sans courir dans les parcs et les rues ?

Ne se sentent-ils pas injustement condamnés : les écoles, les universités et tant de magasins obligés de fermer ?

Tous les pays du monde, ne sont-ils pas frappés, flagellés, par le fléau de ce virus ?

Ne sont-ils pas comme Ponce Pilate qui se lave les mains, les dirigeants qui cherchent simplement à tirer un avantage politique de la situation ?

Ne souffrent-elles pas, impuissantes comme les disciples sans le Maître, autant de familles confinées à la maison, beaucoup avec des problèmes, ne sachant pas comment et quand tout finira ?

Le visage douloureux de Marie, ne se reflète-t-il pas dans celui de tant de mères et de membres de famille, souffrant de la mort – en plus à distance – d’un être cher ?

N’est-elle pas comme le dépouillement d’un vêtement, l’angoisse de tant de familles et de petites entreprises qui voient leurs économies s’évanouir ?

L’agonie de Jésus n’est-elle pas liée au manque de respirateurs dans les unités de soins intensif de tant de pays ?

Ne dites pas : pas de Semaine Sainte, ne le dites pas, car le DRAME DE LA PASSION n’a sûrement presque jamais été aussi réel et authentique.

Traduit de l’espagnol, écrit par Miquel-Angel Ferrés

RETRANSMISSIONS PAR FACEBOOK (profil de Tommy Scholtes) DES CELEBRATIONS

Jeudi Saint, 18.30 la ste Cène

Vendredi Saint, 15.00, le chemin de Croix (par Youtube.com/Tommy Scholtes)

18h30, l’office de la Passion

Samedi Saint, 20h.00, Vigile Pascale

Jour de Pâques, 11.45, Eucharistie

Lundi de Pâques, 18h30, Eucharistie

Sur l’Unité Pastorale de Etterbeek, initiatives

Bonjour à tous,

pour vivre un temps de prière en famille, je vous partage une proposition bien faite par soeur Agnès qui travaille au Kerkebeek  https://drive.google.com/open?id=1bsJpENNukRX7l3igJqFwXj_z26G2-cGf

Ouvrir d’abord le pdf et puis les autres fichiers!

Voici aussi un lien vers un message de notre Evêque en ce début de semaine sainte. https://kerknet.us16.list-manage.com/track/click?u=50c4aec54c9c1476586d5db5c&id=a8118404a5&e=5ce2acc55c

Pour sa proposition pour Pâques, je vous proposerai d’envoyer une carte postale aux personnes des 2 homes que nous avons visité à Noël. Je vais voir comment faire pratiquement.

Si vous voulez suivre la messe en direct avec le Père Amilcar de notre Unité Pastorale, voici le lien :

https://youtu.be/rv1ekUvXpLI

Pâques 2020 : faisons sonner les cloches de toutes les églises de notre pays

Les Evêques de Belgique demandent de faire sonner les cloches de toutes les églises, le jour de Pâques à midi.

Dimanche prochain, le 12 avril, les chrétiens du monde entier célébreront la fête de Pâques. L’épidémie de coronavirus les empêchera pourtant dans de nombreuses régions du monde, de se rassembler dans les églises pour célébrer ensemble cette fête si importante. C’est totalement exceptionnel. A côté de la prière à la maison ou en famille, ils ne pourront suivre les célébrations liturgiques que par le biais de la radio, de la télévision et en live streaming. Tout comme la Semaine Sainte, Pâques sera silencieux.

Pourtant ce sera vraiment Pâques ! C’est dans un moment difficile comme celui-ci que le message de Pâques révèle toute sa richesse et sa lumière : Jésus a vaincu la mort ; l’espérance surmonte le désespoir ; ce qui semblait fragile devient fort. La vie aura le dernier mot, pas la mort.

Après une Semaine Sainte silencieuse, les Evêques de Belgique veulent donner une résonance tout à fait particulière à cette Bonne Nouvelle. Ils demandent que les cloches de toutes les églises de notre pays sonnent le dimanche de Pâques à midi. Après leur silence obligatoire du Vendredi Saint et du Samedi Saint, elles pourront à nouveau sonner de manière festive à Pâques !

Puissent-elles être un signe de réconfort et d’espérance pour les victimes du coronavirus et leurs proches. Puissent-elles encourager ceux qui luttent contre le virus, en particulier tous les soignants. Puissent-elles nous unir tous les uns aux autres. Cette année aussi, nous célébrerons Pâques.

Les Evêques de Belgique (8 avril 2020)

Croix réalisée par A. de Maere

Voilà trois semaines complètes que nous vivons autrement, que nous sommes à l’écoute du monde qui s’adapte.  Si pour certains, cette période de confinement se passe sans peine, pour d’autres, par contre, cela ressemble à un véritable cauchemar. Ces derniers, désœuvrés, peuvent, dans certains cas, se reposer sur des personnes, de plus en plus nombreuses, à lancer des initiatives d’aide. Comme ces jeunes qui récupèrent des tablettes, les nettoient et les programment, afin d’être distribuées dans les maisons de repos, permettant ainsi des contacts visuels avec les proches. Comme ces autres jeunes qui n’ont pas hésité à mettre en place une petite organisation pour que des personnes isolées et âgées puissent faire appel à eux pour des petits services. Voilà des gestes de solidarité et de générosité qui font du bien.

Se mettre au service est un thème fondamental du jeudi saint. Ce geste fort de Jésus est une invitation à nous laisser laver par lui, à nous laisser faire, à l’accueillir en nous, pour qu’il nous aide à retirer toutes les entraves qui nous empêchent de cheminer avec lui et avec nos frères et sœurs. Son chemin passe par Jérusalem et nous sommes appelés à l’accompagner. Il va jusqu’au bout dans une démarche d’amour humainement presque intolérable. Il ne condamne pas, il demande même au Père de pardonner.

Le premier jour de la semaine, nous rapporte l’évangile de Jean (20, 1-9), Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’étaient encore les ténèbres.  Et dans nos ténèbres surgissent des signes, comme l’ont vécu les femmes au tombeau, selon le récit de Matthieu (28, 1-10). Elles rencontrent Jésus « vivant ». Elles reçoivent un message de l’ange et de Jésus : « Ne craignez pas ! » et une mission : « Il faut vite l’annoncer ! » « Allez, allez-y ». Elles sont remplies de crainte et de joie, elles sont devenues messagères, anges ! A notre tour d’être messagers, messagères. Et à l’instar des femmes venues au tombeau de Jésus, de connaître une grande joie.  (Abbé Christian Deduytschaever)

A la communauté de l’église Saint-Jean Berchmans ° st Michel


À votre écoute – Créons une chaîne de solidarité téléphonique… le Service « Mitel »

Les mesures de confinement sanitaire, prolongées au moins jusqu’au 19 avril, plongent une partie de notre communauté dominicale dans la solitude. Certains fidèles disposent peut-être d’un peu de temps. Aussi, pour continuer à faire communauté, en particulier durant de Triduum Pascal, les jésuites et les membres de l’équipe pastorale de l’église Saint-Jean Berchmans proposent d’organiser un service d’écoute téléphonique.

Un numéro de téléphone : le 02 739 33 65.  (Le Bureau du p. Tommy dans le cloître vers la Chapelle ND des Apôtres).

« La distanciation sociale est nécessaire

 mais le rapprochement des cœurs est essentiel » (abbé Guibert Terlinden)

Pour toute réaction, proposition, échange ou demande :

Tommy.scholtes@tommyscholtes.be, et les jésuites de la communauté qui restent branchés et en communion. N’oublions pas non plus de nous appeler, de faire signe, de demander, de donner des nouvelles.

Semaine Sainte 2020

       Le Bonjour des amis

Eglise st Jean Berchmans ° st Michel 07 avril 2020

Épandue en libation

De parfum comme un saint chrême

Elle est toute à l’intuition

Du don qu’Il fait de Lui-même

Grain de Dieu pure oblation

Il s’en va comme on Le sème

L’onction pressent la Passion

De Celui que son cœur aime

L’onction à Béthanie, par Marie, sœur de Lazare, en Jn 12,1-11.

Évangile pour le Lundi Saint.

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Abaissé devant les siens

Jésus leur lave les pieds

Le Maître à genoux se tient

Face à qui va Le nier

D’avoir part à ce qui vient

Dans Sa Pâque purifié

Pierre après saura que rien

N’a tué Son Amitié

Le lavement des pieds en Jn 13,1-11 ; et 13, 36-38.

Évangile pour le Jeudi Saint ; et le Mardi Saint pour les versets 36-39.

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Infléchi vers Sa poitrine

Le bien-aimé du Seigneur

En témoin des origines

Reconnaît le prix de l’Heure

À la pulsation divine

Et charnelle de Son cœur

La source y est cristalline

Où l’Esprit sourd à demeure

Le disciple bien-aimé en Jn 13,23-25 et à la croix, en Jn 19,33-35.

Évangile pour le Mardi Saint ; Jn 19,33-35 : pour le Sacré-Cœur de Jésus.

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Inclinant alors la tête

Tout des Écrits achevé

L’œuvre du Père parfaite

En la soif de nous laver

Quand Votre souffle s’arrête

Dessous l’écriteau gravé

Auprès du Père où Vous êtes

Ô Roi Vous nous élevez

La mort de Jésus en Croix, en Jn 19,28-30.

Dans l’Évangile du Vendredi Saint (récit de la Passion selon saint Jean).

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Une offre de la communauté de l’église Saint-Jean Berchmans ° st Michel


À votre écoute – Créons une chaîne de solidarité téléphonique… le Service « Mitel »

Les mesures de confinement sanitaire, prolongées au moins jusqu’au 19 avril, plongent une partie de notre communauté dominicale dans la solitude. Certains d’entre vous disposent peut-être d’un peu de temps. Aussi, pour continuer à faire communauté, les jésuites et les membres de l’équipe pastorale de l’église Saint-Jean Berchmans proposent d’organiser un accueil téléphonique.

Un numéro de téléphone : le 02 739 33 65.  (Le Bureau du p. Tommy dans le cloître vers la Chapelle ND des Apôtres).

Tous les jours de la semaine, de 10h à 12h00 et de 15h00 à 18h00, un jésuite ou un laïc sera là.  En dehors des heures de permanence, vous pourrez laisser un message sur le répondeur téléphonique.

Cette écoute, de première ligne, se veut bienveillante, amicale, solidaire et chrétienne. Afin que chacun puisse en bénéficier, il sera demandé de limiter la conversation téléphonique à dix minutes. Si vous êtes intéressé(e) par un temps d’échange plus long et/ou régulier, signalez-le à l’écoutant(e) : il/elle vous proposera les coordonnées d’autres écoutant(e)s bénévoles. Quelques-uns se sont déjà montrés disponibles. Merci à eux et à elles !

Vous souhaitez vous engager à écouter ?

Vous disposez d’une ou plusieurs heures de temps libre par semaine ? Envoyez vos coordonnées (prénom et nom ; n° de téléphone fixe et/ou portable ; possibilité d’appel par messagerie WhatsApp, par exemple) et vos périodes de disponibilité au P. Tommy Scholtes (tommy.scholtes@tommyscholtes.be).  Nous centraliserons les disponibilités dans la discrétion.

Vous seriez heureux d’être contacté(e) ?

Appelez le 02 739 33 65. Ou faites-le savoir par courrier électronique au P. Tommy Scholtes qui organisera les boucles d’écoute.

Le dimanche des Rameaux… chez vous

« Dans mon pays les prêtres ont proposé une belle initiative que j’aimerai vous partager.  Si on mettait tous une branche sur la porte ou la fenêtre le samedi 4 avril dans l’après-midi, pour que le Dimanche des Rameaux, » … disait Guicela. Voici quelques réalisations que vous nous avez envoyées. Bravo. Parlant !!

Ouverture ces jours-ci de l’église st Jean Berchmans ° st Michel

Le sacrement de réconciliation individuel ne pourra être conféré pendant la semaine sainte. Les évêques de Belgique autorisent les fidèles à reporter leur confession pascale à une date ultérieure. Ou, comme l’a récemment déclaré le Pape François au vu des circonstances exceptionnelles de cette année : Oui, il est possible de recevoir le pardon de Dieu sans prêtre. Si tu ne trouves pas de prêtre pour te confesser, parle avec Dieu, il est ton Père, et dis-lui la vérité : ‘Seigneur, j’ai commis le mal en ceci, en cela, …” Demande-lui pardon de tout ton cœur avec l’acte de contrition et promets-lui : “Je me confesserai plus tard, mais pardonne-moi maintenant”. Et tu reviendras immédiatement dans la grâce de Dieu.

Comment célébrer Pâques sans confession ni communion, ou ‘faire ses Pâques’ cette année ? En faisant ce qui est possible : prier à la maison, seul ou en famille ; lire et méditer les lectures et les prières prévues pour la Semaine Sainte ; suivre une célébration liturgique à la radio, à la télévision ou en livestream.

On reparle le plus vite possible de la transmission par internet du Chemin de croix vendredi à 15h. On regarde la faisabilité concrète. Très probablement sur le canal YouTube appelé « Tommy Scholtes »

Malgré le confinement et l’absence de célébrations publiques durant la Semaine Sainte et à Pâques, notre communauté dominicale restera solidaire, priante et… vivante. Car c’est à la Vie que conduit Pâques. Pour rappel, la communauté jésuite de st Michel célèbre (sans public extérieur), à 7 heures, à 12h et à 18.30. A 18h30, ainsi que le dimanche à 12h, la célébration est retransmise par Facebook sur le profil de Tommy Scholtes (Il faut avoir un compte Facebook pour la voir).

Notre église reste ouverte pour la prière individuelle. Mettre une bougie prolonge notre prière…

La communauté célèbre sans personnes extérieures :

La Cène le Jeudi Saint à 18.30

Le Chemin de Croix le Vendredi Saint à 15h

L’office de la Passion, le Vendredi Saint à 18h30

La Vigile pascale, le samedi saint à 20h

La messe de Pâques à 11h45

Le lundi de Pâques à 18.30

Echos. Demandes de Prière. Pour les malades et les soignants.

  • Messe du soir : une des messes en communauté jésuite st Michel est célébrée à 18.30. Elle sera diffusée en direct sur le profil facebook de Tommy Scholtes.
  • « Cette idée de bouquet est magnifique pour les rameaux. Dans mon enfance on étudiait Kerkhofblommen de Guido Gezelle, je n’ai jamais oublié cette belle tradition qui faisait coïncider les fêtes et les événements familiaux avec des bouquets accrochés aux portes des maisons, modestes ou cossues. »
  • « Je fais circuler vos messages ils sont toniques et permettent de découvrir que le lien qui nous unit va bien au-delà de la fréquentation des messes dominicales. Il nous donne envie d’être plus audacieusement confiants dans cet Amour qui parfois ressemble un peu à une habitude. Merci. N. et D. P. » 
  • Nous sonnons les cloches de l’église à 20h01 en soutien aux malades et aux soignants, en invitant ainsi à la prière.
  • Nous sonnerons aussi les cloches le jour de Pâques à Midi, en même temps que la bénédiction Urbi et Orbi à Rome, en signe de Joyeuse Résurrection.
  • Nous rendons grâces à Dieu pour la sortie de clinique de Marie B.
  • Nous prions pour la maman de Marie-Thérèse de Ville, décédée dans un grand âge, en Maison de repos.
Eglise Saint Jean Berchmans

Vitrail de notre église. La Ste Cène

Copyright : Jean-Ignace de Villenfagne/ Pixtour 360

Le Jeudi saint, faire de nos vies une éternelle offrande à la louange de la gloire de Dieu

Depuis sa communauté à Paray-le-Monial, le P. Xavier Jahan sj médite sur la signification du Jeudi saint. Il invite à voir la réalité vivante de l’Eucharistie qui ne se joue pas seulement dans la célébration liturgique mais aussi dans la simplicité de nos vies, particulièrement cette année en raison du confinement.

Comme tous les Jeudis saints, nous célébrons aujourd’hui l’institution de l’Eucharistie. Cette année cette célébration aura un goût bien amer à cause du confinement qui nous empêche de nous réunir pour célébrer ensemble. Mais de cette épreuve, de ce jeûne eucharistique forcé, qui peut nous faire réellement souffrir, nous pouvons tirer néanmoins un profit : celui de redécouvrir, de manière avivée, combien la réalité vivante de l’Eucharistie ne se joue pas seulement dans la célébration liturgique mais aussi dans la simplicité de nos vies dès lors qu’elles se donnent dans un acte d’offrande libre et gratuit.

Nous savons tous et avons depuis longtemps remarqué que pour célébrer l’institution de la sainte Cène, le dernier repas du Seigneur, la liturgie nous fait entendre le seul Évangile qui ne nous décrit pas le repas de Jésus comme les trois évangiles synoptiques, mais la scène du lavement des pieds… Nous avons alors pris souvent l’habitude d’assister à nos célébrations à une illustration de ce récit par un lavement formel des pieds de quelques-uns de l’assemblée par le prêtre présidant la célébration. Et en rester là.

“Ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi”

Cette année nous pouvons faire davantage attention à l’interpellation finale de Jésus dans cette séquence : “Ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi” (Jn 13, 15) et peser les conséquences que cette interpellation entraine. Cette interpellation rejoint la fin du récit de l’institution de l’Eucharistie que rapporte l’évangile de saint Luc : “faites cela en mémoire de moi” (Lc 22, 19), et que reprend saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens (1Co 11, 24-25). Cette interpellation de Jésus nous fait comprendre que la réalité de sa Présence qui se joue dans le pain et le vin consacrés par le prêtre, se retrouve de manière similaire dans le geste de service humble que signifie le lavement des pieds.

Autrement dit, quand nous entrons nous-même dans ce geste du service humble des autres, décentré c’est à dire détaché d’une préoccupation enfermante de nous-même, alors la présence du Seigneur y est tout aussi réelle… Ce geste de service a donc une véritable portée eucharistique ! On peut dire alors que la présence réelle qui se joue dans la modalité de la célébration liturgique sacramentelle, est la même qui se joue dans la modalité du service humble et discret du frère et de la sœur que je suis amené à rencontrer.

Ainsi, si ma vie de croyant est nourrie par le pain eucharistique que je reçois lors de la célébration sacramentelle, elle l’est aussi par le geste de service qui s’enracine dans le geste même de Jésus. Mystérieusement, notre communion au Corps du Seigneur se joue aussi dans la réalité de ce service qui est appelé à se déployer dans le secret de ma vie quotidienne, fusse-t-elle confinée. En faisant un pas de plus, nous pouvons dire que nos vies deviennent elle-mêmes eucharistiques dans la mesure où nous entrons à notre tour dans le geste même de Jésus, “Faites ceci en mémoire de moi”.

Concrètement ?

Mais où trouver ce service à faire, alors même que je suis justement confiné, et peut-être même alité sur un lit car souffrant nous-même de la maladie ou même de toute autre maladie ? Dans la mesure de mes forces, je suis appelé à me rendre attentif particulièrement à celles et ceux qui autour de moi peuvent avoir besoin d’un geste, d’une parole de soutien : ne serait-ce qu’une petite conversation téléphonique avec quelqu’un que je sais particulièrement fragile, isolé, prisonnier de la peur, etc.

Mais même si je suis particulièrement affaibli, je me souviens de l’attitude fondamentale que nous rappelle saint Paul dans sa lettre aux Romains : “Je vous exhorte, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte.” (Rom 12, 1). Cette attitude de l’offrande peut ainsi tout transformer en service. L’offrande de notre personne toute entière (pas seulement une opération mentale) : c’est un véritable sacrifice vivant.

A chacun de trouver sa manière singulière de l’exprimer, mais cela vient prendre tout ce que je suis, tout ce que je vis. Ce geste est le geste eucharistique par excellence, celui de Jésus vers nous : “Ceci est mon Corps livré pour vous”. À chacun donc de le déployer, à son tour, dans le secret de son lieu de vie confiné. Alors ne négligeons pas ce trésor que l’austérité de notre Jeudi saint de cette année 2020 nous fait peut-être redécouvrir avec une vigueur nouvelle : entrons dans le geste même de Jésus, faisons de nos vies des eucharisties vivantes, en commençant simplement et peut-être même sans pouvoir aller au-delà, par l’offrande de nos vies telles qu’elles sont, aussi pauvres et démunies soient elles.

Renouvelons chaque jour sans crainte, sans routine et sans découragement, cette offrande quotidienne, avec le secours et le soutien de l’Esprit Saint. Nous y redécouvrirons une saveur eucharistique que nous pensions inaccessible.

P. Xavier Jahan sj

Sur le site web Jesuites.com

  •  Pour toute réaction, proposition, échange ou demande : Tommy.scholtes@tommyscholtes.be, et les jésuites de la communauté qui restent branchés et en communion. N’oublions pas non plus de nous appeler, de faire signe, de demander, de donner des nouvelles.

Dimanche des Rameaux

       Le Bonjour des amis

Eglise st Jean Berchmans ° st Michel 4 avril 2020

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Une nouvelle offre de la communauté de l’église Saint-Jean Berchmans ° st Michel


À votre écoute – Créons une chaîne de solidarité téléphonique… le Service « Mitel »

Les mesures de confinement sanitaire, prolongées au moins jusqu’au 19 avril, plongent une partie de notre communauté dominicale dans la solitude. Certains fidèles disposent peut-être d’un peu de temps. Aussi, pour continuer à faire communauté, les jésuites et les membres de l’équipe pastorale de l’église Saint-Jean Berchmans propose d’organiser un service d’écoute téléphonique.

Un numéro de téléphone : le 02 739 33 65.  (Le Bureau du p. Tommy dans le cloître vers la Chapelle ND des Apôtres).

Tous les jours de la semaine, de 10h à 12h00 et de 15h00 à 17h00, un jésuite ou un laïc est à votre écoute au numéro de téléphone 02 739 33 65. En dehors des heures de permanence, vous pourrez laisser un message sur le répondeur téléphonique.

Cette écoute, de première ligne, se veut bienveillante, amicale, solidaire et chrétienne. Afin que chacun puisse en bénéficier, il sera demandé de limiter la conversation téléphonique à dix minutes. Si vous êtes intéressé(e) par un temps d’échange plus long et/ou régulier, signalez-le à l’écoutant(e) : il/elle vous proposera les coordonnées d’autres écoutant(e)s bénévoles.

Vous souhaitez vous engager ?

Vous disposez d’une ou plusieurs heures de temps libre par semaine ? Envoyez vos coordonnées (prénom et nom ; n° de téléphone fixe et/ou portable ; possibilité d’appel par messagerie WhatsApp, par exemple) et vos périodes de disponibilité au P. Tommy Scholtes (tommy.scholtes@tommyscholtes.be).  Nous centraliserons les disponibilités dans la discrétion.

Vous seriez heureux d’être contacté(e) ?

Appelez le 02 739 33 65 ou faites-le savoir par courrier électronique au P. Tommy Scholtes qui organisera les boucles d’écoute. 

Malgré le confinement et l’absence de célébrations publiques durant la Semaine Sainte et à Pâques, notre communauté dominicale restera solidaire, priante et… vivante. Car c’est à la Vie que conduit Pâques. Pour rappel, la communauté jésuite de st Michel célèbre (sans public extérieur), à 7 heures, à 12h et à 18.30. A 18h30, ainsi que le dimanche à 12h, la célébration est retransmise par Facebook sur le profil de Tommy Scholtes (Il faut avoir un compte Facebook pour la voir).

Idée proposée pour le dimanche des Rameaux… chez vous

Dans mon pays les prêtres ont proposé une belle initiative que j’aimerai vous partager.  Si on mettait tous une branche sur la porte ou la fenêtre le samedi 4 avril dans l’après-midi, pour que le Dimanche des Rameaux, toutes les maisons se réveillent avec une branche ! Il peut s’agir de n’importe quelle branche verte que vous pouvez obtenir. Essayer de trouver une belle 🌿
Cela servirait, malgré le confinement, à rester connecté lors des cérémonies de Pâques. Acclamant Jésus, même en silence. Ce serait aussi un témoignage visible que nous sommes des chrétiens catholiques ! 😇 Je vous invite à adopter cette initiative et aussi à la partagé le plus largement possible autour de vous.                Que Dieu vous bénisse tous !!! 🍃 🍃

Guicela

Messe des Rameaux 2020 : homélie du pape François
Jésus « s’est anéanti, prenant la condition de serviteur » (Ph 2, 7). Laissons-nous introduire dans les jours saints par ces mots de l’apôtre Paul, où la Parole de Dieu, comme un refrain, montre Jésus comme un serviteur : le Jeudi saint il est le serviteur qui lave les pieds à ses disciples ; le Vendredi saint il est présenté comme le serviteur souffrant et victorieux (cf. Is 52, 13) ; et déjà demain, Isaïe prophétisera de lui : « Voici mon serviteur que je soutiens » (Is 42, 1). Dieu nous a sauvés en nous servant. En général nous pensons que c’est à nous de servir Dieu. Non, c’est lui qui nous a servi gratuitement, parce qu’il nous a aimé en premier. Il est difficile d’aimer sans être aimés. Et il est encore plus difficile de servir si nous ne nous laissons pas servir par Dieu. Mais de quelle façon le Seigneur nous a-t-il servi ? En donnant sa vie pour nous. Nous lui sommes chers et nous lui avons coûté cher. Sainte Angèle de Foligno a témoigné d’avoir entendu de Jésus ces paroles : « Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée ». Son amour l’a conduit à se sacrifier pour nous, à prendre sur lui tout notre mal. C’est une chose qui nous laisse pantois : Dieu nous a sauvés en acceptant que notre mal s’acharne sur lui. Sans réagir, avec seulement l’humilité, la patience et l’obéissance du serviteur, exclusivement avec la force de l’amour. Et le Père a soutenu le service de Jésus : il n’a pas mis en déroute le mal qui s’abattait sur lui, mais il a soutenu sa souffrance, pour que notre mal soit vaincu seulement par le bien, pour qu’il soit traversé jusqu’au fond par l’amour. Jusqu’au fond. Le Seigneur nous a servis jusqu’à éprouver les situations les plus douloureuses pour qui aime : la trahison et l’abandon. La trahison. Jésus a subi la trahison du disciple qui l’a vendu et du disciple qui l’a renié. Il a été trahi par les gens qui l’acclamaient et qui ensuite ont crié : « Qu’il soit crucifié ! » (Mt 27, 22). Il a été trahi par l’institution religieuse qui l’a condamné injustement et par l’institution politique qui s’est lavé les mains. Pensons aux petites et aux grandes trahisons que nous avons subies dans la vie. C’est terrible quand on découvre que la confiance bien placée a été trompée. Naît au fond du cœur une déception telle que la vie semble ne plus avoir de sens. Cela arrive parce que nous sommes nés pour être aimés et pour aimer, et la chose la plus douloureuse c’est d’être trahi par celui qui a promis de nous être loyal et proche. Nous ne pouvons pas non plus imaginer comme cela a été douloureux pour Dieu, qui est amour. Regardons-nous à l’intérieur. Si nous sommes sincères avec nous-mêmes, nous verrons nos infidélités. Que de fausseté, d’hypocrisies et de duplicités ! Que de bonnes intentions trahies ! Que de promesses non tenues ! Que de résolutions laissées s’évanouir ! Le Seigneur connaît notre cœur mieux que nous, il sait combien nous sommes faibles et inconstants, combien de fois nous tombons, que de mal nous avons à nous relever et combien il est difficile de guérir certaines blessures. Et qu’a- t-il fait pour venir à notre rencontre, pour nous servir ? Ce qu’il avait dit par le prophète : « Moi je les guérirai de leurs infidélités, je les aimerai d’un amour gratuit » (Os 14, 5). Il nous a guéris en prenant sur lui nos infidélités, en enlevant nos trahisons. De sorte que, au lieu de nous décourager par peur de ne pas y arriver, nous pouvons lever notre regard vers le Crucifié, recevoir son embrassade et dire : “ Voilà, mon infidélité est là, tu l’as prise, toi, Jésus. Tu m’ouvres les bras, tu me sers par ton amour, tu continues à me soutenir…Alors j’avance ! ” L’abandon. Sur la croix, dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus dit une phrase, une seule : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46). C’est une phrase forte. Jésus avait souffert l’abandon des siens, qui avaient fui. Mais il lui restait le Père. Maintenant, dans l’abîme de la solitude, pour la première fois il l’appelle par le nom générique de “ Dieu”. Et il lui crie « d’une voix forte » le “pourquoi” le plus déchirant : “ Pourquoi, toi aussi, m’as-tu abandonné ? ”. Ce sont en réalité les paroles d’un Psaume (cf. 21, 2) : on y dit que Jésus a aussi porté en prière l’extrême désolation. Mais il reste le fait qu’il l’a éprouvée : il a éprouvé l’abandon le plus grand dont les Évangiles témoignent en rapportant ses paroles originales : Eli, Eli lemà sabactani ? Pourquoi tout cela ? Encore une fois pour nous, pour nous servir. Parce que lorsque nous nous sentons le dos au mur, quand nous nous trouvons dans une impasse, sans lumière et sans issue, quand il semble que même Dieu ne répond pas, nous nous rappelions que nous ne sommes pas seuls. Jésus a éprouvé l’abandon total, la situation qui lui est la plus étrangère, afin de nous être solidaire en tout. Il l’a fait pour moi, pour toi, pour te dire : “ N’aie pas peur, tu n’es pas seul. J’ai éprouvé toute ta désolation pour être toujours à ton côté ”. Voilà jusqu’où Jésus nous a servi, descendant dans l’abîme de nos souffrances les plus atroces, jusqu’à la trahison et à l’abandon. Aujourd’hui, dans le drame de la pandémie, face à tant de certitudes qui s’effritent, face à tant d’attentes trahies, dans le sens d’un abandon qui nous serre le cœur, Jésus dit à chacun de nous : “ Courage : ouvre ton cœur à mon amour. Tu sentiras la consolation de Dieu, qui te soutient ”. Chers frères et sœurs, que pouvons-nous faire devant Dieu qui nous a servis jusqu’à éprouver la trahison et l’abandon ? Nous pouvons ne pas trahir celui pour qui nous avons été créés, ne pas abandonner ce qui compte. Nous sommes au monde pour l’aimer, lui et les autres. Le reste passe, cela demeure. Le drame que nous sommes en train de traverser nous pousse à prendre au sérieux ce qui est sérieux, et à ne pas nous perdre dans des choses de peu de valeur ; à redécouvrir que la vie ne sert à rien si on ne sert pas. Parce que la vie se mesure sur l’amour. Alors, en ces jours saints, à la maison, tenons-nous devant le Crucifié, mesure de l’amour de Dieu pour nous. Devant Dieu qui nous sert jusqu’à donner sa vie, demandons la grâce de vivre pour servir. Cherchons à contacter celui qui souffre, celui qui est seul et dans le besoin. Ne pensons pas seulement à ce qui nous manque, mais au bien que nous pouvons faire. Voici mon serviteur que je soutiens. Le Père qui a soutenu Jésus dans sa Passion, nous encourage nous aussi dans le service. Certes, aimer, prier, pardonner, prendre soin des autres, en famille comme dans la société, peut coûter. Cela peut sembler un chemin de croix. Mais le chemin du service est le chemin vainqueur, qui nous a sauvés et qui nous sauve la vie. Je voudrais le dire spécialement aux jeunes, en cette Journée qui, depuis trente-cinq ans leur est consacrée. Chers amis, regardez les vrais héros, qui apparaissent ces jours-ci : ce ne sont pas ceux qui ont renommée, argent et succès, mais ceux qui se donnent eux-mêmes pour servir les autres. Sentez-vous appelés à mettre en jeu votre vie. N’ayez pas peur de la dépenser pour Dieu et pour les autres, vous y gagnerez ! Parce que la vie est un don qui se reçoit en se donnant. Et parce que la joie la plus grande est de dire oui à l’amour, sans si et sans mais. Comme Jésus pour nous.  

Ouverture ces jours-ci de l’église st Jean Berchmans ° st Michel

Le sacrement de réconciliation individuel ne pourra être conféré pendant la semaine sainte. Les évêques de Belgique autorisent les fidèles à reporter leur confession pascale à une date ultérieure. Ou, comme l’a récemment déclaré le Pape François au vu des circonstances exceptionnelles de cette année : Oui, il est possible de recevoir le pardon de Dieu sans prêtre. Si tu ne trouves pas de prêtre pour te confesser, parle avec Dieu, il est ton Père, et dis-lui la vérité : ‘Seigneur, j’ai commis le mal en ceci, en cela, …” Demande-lui pardon de tout ton cœur avec l’acte de contrition et promets-lui : “Je me confesserai plus tard, mais pardonne-moi maintenant”. Et tu reviendras immédiatement dans la grâce de Dieu.

Comment célébrer Pâques sans confession ni communion, ou ‘faire ses Pâques’ cette année ? En faisant ce qui est possible : prier à la maison, seul ou en famille ; lire et méditer les lectures et les prières prévues pour la Semaine Sainte ; suivre une célébration liturgique à la radio, à la télévision ou en livestream.

Il n’y aura pas de bénédiction des rameaux ce week-end. .

On reparle le plus vite possible de la transmission par internet du Chemin de croix vendredi à 15h. On regarde la faisabilité concrète.

Notre église reste ouverte pour la prière individuelle. Mettre une bougie prolonge notre prière…

Echos. Demandes de Prière. Pour les malades et les soignants.

Si vous connaissez des personnes âgées ou isolées qui seraient heureuses de recevoir un petit coup de fil ou un mail en cette triste période, n’hésitez pas à me le communiquer. Je vous souhaite le meilleur pour les prochaines semaines et surtout, une belle montée pascale ! L.

Prière du pape François en temps de pandémie

« Ô Marie,

Tu brilles toujours sur notre chemin

Comme un signe de salut et d’espoir.

Nous nous confions à toi, Santé des malades,

Qui auprès de la Croix, a été associée à la douleur de Jésus,

En restant ferme dans la foi.

Toi, Salut du peuple romain, tu sais de quoi nous avons besoin

Et nous sommes sûrs que tu y pourvoiras

Pour que, comme à Cana de Galilée,

La joie et la fête reviennent

Après cette épreuve.

Aide-nous, Mère de l’amour divin,

À nous conformer à la volonté du Père

Et à faire ce que nous dira Jésus,

Qui a pris sur lui nos souffrances

Et s’est chargé de nos douleurs

Pour nous conduire à travers la Croix,

À la joie de la résurrection. Amen.

Sous Ta protection, nous cherchons refuge, Sainte Mère de Dieu.

Ne méprise pas les suppliques de ceux d’entre nous qui sont dans l’épreuve,

Et délivre-nous de tout danger, ô Vierge glorieuse et bénie. »

Beau texte pour notre temps, par Christine Pedotti
Cette fois, chacun et chacune en est convaincu : le Covid-19 n’est pas une grippette, ainsi qu’on a voulu le croire jusqu’à… il y a à peine plus de quinze jours. Pour autant, ce n’est pas la peste. Et c’est bien là que se situe la difficulté. Le Covid tue, trop et cependant peu. Il y a d’abord tous ceux et celles qui ont des formes si bénignes, à peine un rhume, une petite fièvre, qu’elles passent quasiment inaperçues… Et puis il y a la « sale grippe », de la fièvre, des courbatures, une grande fatigue, qui s’estompent grâce au repos en une dizaine de jours. Enfin, restent les cas sévères, surtout quand ils se développent sur les terrains exposés, maladies graves, fragilité de l’âge. Alors, la détresse respiratoire guette. C’est ce que les soignants redoutent et c’est pour ces malades que se déploient les respirateurs de réanimation et les soins intensifs. Face à cela, nous sommes seuls avec nos peurs et nos angoisses, pour nous-mêmes et pour nos proches. Les statistiques en cette matière ne disent rien. Toute personne frappée par le deuil d’un·e proche sait que la douleur ne fait pas de quartier. Elle ne connaît que le 100 %. Et l’on a beau savoir que le taux de mortalité de l’humanité est, depuis la nuit des temps, lui aussi de 100 %, la question du quand et du comment reste l’une de nos grandes inquiétudes… Et à raison : il est normal que cette question nous travaille. Pourtant, face au virus et à l’épidémie, osons affirmer que la mort n’est ni juste, ni injuste. Elle est notre sort et nul ne connaît son heure. Ceci étant posé, intéressons-nous à la vie et au présent, à ceux et celles qui comptent pour nous, qui comptent sur nous. Aujourd’hui, plus que jamais, nous nous rendons compte que tout acte d’amour et de fraternité est un acte de salut. Il ne nous sauvera pas de la mort, mais il sauvera nos vies du non-sens. Commençons par la bienveillance ; à l’égard de nous-même, à l’égard des autres, si proches, si voisins, si irritants. Voici venu les temps des conciliations et des réconciliations.

 Pour toute réaction, proposition, échange ou demande :

Tommy.scholtes@tommyscholtes.be, et les jésuites de la communauté qui restent branchés et en communion. N’oublions pas non plus de nous appeler, de faire signe, de demander, de donner des nouvelles.

le bonjour du 30 mars

       Le Bonjour des amis

Eglise st Jean Berchmans ° st Michel 30 mars 2020

Retour sur la bénédiction Urbi et Orbi… et une belle relecture de l’événement

Un homme en blanc remonte seul, à pieds, Dans une marche lente, en boitant, L’esplanade nue de la place Saint Pierre.

Rome et le monde entier l’a désertée.

Seule une fine pluie recouvre de brillance Les pierres et pavés d’un gris argent.

L’homme s’avance, il vient de la ville,

De l’espace-monde,

Et se rapproche de la basilique

Plantée là, vaste et majestueuse,

En mémoire de Pierre, de sa foi,

Du don de sa vie, au nom du Christ.

L’homme est âgé déjà.

Sa démarche,

Son visage,

son allure fatiguée,

Trahissent une vie elle aussi dépensée

Sans réserve, dans l’énergie du don,

Le souffle de la grâce.

L’homme introduit à la prière

Les auditeurs-visionnaires

qui partagent avec lui ,

De partout dans le monde,

Ce moment intense de célébration et de prière.

L’évangile de Jésus Christ selon Marc

Retentit dans toute la beauté

Du chant qu’un homme en noir, laïc,

Entame ailleurs sur la place,

On ne sait trop d’où d’ailleurs,

et peu importe.

Sa voix chaude, ses paroles distinctes

En cette langue chantante qu’est l’italien Offrent à nos oreilles de réentendre à neuf L’évangile de la tempête apaisée, en Marc 8.

Ces paroles nous baignent de douceur et de clarté, La voix enveloppe et calme, Elle proclame l’inouï d’un Fils de Dieu Embarqué avec nous dans la tempête de ces jours de pandémie.

Et l’homme en blanc écoute,

et l’homme en blanc médite et parle.

Il donne à entrer dans l’intelligence

De ce texte à l’actualité soudain si nouvelle.

Nous avons peur nous aussi,

nous nous sentons écrasés, désorientés,

Par les effets tragiques de ce virus

venu soudain bouleverser notre quotidien, Nous terrer en nos maisons, Nous convier à soigner et accompagner  malades et mourants, Écoliers, parents, ouvriers au chômage, Patrons inquiets pour leurs activités, Politiques engagés sur le front Des consignes, des mesures de prévention, De protection et d’accompagnement majeures.

L’homme en blanc reprend les mots de Jésus Dans la barque secouée par les flots impétueux De la mer de Galilée :

« Pourquoi êtes-vous peureux ?

N’avez-vous pas encore foi ? »

Seigneur, soutiens notre cœur.

En ce temps d’adversité,

Garde vive et agissante notre foi,

Car tu es là, avec nous,

En cette barque secouée.

Sur la Croix, tu nous as donné le témoignage de ton amour pour nous, Tu nous as sauvés.

Et aujourd’hui, tu es là,

Vivant, à nos côtés

Pour nous soutenir dans cette terrible épreuve.

Que notre espérance ne faiblisse pas.

Qu’elle porte les soignants

et tous ceux qui aident leur prochain

en poursuivant leur travail,

À garder confiance,

À vivre de leur espérance.

Ce qu’il nous faut privilégier, en ces heures noires, La seule exigence à tenir, En cette pandémie, C’est la prière Et le discret service de nos frères.

Ce sont là nos armes contre le virus.

Utilisons-les à plein.

L’homme ensuite reprend sa marche claudiquante En direction de l’icône de « Marie, salut des romains », Antique icône vénérée par des générations de chrétiens.

Il prie devant elle, en silence.

Puis se dirige sur sa gauche,

jusqu’au pied du Crucifix

devant lequel les romains prièrent déjà, au seizième siècle, implorant d’être délivrés de la peste.

L’homme en blanc contemple Jésus en croix, son côté droit ouvert, saignant, Son côté gauche lavé par les gouttes de pluie du moment dessinant sur lui des rigoles fragiles.

Il prie, silencieux, et nous avec,

Conduits par lui dans cette méditation.

Puis il s’avance, touche le bois et l’embrasse, sans autre forme de prévenance.

Et il se dirige vers la basilique, d’où, Par ses portes ouvertes, Est amené sur un autel bâti dans le narthex extérieur, Le saint sacrement du corps du Christ.

L’homme en blanc reste là,

debout puis assis,

De longues et graves minutes,

pendant qu’un chœur d’hommes

demeuré bienheureusement invisible

À nos yeux déjà en manque d’objets en mouvement, Scande l’adoration de litanies implorantes, Pleinement ajustées à la grave actualité du moment, Suffisamment détachées d’elle aussi pour être de tout lieu et de tout temps où l’humanité souffre et gémit En d’indicibles tourments.

L’homme en blanc fait silence,

Il écoute et il prie.

Ensuite il se lève,

Et on lui amène le saint sacrement,

Et sans autre parole ou formule

que ce geste signifiant,

Il se rapproche, fait face à la ville,

Et par-delà la place déserte,

Trace avec le corps eucharistique du Fils Plusieurs signes de croix, Bénissant Rome et le monde Par ce geste de douceur Et de tranquille apaisement.

Tout est dit.

Ce fut la bénédiction Urbi et Orbi

De François, évêque de Rome,

Durant la pandémie du printemps 2020.

Une bénédiction à nulle autre pareille,

Dépouillée de tout faste,

Sans gardes suisses, prélats,

Carabinieri ni fanfare,

Sans balcon ni flon-flon,

Sans décorum ni protocoles,

Invités, couronnés,

Délégations et représentations :

Juste une prière partagée,

D’homme à hommes,

D’homme souffrants à hommes éplorés,

Dans l’écoute de l’évangile de vie,

La contemplation du Crucifié,

La présence maternelle de Marie,

Le pain de vie eucharistique,

La supplique des litanies,

Et ce geste de pauvre,

Ce geste sauveur

Du signe de la croix

Tracé sur la ville et le monde

Avec le Corps du Christ,

Pain vivant livré pour nos péchés.

Sauvés, nous le sommes,

Par cette miséricorde venant du ciel

Sur tous les hommes,

À la mesure de leur désir,

À la mesure de leur cœur, ouvert.

Hier, sans aucun doute,

Nous furent très nombreux à communier

À cette grâce prodiguée,

Via les airs, par connexions,

À travers la médiation de l’homme en blanc, Successeur de Pierre, Sans plus ni trône ni goupillons, Sans invectives religieuses Ni culpabilisantes condamnations, Porté seulement par la prière?

Par la parole et le signe offert

De l’amour du Seigneur pour la terre.

sœur Isabelle Donegani

28.03.20

Ci-après un extrait d’une lettre écrite par un médecin italien âgé de 38 ans,

Dr Julian Urban travaillant dans un hôpital en Lombardie. Elle a été transmise par un confrère italien, ce matin, à notre fille, médecin spécialiste en maladies infectieuses et elle aussi en première ligne d’attaque contre l’épidémie de coronavirus dans un grand hôpital.

“Jamais dans mes cauchemars les plus fous n’aurais-je imaginé voir ce qui se passe dans notre hôpital depuis trois semaines… 

D’abord quelques malades sont arrivés, puis des dizaines, puis des centaines, tous atteints de manière de plus en plus grave. Maintenant nous ne sommes plus des médecins, mais des “aiguilleurs” qui envoient telle personne vers un lit de réanimation, telle autre chez elle pour mourir, alors même que tous ces patients ont payé les mêmes impôts dans notre pays, toute leur vie.

Jusqu’à il y a deux semaines mes collègues et moi-même étions des athéistes convaincus. Ce qui est normal puisque nous sommes médecins et que l’on nous a appris que la science excluait la présence de Dieu. J’avais l’habitude de me moquer gentiment de mes parents quand ils allaient à l’église. Il y a neuf jours un pasteur âgé de 75 ans a été admis dans notre hôpital. C’était un homme bon et affable, souffrant de difficultés respiratoires graves. Il avait une Bible avec lui et nous a impressionnés par son attitude : il n’hésitait pas à en lire des passages aux autres malades et à tenir la main de ceux qui mouraient. Nous autres médecins étions exténués, à bout physiquement et psychologiquement, mais quand nous avions une minute nous l’écoutions lire et prier.

Nous sommes au bout du rouleau, incapables de faire davantage. Les gens meurent autour de nous chaque jour. Deux de nos collègues viennent de mourir à leur tour et d’autres membres du personnel soignant ont contracté le virus. Nous avons compris enfin que nous devions nous adresser à Dieu pour Lui demander de nous venir à l’aide. C’est ce que nous avons commencé à faire, quelques uns d’entre nous, dès que nous avions quelques minutes de répit. Nous trouvons encore incroyable de rechercher ensemble aujourd’hui la paix de Jésus, alors que naguère nous étions des athéistes endurcis, et de Lui demander la grâce de nous permettre de continuer à aider tous ceux que souffrent autour de nous.
Hier ce pasteur de 75 ans est mort. Alors que nous avons enregistré 120 décès en moins de trois semaines dans notre seul service, la sienne nous a bouleversés. Malgré sa propre condition et nos dures conditions de travail, il avait réussi à nous insuffler une PAIX que nous recherchions ailleurs sans pouvoir la trouver. Ce pasteur est allé rejoindre son Seigneur et Maître et bientôt nous irons le rejoindre nous aussi si les conditions ne s’améliorent pas.

Cela fait 6 jours que je ne suis pas rentré chez moi. Je ne me souviens plus de mon dernier repas. Je comprends à présent combien petit je suis sur cette terre. Mais je tiens à utiliser toute mon énergie, jusqu’à mon dernier souffle pour aider les autres. Je suis tellement heureux, grâce à ce pasteur, d’avoir fait le chemin vers Dieu, alors que je marche entouré de tant de souffrances de mes frères humains et que je fais face à la mort si souvent.”

Priez pour ce médecin qui a trouvé la paix en Jésus grâce à l’intervention de ce pasteur malade, et pour tous ses confrères engagés dans la même lutte de tous les jours. Priez pour que sa foi s’affermisse et lui donne le courage de continuer avec espoir, les yeux fixés sur Jésus.

Évangile (Jn 11, 1-45) : la résurrection de Lazare (par X. Dijon sj)

Commençons par situer cette page d’Evangile à la fois dans l’Evangile selon S. Jean et dans notre parcours de Carême, pour voir comment se déroule la préparation des candidats au baptême. Puis nous approfondirons la lecture de cette page elle-même avant de proposer une attitude spirituelle possible pour ce temps de confinement.

Saint Jean dans le Carême.

Cette résurrection de Lazare, lue en ce 5e dimanche de Carême, se situe au chapitre 11 de l’évangile selon S. Jean donc, bien sûr, après le chapitre 4 qui rapporte la rencontre de Jésus avec la Samaritaine (entendue dans l’évangile du 3e dimanche de Carême), et aussi après le chapitre 9 où est racontée la guérison de l’aveugle-né (lue la semaine dernière, au 4e dimanche). Le chapitre 12, qui suit cette résurrection de Lazare contient l’entrée de Jésus à Jérusalem que nous lirons la semaine prochaine, au dimanche des Rameaux, début de la Semaine sainte. Nous avons donc, en amont, trois rencontres : la Samaritaine, l’aveugle-né et Lazare ; en aval, cette Sainte semaine au cours de laquelle l’Eglise se rappelle la Passion, la mort et la résurrection de Jésus.

Il faut se rappeler par ailleurs que la nuit de Pâques (Vigile pascale) est le moment par excellence où se célèbrent les baptêmes, en particulier des adultes. On ne s’étonnera pas de ce choix puisque le baptême signifie précisément la plongée dans la mort du Christ et son relèvement dans sa résurrection. Le baptisé entend mourir au péché pour vivre de la vie du Christ. Tous les symboles de la célébration montrent ce lien noué par le Christ ressuscité avec cette personne qui s’est présentée au baptême : elle a reçu l’onction qui donne l’Esprit, elle a été illuminée par le cierge pascal qui symbolise la lumière du Christ, elle a revêtu le vêtement blanc, signe de Pâques. En principe, le nouveau baptisé devrait donc pouvoir dire avec S. Paul : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2,20).

Cette célébration du baptême manifeste l’engagement des deux partenaires de l’alliance baptismale. Elle manifeste donc d’abord la grâce de Dieu le Père qui appelle toujours de nouveaux enfants à suivre son Fils le Christ et à devenir membres de son Corps qui est l’Eglise ; elle manifeste ensuite la foi du catéchumène qui a voulu précisément répondre de tout lui-même à cet appel de Dieu.

La préparation au baptême

Pour préparer les catéchumènes (adultes) à cet engagement dans le baptême, l’Eglise organise des enseignements (catéchèses) qui permettent aux participants de comprendre les tenants et aboutissants de la vie chrétienne dans laquelle ils entendent s’engager : la lecture de l’Ecriture sainte selon la tradition de l’Eglise, l’explication du Credo, la vie morale du chrétien, sa vie spirituelle… Sur le plan liturgique, la préparation plus immédiate du baptême se vit logiquement juste avant la Vigile pascale, c’est-à-dire durant le Carême. Alors que, pendant le Carême, l’ensemble du Peuple de Dieu se prépare, par le jeûne, la prière et l’aumône, à vivre le mystère de la mort et de la résurrection du Christ, le groupe des catéchumènes s’inscrit dans ce grand mouvement d’Eglise pour intensifier sa propre préparation au baptême. Plus précisément, le groupe se réunit le 1er dimanche de Carême pour ce qu’on nomme l’appel décisif, puis au cours des 3e, 4e et 5e dimanches de Carême, au cours desquels ont lieu ce que, dans le langage ecclésial, on appelle les scrutins.

Ces scrutins n’ont rien à voir avec une quelconque procédure électorale (de scrutin majoritaire ou uninominal…) mais plutôt avec la réflexion dans laquelle le catéchumène examine (scrute) sa conscience et son cœur, pour savoir s’il persévère dans sa résolution de foi : est-il prêt à compter sur la grâce du Christ pour tenir son engagement de chrétien ? A-t-il bien compris la portée de cet engagement ? Est-il prêt à repousser les tentations et à renoncer aux œuvres du Mal ? Est-il prêt à demander le pardon du Seigneur s’il s’est écarté du chemin de la foi chrétienne ? Bref, pense-t-il répondre aussi loyalement et généreusement que possible, avec l’aide de Dieu lui-même, à la grâce qui lui est faite ?

Le rite du scrutin est sobre : après la lecture de l’évangile et l’homélie, le prêtre impose les mains aux candidats au baptême, puis il déploie sur eux une prière où il demande que ces catéchumènes soient illuminés et purifiés afin que le baptême à venir manifeste effectivement pour eux leur configuration au Christ.

A partir de ce petit rappel liturgique, nous pouvons revenir aux trois rencontres évoquées tout à l’heure – de la Samaritaine, de l’aveugle-né, de Lazare et de ses sœurs – car ces passages-là, extraits de l’évangile de Jean, sont précisément lus durant les trois dimanches de scrutin, de telle sorte que les catéchumènes comprennent bien les enjeux de leur baptême à venir. Cette pédagogie est judicieuse car il s’agit chaque fois, en effet, d’un cheminement dans la foi.

Ainsi la Samaritaine arrive-t-elle au puits non seulement avec sa cruche, mais encore avec ses préjugés contre les Juifs, sa vie amoureuse brinquebalante et sa recherche de la véritable montagne – le mont Garizim ou le mont Sion ? – où on peut adorer Dieu. Or Jésus entame avec cette femme un dialogue qui l’amène à faire la vérité sur elle-même et à recevoir la révélation de Jésus lui-même comme Messie. Ainsi, en entendant ce récit, le catéchumène, qui se pose peut-être lui aussi des questions sur sa propre démarche de vie, pourra-t-il être amené à faire la vérité sur lui-même, à donner davantage sa foi au Christ et même à devenir missionnaire comme le fut la Samaritaine auprès des gens de son village (« Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait » Jn 4,26)…

Même démarche dans la rencontre de l’aveugle-né. Il mendie, et Jésus lui rend la vue en lui appliquant sur les yeux la boue qu’il avait fabriquée avec sa salive. Après le miracle, l’infirme guéri ne situe pas bien celui qui lui a ouvert les yeux. Il parle de « celui qu’on appelle Jésus » (Jn 9, 11) ; plus tard, devant les pharisiens, il s’enhardit : « c’est un prophète » (Jn 9,17) ou quelqu’un qui vient de Dieu (cf. Jn 9,33) ; finalement, devant Jésus lui-même il se prosterne en confessant « je crois, Seigneur » (Jn 9,37). Ici encore, le catéchumène qui ne voit peut-être pas encore très clair dans l’engagement qu’il va prendre peut se sentir soutenu par cette grâce du Christ qui jette sur son existence une lumière toute nouvelle.

Reste enfin l’évangile d’aujourd’hui : la résurrection de Lazare. Ses deux sœurs, Marthe et Marie, ont exprimé chacune leur confiance en Jésus : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort » (Jn 11,21,32) mais le Seigneur veut les amener à faire un pas de plus pour qu’elles comprennent qu’il est encore ici et maintenant le maître de la vie et de la mort. Il les invite à la foi : « Quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » (Jn 11,26). Ainsi, le catéchumène est-il amené, lui aussi, à se poser la question : crois-tu cela ? Il est conduit à se rendre avec les deux sœurs et la foule vers le tombeau et à comprendre devant le signe qui lui est donné (‘Lazare, viens ici. Dehors ! », Jn 11,44) que la vie du Christ reçue au baptême a une portée d’éternité. C’est précisément sur cette troisième rencontre que nous pouvons insister puisqu’elle constitue l’évangile du jour.

Le chassé-croisé des morts

Le début de l’évangile de ce jour apparaît comme un étrange chassé-croisé entre la maladie de Lazare et la mort de Jésus, comme aussi entre la Judée et la Galilée. Puisque Lazare est malade à Béthanie (près de Jérusalem, en Judée), ses sœurs envoient dire à Jésus (qui se trouve en Galilée) l’état de leur frère, son ami. Mais Jésus ne se précipite pas pour se rendre au chevet de Lazare ; il dit d’ailleurs que cette maladie n’est pas mortelle. Puis après deux jours il se décide à partir en Judée ; à ce moment, il reçoit les objections de ses disciples qui lui rappellent qu’il est là-bas menacé de mort. Un tel déplacement est donc dangereux ; il est en outre inutile puisque, d’après Jésus, Lazare dort. Jésus doit-il dès lors risquer sa vie pour aller réveiller un ami qui se repose ? Mais Jésus coupe court au malentendu : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez » (Jn 11,14-15). Il est vrai que, pour Jésus, la mort de l’homme n’est qu’un sommeil, comme il va le prouver en rendant la vie à Lazare, mais il faut voir aussi qu’en descendant en Judée auprès de son ami Lazare, il signe son arrêt de mort. Là-bas, en effet, les Juifs voulaient le lapider. D’ailleurs l’apôtre Thomas ne s’y trompe pas : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! » (Jn 11,16).

Que veut Jésus, finalement ? En fait, il le dit lui-même : il veut la foi de ses disciples, la foi de son Eglise et, finalement, la foi de tous les humains. Le désir qui habite son cœur, depuis le début, c’est que les gens soient reliés à son propre Père et donc qu’ils croient en lui, Jésus, le Fils du Père. C’était déjà ce qui s’est passé avec la Samaritaine : Jésus avait soif non pas de l’eau du puits mais de sa soif à elle : il voulait que cette femme puisse trouver en lui, Jésus-Messie, le lieu en qui elle pourrait adorer le Père en esprit et en vérité. Même chose avec l’aveugle-né : Jésus ne voulait pas seulement lui faire découvrir la lumière du jour mais, plus profondément la lumière de la foi qui permet à l’aveugle de reconnaître en lui, Jésus, le Seigneur de sa vie. C’est cette relation fondamentale à lui que Jésus cherche, non pas pour sa propre gloire, mais pour celle de son Père qui est dans les cieux. Même chose encore, ici, avec Lazare : le Seigneur ne veut pas seulement redonner vie à son ami en le tirant du sommeil de la mort pour qu’il vive quelques années en plus ; il veut, par ce signe, susciter et confirmer la foi de ses disciples, la foi de Marthe, de Marie et de la foule en sa propre personne ; sa personne à qui chacun doit pouvoir dire (dans la foi, précisément) qu’il est la résurrection et la vie. S’il tire, pour quelques années, Lazare de la mort, c’est pour que, par ce signe, nous puissions lui donner notre foi, et recevoir dès lors de lui la vie éternelle.

Or comment le Seigneur Jésus donnera-t-il la vie ? Non pas seulement la prolongation temporaire d’une vie, par exemple à la manière des transhumanistes qui ont décrété la guerre au vieillissement et même la mort de la mort, mais comment donnera-t-il la vie éternelle qu’il porte en lui en tant que Fils du Père ? Pas autrement qu’en mourant lui-même. Or c’est précisément cette mort qu’il a accepté de subir en se rendant de Galilée à Béthanie. Il rend la vie à Lazare mais il livre la sienne puisque, aussitôt après ce signe donné au tombeau, le conseil des grands prêtres et des Pharisiens se déclare résolu à le tuer (Jn 19,53). Il fallait mystérieusement cette mort humaine du Christ pour que sa vie divine passe en nous, pour toujours. C’est à sa mort qu’il livre l’Esprit (cf. Jn 19,30) car « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » (Jn 15,13).

Dès lors, encore une fois, lorsque le catéchumène entend, dans la célébration des scrutins, après la Samaritaine et après l’aveugle-né, ce récit de la résurrection de Lazare, il sait l’enjeu d’éternité du baptême qu’il va recevoir. L’eau vive de la Samaritaine était déjà source jaillissant en vie éternelle, et la lumière dans les yeux de l’aveugle, c’est celle de la foi dans le Seigneur. Il est invité à recevoir en plein cœur la question que Jésus posait à Marthe : « crois-tu cela ? ». Il peut alors commencer à examiner (scruter) son âme pour savoir si elle est toujours résolue à donner sa foi à Celui qui est la résurrection et la vie.

Après ce parcours de la préparation des catéchumènes et de l’enseignement de ce 5e dimanche de Carême, pouvons-nous conclure sur une attitude spirituelle possible en ce temps de confinement ?

Une attitude spirituelle pendant le confinement

L’autre jour, un père de famille m’a confié son dépit de ne pouvoir offrir à sa fille cadette la possibilité de se rendre en famille à une célébration dominicale puisque, par mesure sanitaire, toutes les célébrations étaient supprimées. Cette frustration était d’autant plus regrettable que l’enfant se préparait à faire sa première communion, et qu’il était donc dommage qu’elle ne puisse pas être soutenue dans sa démarche de préparation par une communauté célébrante. Un moment, le papa avait songé à chercher s’il n’y aurait pas ‘quelque part’ un lieu où serait tout de même célébrée une eucharistie à laquelle il pourrait emmener sa famille. Mais il s’est bientôt ravisé de cette idée dans une sorte de culbute : au lieu d’amener la cadette à une célébration où les adultes pourraient la soutenir dans sa démarche de préparation à l’eucharistie, ne valait-il pas mieux renverser la perspective et reconnaître que les adultes pourraient tout aussi bien vivre ce temps de confinement dans l’attitude intérieure de l’enfant qui se prépare à sa première communion.

Voilà, en tout cas, la perspective qui nous rapprocherait du catéchuménat.

Dans l’Eglise primitive, les catéchumènes n’assistaient qu’à la liturgie de la Parole puis, une fois accomplis les rites des scrutins, ils quittaient l’église, car ils n’avaient pas encore reçu le baptême qui les faisait membres de la communauté eucharistique. A tort ou à raison, ce renvoi des catéchumènes – toujours prévu dans le Rituel – n’est plus guère pratiqué de nos jours, mais il peut au moins nous indiquer une piste pour ce temps de confinement.

Vu les circonstances, nous ne pouvons, nous non plus, participer à la liturgie eucharistique, mais nous pouvons tout de même accueillir la Parole là où nous sommes. Pourquoi ne pas laisser descendre en nous cette Parole dans un esprit de scrutin comme le font les catéchumènes avec cette différence que, pour nous, il s’agit d’un questionnement opéré après le baptême ? Dans ce sens ces trois lectures de l’Evangile selon S. Jean nous renverraient à notre conscience : où en suis-je dans ma foi ? qu’ai-je fait de la grâce que j’ai reçue au baptême ? quelles sont les œuvres qui manifestent ma foi ? Ou encore : que vais-je répondre au Christ s’il me dit : ‘donne-moi à boire’ (Jn 4,7) ou ‘va te laver à la piscine de Siloé’ (Jn 9,7) ou encore, s’il me demande : ‘crois-tu cela ?’(Jn 11,26)

Lazare, viens dehors ! Tu n’y penses pas, Seigneur !

Avec cette Pandémie, même mort je ne sortirai pas.

Ouverture ces jours-ci de l’église st Jean Berchmans ° st Michel

En raison des mesures actuelles, le sacrement de réconciliation individuel ne pourra être conféré. Les évêques de Belgique autorisent les fidèles à reporter leur confession pascale à une date ultérieure. Ou, comme l’a récemment déclaré le Pape François au vu des circonstances exceptionnelles de cette année : Oui, il est possible de recevoir le pardon de Dieu sans prêtre. Si tu ne trouves pas de prêtre pour te confesser, parle avec Dieu, il est ton Père, et dis-lui la vérité : ‘Seigneur, j’ai commis le mal en ceci, en cela, …” Demande-lui pardon de tout ton cœur avec l’acte de contrition et promets-lui : “Je me confesserai plus tard, mais pardonne-moi maintenant”. Et tu reviendras immédiatement dans la grâce de Dieu.

Comment célébrer Pâques sans confession ni communion, ou ‘faire ses Pâques’ cette année ? En faisant ce qui est possible : prier à la maison, seul ou en famille ; lire et méditer les lectures et les prières prévues pour la Semaine Sainte ; suivre une célébration liturgique à la radio, à la télévision ou en livestream.

Il n’y aura pas de bénédiction des rameaux.

Notre église reste ouverte pour la prière individuelle. Mettre une bougie prolonge notre prière…

Echos. Demandes de Prière. Pour les malades et les soignants.

Et tout s’est arrêté…

Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous savions tous qu’il courait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton « arrêt d’urgence », cette gigantesque machine a soudainement été stoppée net. A cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie ! Et nous voilà contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire. Mais que va t-il se passer après ? Lorsque le monde va reprendre sa marche ; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue ? A quoi ressemblera notre vie après ?

Après ?

Nous souvenant de ce que nous aurons vécu dans ce long confinement, nous déciderons d’un jour dans la semaine où nous cesserons de travailler car nous aurons redécouvert comme il est bon de s’arrêter ; un long jour pour goûter le temps qui passe et les autres qui nous entourent. Et nous appellerons cela le dimanche.

Après ?

Ceux qui habiteront sous le même toit, passeront au moins 3 soirées par semaine ensemble, à jouer, à parler, à prendre soin les uns des autres et aussi à téléphoner à papy qui vit seul de l’autre côté de la ville ou aux cousins qui sont loin. Et nous appellerons cela la famille.

Après ?

Nous écrirons dans la Constitution qu’on ne peut pas tout acheter, qu’il faut faire la différence entre besoin et caprice, entre désir et convoitise ; qu’un arbre a besoin de temps pour pousser et que le temps qui prend son temps est une bonne chose. Que l’homme n’a jamais été et ne sera jamais tout-puissant et que cette limite, cette fragilité inscrite au fond de son être est une bénédiction puisqu’elle est la condition de possibilité de tout amour. Et nous appellerons cela la sagesse.

Après ?

Nous applaudirons chaque jour, pas seulement le personnel médical à 20h mais aussi les éboueurs à 6h, les postiers à 7h, les boulangers à 8h, les chauffeurs de bus à 9h, les élus à 10h et ainsi de suite. Oui, j’ai bien écrit les élus, car dans cette longue traversée du désert, nous aurons redécouvert le sens du service de l’Etat, du dévouement et du Bien Commun. Nous applaudirons toutes celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont au service de leur prochain. Et nous appellerons cela la gratitude.

Après ?

Nous déciderons de ne plus nous énerver dans la file d’attente devant les magasins et de profiter de ce temps pour parler aux personnes qui comme nous, attendent leur tour. Parce que nous aurons redécouvert que le temps ne nous appartient pas ; que Celui qui nous l’a donné ne nous a rien fait payer et que décidément, non, le temps ce n’est pas de l’argent ! Le temps c’est un don à recevoir et chaque minute un cadeau à goûter. Et nous appellerons cela la patience.

Après ?

Nous pourrons décider de transformer tous les groupes WhatsApp créés entre voisins pendant cette longue épreuve, en groupes réels, de dîners partagés, de nouvelles échangées, d’entraide pour aller faire les courses où amener les enfants à l’école. Et nous appellerons cela la fraternité.

Après ?

Nous rirons en pensant à avant, lorsque nous étions tombés dans l’esclavage d’une machine financière que nous avions nous-mêmes créée, cette poigne despotique broyant des vies humaines et saccageant la planète. Après, nous remettrons l’homme au centre de tout parce qu’aucune vie ne mérite d’être sacrifiée au nom d’un système, quel qu’il soit. Et nous appellerons cela la justice.

Après ?

Nous nous souviendrons que ce virus s’est transmis entre nous sans faire de distinction de couleur de peau, de culture, de niveau de revenu ou de religion. Simplement parce que nous appartenons tous à l’espèce humaine. Simplement parce que nous sommes humains. Et de cela nous aurons appris que si nous pouvons nous transmettre le pire, nous pouvons aussi nous transmettre le meilleur. Simplement parce que nous sommes humains. Et nous appellerons cela l’humanité.

Après ?

Dans nos maisons, dans nos familles, il y aura de nombreuses chaises vides et nous pleurerons celles et ceux qui ne verront jamais cet après. Mais ce que nous aurons vécu aura été si douloureux et si intense à la fois que nous aurons découvert ce lien entre nous, cette communion plus forte que la distance géographique. Et nous saurons que ce lien qui se joue de l’espace, se joue aussi du temps ; que ce lien passe la mort. Et ce lien entre nous qui unit ce côté-ci et l’autre de la rue, ce côté-ci et l’autre de la mort, ce côté-ci et l’autre de la vie, nous l’appellerons Dieu.

Après ?

Après ce sera différent d’avant mais pour vivre cet après, il nous faut traverser le présent. Il nous faut consentir à cette autre mort qui se joue en nous, cette mort bien plus éprouvante que la mort physique. Car il n’y a pas de résurrection sans passion, pas de vie sans passer par la mort, pas de vraie paix sans avoir vaincu sa propre haine, ni de joie sans avoir traversé la tristesse. Et pour dire cela, pour dire cette lente transformation de nous qui s’accomplit au cœur de l’épreuve, cette longue gestation de nous-mêmes, pour dire cela, il n’existe pas de mot.

Ecrit par Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux

Pour toute réaction, proposition, échange ou demande :

Tommy.scholtes@tommyscholtes.be,

Et les jésuites de la communauté qui restent branchés et en communion.

le Bonjour du 27 mars 2020

       Le Bonjour des amis

Eglise st Jean Berchmans ° st Michel 27 mars 2020

Le Pape François lors de l'Angélus du 22 mars 2020, prononcé depuis la bibliothèque du Palais apostolique.

Bénédiction Urbi et Orbi extraordinaire ce vendredi à 18 heures

Diffusée sur KTO et Radio RCF

Le Pape a annoncé qu’il présiderait un temps de prière ce vendredi 27 mars à 18h sur le parvis de la basilique Saint-Pierre. La Place Saint-Pierre sera vide, mais François invite tout le monde à s’y associer grâce aux médias, car cette célébration sera retransmise à la radio, à la télévision et sur internet. « Nous écouterons la Parole de Dieu, nous élèverons notre supplication, nous adorerons le Saint-Sacrement, avec lequel je donnerai à la fin la bénédiction Urbi et Orbi, à laquelle sera attachée la possibilité de recevoir l’indulgence plénière. » Cette initiative est tout à fait exceptionnelle, la bénédiction Urbi et Orbi n’étant normalement prononcée qu’à Noël, à Pâques et lors de l’élection d’un nouveau Souverain pontife.

« À la pandémie du virus nous voulons répondre avec l’universalité de la prière, de la compassion, de la tendresse. Restons unis. Faisons sentir notre proximité pour les personnes les plus seules et les plus éprouvées. Notre proximité pour les médecins, les opérateurs de santé, les infirmiers et infirmières, les volontaires… Notre proximité pour les autorités qui doivent prendre des mesures difficiles, mais pour notre bien. Notre proximité aux policiers, aux soldats qui cherchent à maintenir l’ordre sur la route, pour que s’accomplissent les choses que le gouvernement demande de faire pour le bien de nous tous. Proximité à tous »

Introduction au dimanche de la résurrection de Lazare.

La pandémie que nous vivons nous apporte beaucoup de questions, principalement en ces temps de confinement. Le hasard veut que cette situation se vive pour nous pendant le temps de carême. Peut-être est-ce une opportunité de relier les deux ? Quel est l’essentiel ?  Ces personnes qui donnent sans compter pour soigner, sauver des vies, ne sont-elles pas l’image d’une abnégation, d’un dépassement, qui nous émerveillent et pour lesquelles nous n’avons qu’admiration ? Ces personnes qui assistent et/ou soutiennent ceux et celles qui souffrent de solitude, de désœuvrement, de perspectives angoissantes. 

Aujourd’hui, les évènements font prendre conscience que l’amour des autres et l’humilité, dont témoignent les soignants, sont des valeurs inestimables. Et pour nous chrétiens, cela prend une dimension bien réelle. Dans la première lecture de ce 5ème dimanche de carême, le prophète Ézéchiel nous invite à nous ouvrir pour accueillir l’Esprit de Dieu. Et saint Paul nous affirme que si l’Esprit habite en nous, c’est lui qui nous fait vivre, et nous sommes alors maison de l’Esprit, de l’Amour. Malgré cela, ainsi qu’on le voit dans l’évangile de Jean, il y a des reproches qui nous viennent, comme ceux de Marthe et Marie à l’égard de Jésus, arrivé trop tard pour leur frère Lazare.  Devant nos incompréhensions et nos doutes, Jésus interpelle et nous dit : « Je suis la résurrection et la vie ! ». Abbé Christian Deduytschaever, du Ban Eik, de Wezembeek

Coronavirus : quand l’épreuve relie le sérieux de la vie et le sérieux de la foi, tribune du P. Laurent Stalla-Bourdillon (diocèse de Paris), transmis par le P. Hubert Hirrien sj, aumônier de l’Université de Namur

En bouleversant tous les champs de la vie personnelle, professionnelle, économique, sportive, les Français traversent une crise sanitaire inédite. Elle s’avère une occasion propice pour relier à nouveau le sérieux de la vie et le sérieux de la foi. Le ralentissement du rythme des activités, dont nous déplorions si souvent l’accélération, permet de faire sauter les couches calcaires de nos habitudes. La pratique religieuse est aussi bousculée. Les sanctuaires ferment et les messes ne sont plus ouvertes à la présence des fidèles. Cet interdit permet incidemment de repenser au sens de ce qui était vécu et de vivre les rites en pensée, en paroles, en nommant leur signification. Si cet exercice est difficile, c’est sans doute que des années de répétions ont sédimenté une ritualité dont l’automatisme aura réduit la saveur.

La suppression des messes n’a qu’une question à poser : que gagne-t-on habituellement à y participer ? Et cette participation est-elle le tout de ce que l’on y gagne ? Si bien que lorsqu’il n’est plus possible d’y participer, que conserve-t-on que nul ne peut prendre ?

La foi dans tous les contextes

Avant le confinement général qui trancha toute question, certains furent choqués que les pouvoirs publics puissent assimiler la messe à un spectacle, à une activité de convivialité comme les réunions dans les bars et restaurants. En effet, le pain qu’on y sert n’est pas fabriqué par l’homme, et le vin qu’on y boit n’est pas issu d’une fermentation artisanale. Quand bien-même les pouvoirs publics le sauraient, et quand bien-même ils en conviendraient, cela ne changerait rien au fait que ce n’est pas à l’État de s’adapter à la foi des citoyens de confession chrétienne, mais aux chrétiens à s’adapter aux mesures de la vie sociale. La foi peut trouver son épanouissement et sa pratique dans tous les contextes et ne présupposent pas de condition préalable. Les éléments matériels et visibles des rituels sont des adaptations définies pour servir à l’expression d’un sens spirituel que rien n’atteint.

Ce contexte inédit va permettre aux citoyens de confession chrétienne de se réapproprier le sens de ce qu’ils vivent dans leur culte, précisément à l’heure où ils sont privés de participation. C’est l’expérience même que rapporte la Bible, lorsque le peuple d’Israël, en exil à Babylone, fait mémoire du Temple de Jérusalem. C’est une manière d’habiter le Temple que de s’en souvenir. C’est en esprit que l’on s’invite désormais dans l’espace sacré inaccessible. Les citoyens de confession catholique seront appelés à expliquer ce qu’ils croient, pourquoi ils le croient et de quelle manière ils vivent ce qu’ils croient. Par-dessus tout, il faut expliquer en quoi ces pratiques rendent humbles, accueillants et prêts à accompagner les pauvres, les malades et les pécheurs. En voyant une société fragile comme la nôtre, il serait navrant que des chrétiens trouvent encore le moyen de tout rapporter à eux, au lieu de se relier aux autres, comme leur condition de serviteur les y invite. Même à l’approche de la fête chrétienne de Pâques, il n’y aura pas de dérogation au confinement.

Repenser au sens de l’existence

Le courage se voit dans l’imprévu des situations et parfois le sacrifice prend une forme inattendue, mais c’est un vrai sacrifice. Qui pourrait ne pas le comprendre ? Tous les Français font le sacrifice de leur vie sociale, professionnelle, économique et pour beaucoup familiale. Sa valeur est immense parce qu’il est un sacrifice de soi pour la vie des autres. Il ne reste qu’à le déposer dans le cœur du Christ-Jésus, qui le porte à son Père, pour que chacune de nos vies, soit baignée de sa paix : la vie d’un homme est plus que le nombre de ses jours sur la terre. Elle est dans sa confiance en l’amour qui préside à sa naissance, qui accompagne sa vie et illumine son trépas.

Malade, notre société l’était déjà à tous les points de vue : économique, éducatif, artistique, sanitaire, social et spirituel, mais d’un coup en quelques semaines, la société est fébrile dans son corps tout entier : tous ses membres sont exposés à la maladie. Déjà le grand corps environnemental avait déjà donné des signes d’alertes de sa très grande faiblesse. Comment cette contagion de l’environnement n’aurait-elle pas aussi eu des effets sur le corps social des pays et le corps individuel de leurs habitants ?

Ce contexte de pandémie oblige à repenser au sens de l’existence, à purifier les représentations enfantines de la foi religieuse, pour se poser dans un face-à-face lucide avec l’énigme de la condition humaine. Si nous ne mourrons pas tous du covid-19, nous allons tous mourir un jour, et quitter ce monde, it’s just a matter of days before you die — « c’est juste une question de jours avant que tu meurs » dit l’adage. Ce monde n’est pas un lieu où l’on reste, mais un lieu où l’on passe. Ce n’est pas la vérité des uns, c’est la vérité pour tous. Celle que nous avions si délicatement relégué aux oubliettes des réalités essentielles.

Plus à donner

La question se reporte alors sur la valeur de chaque jour. Si le temps est compté pour tous, les citoyens de confession chrétienne ont plus à donner à cette époque qui souffre. Les identités religieuses sont toutes perméables à l’épreuve et à la peine. Aucune n’est épargnée. La responsabilité des chrétiens s’atteste dans l’annonce du triomphe de l’amour, celui que nous aurons su donner, celui que nous serons devenus. En refusant de capter ce monde pour soi mais y faisant resplendir déjà la lumière qui nous enveloppera tous un jour pour toujours. Une personne de confession chrétienne n’est-elle pas prophète du monde qui vient de par-delà la mort ?

Une célébration religieuse dans une église n’est pas un îlot pour s’extraire du monde, mais une assemblée où le salut du monde entier est pris en compte. Lorsque nous pourrons communier à nouveau au Corps du Christ ressuscité, nous ne communierons pas pour nous, mais pour les autres, pour le monde. Plus exactement, pour que les autres trouvent en chacun, ce qu’ils ont le droit de trouver dans le cœur d’un frère, d’une sœur de confession chrétienne : l’accueil, le sourire, le pardon, l’amour et la confiance. Le pain de l’autel et le vin du calice sont devenus la chair vivifiée par l’Esprit et le sang de l’alliance. Ils ne sont pas le fait de l’homme mais de l’Esprit de Dieu qui consacre le fruit de la terre et du travail des hommes pour qu’ils deviennent par la foi de l’Église, la manifestation de l’amour du Père pour eux. Ainsi, le corps et le sang de Jésus ressuscité reforment les cœurs et disposent le corps à incarner l’amour dont le Père aime déjà chacun irrévocablement et sans condition. Cette soudaine privation de messes est à recevoir comme une invitation pour chaque français de confession catholique à redécouvrir ce qu’une célébration de la messe signifie et réalise.

La promesse de Pâques

Dans la grâce du pontificat du pape François, je prie pour que cette terrible crise sanitaire fasse retrouver à l’humanité, le sens de son unité, que notre société retrouve sa sensibilité aux questions spirituelles et religieuses. Je prie pour que les disciples de Jésus libèrent leur lucidité sur la destinée humaine et aident ceux qui ont la mission de conduire l’Église à l’engager dans une rencontre avec le monde tel qu’il est et non tel qu’il serait tentant de le rêver. Avec chacun de vous, je prie pour les soignants, les malades, les défunts et leur famille : qu’ils connaissent la paix que Jésus répand dans les âmes. Si nous devons fêter Pâques dans l’isolement du confinement, dans la peine du deuil, la promesse de Pâques sera notre consolation : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent toi, le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jn 17, 3).

Source : https://fr.aleteia.org/2020/03/19/quand-lepreuve-relie-le-serieux-de-la-vie-et-le-serieux-de-la-foi/

Confessions dans notre église l’église st Jean Berchmans ° st Michel

En raison des mesures actuelles, le sacrement de réconciliation individuel ne pourra être conféré. Les évêques de Belgique autorisent les fidèles à reporter leur confession pascale à une date ultérieure. Ou, comme l’a récemment déclaré le Pape François au vu des circonstances exceptionnelles de cette année : Oui, il est possible de recevoir le pardon de Dieu sans prêtre. Si tu ne trouves pas de prêtre pour te confesser, parle avec Dieu, il est ton Père, et dis-lui la vérité : ‘Seigneur, j’ai commis le mal en ceci, en cela, …” Demande-lui pardon de tout ton cœur avec l’acte de contrition et promets-lui : “Je me confesserai plus tard, mais pardonne-moi maintenant”. Et tu reviendras immédiatement dans la grâce de Dieu.

Comment célébrer Pâques sans confession ni communion, ou ‘faire ses Pâques’ cette année ? En faisant ce qui est possible : prier à la maison, seul ou en famille ; lire et méditer les lectures et les prières prévues pour la Semaine Sainte ; suivre une célébration liturgique à la radio, à la télévision ou en livestream.

Notre église reste ouverte pour la prière individuelle. Mettre une bougie prolonge notre prière…

Echos. Demandes de Prière. Pour les malades et les soignants.

  • Message de tous les  catéchistes et de l’animation de la liturgie pour les enfants, reçu de Luana. «Chers enfants, Notre chemin de Carême continue. Vous ne pouvez plus faire beaucoup de pas à l’extérieur, mais vous pouvez en faire beaucoup spirituellement. Merci donc de continuer à dessiner ou à écrire sur vos PAS en carton ce qui se passe de beau dans vos familles, ce que vous vivez de difficile, vos questions où vos prières. Déposez-les ensuite progressivement devant votre coin de prière dans une corbeille. Ils deviendront PRIERE. Vous les apporterez à l’église une fois que les célébrations reprendront. Votre marche difficile dans le désert du Carême deviendra chemin lumineux d’Emmaus… En communion avec vous, Vos catéchistes
  • Suite à l’annulation du Concert de la Passion selon st Jean de Bach, nous avons reçu, et vous avez reçu si vous aviez réservé une place, le message suivant :

Bonjour,

Suite à l’annulation des concerts donnés par « Camerata Vocale & Instrumentale » ces  20 et 21 mars avec « La passion selon Saint Jean » de J.S. Bach, nous vous avions envoyé le vendredi 13 mars un mail que nous joignons en annexe.

Quelques personnes nous indiquent ne pas avoir reçu ce mail, ou l’avoir trouvé dans leur dossier spam, d’où ce nouvel envoi qui nous l’espérons vous trouvera.  

Outre le fait de l’annonce de l’annulation, nous vous informions également de la possibilité d’être remboursé ou de renoncer à celui-ci, en sachant que les montants nets seront rétribués aux musiciens et aux associations partenaires.

N’ayant pas reçu de réponse de votre part, nous considérons que votre décision consiste à ne pas demander de remboursement. Nous vous rappelons que dans ce cas, nous vous offrons un coffret de 3 CD (voir le mail du 13 mars).

Nous vous en remercions.

Si vous souhaitiez malgré tout vous faire rembourser, merci de vous manifester avant ce 12 avril, date à laquelle nous distribuerons les sommes non remboursées aux musiciens et associations. 

Nous prévoyons de reprendre nos concerts fin 2020 … Nous serons heureux de vous rencontrer à cette occasion. En vous remerciant, Philippe De Clerck, Camerata Vocale et Instrumentale (www.cameratavocale.be, info@cameratavocale.be)

  • Messe du soir : une des messes en communauté jésuite st Michel est célébrée à 18.30. Elle sera diffusée sur le profil facebook de Tommy Scholtes, à partir de la prière eucharistique pour garder un temps personnel aux membres de la communauté présents
  • Nous sonnons les cloches de l’église  à 20h01 en soutien aux malades et aux soignants, en invitant ainsi à la prière.
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  • Bonjour Tommy, Je me joins à une série d’autres personnes qui t’ont déjà exprimé leur merci pour les envois du Bonjour avec diverses infos utiles et réconfortantes  

Une suggestion que je voudrais te transmettre pour la prière personnelle des personnes de passage dans l’église :il y a qq années, les fresques du chemin de Croix ont été bellement restaurées, et invitent à la prière en tout temps,me semble-t-il, et pas seulement le Vendredi Saint. Peut-être pourrais-tu suggérer aux fidèles de venir le prier dans l’église et, pour les y aider, mettre déjà à leur disposition un feuillet qui aiderait à contempler les mystères des différentes stations ? Rappeler également que Prions en Eglise et Magnificat du mois d’avril ont inclus une méditation à la date du 10 avril, qui permettrait d’apporter un support écrit.

Cette forme de prière en temps d’épreuve rejoindra également les personnes et situations que nous pouvons présenter au Seigneur en intercession. Le Pape François lui-même confiait assez récemment qu’il médite le chemin de Croix chaque jour de longue date … Bien à toi,  C. D.

  • De la part d’un couple de nos assemblées : (… …)  Une question me vient à l’esprit ; Ne plus pouvoir assister aux messes, plus de collectes donc ne plus pouvoir participer financièrement aux charges de l’église je vous saurais gré de me communiquer le numéro de compte bancaire auquel nous pouvons effectuer un versement. Je le considérai comme le coût à l’abonnement de votre « Bonjour aux amis » et la rémunération de son « Rédacteur en chef » que vous êtes, cher Père Tommy. Il sera peut-indiqué de rappeler à vos correspondants le versement à effectuer au compte de « Entraide et Fraternité » dans le Cadre du Carême de Partage et dont nous n’avons pu nous acquitter traditionnellement à la Mi-Carême. TRES cordialement et encore merci pour tout. (souhaitent rester anonymes)

Pour répondre à leur demande, et peut-être à la vôtre :  MERCI !

BE76  0016  7006  8295 de EGLISE SAINT-JEAN BERCHMANS – Boulevard Saint-Michel 24, 1040 BRUXELLES, Communication : don pour l’église

  • Merci au Père Tommy pour son accompagnement et les lectures bienfaisantes qu’il nous envoie via son « Bonjour ». A l’occasion de la fête de l’Annonciation, voici un dessin (photo de l’original qui se trouve chez moi) peint par notre aïeule Jeanne Hebbelynck en 1917.  (M.B.)
  • Au Centre Avec : Découvrez le dernier numéro d’En Question

Un peu de lecture en ce temps de confinement ? Découvrez le dernier numéro d’En Question, la revue du Centre Avec. En ce printemps, elle dévoile les enjeux qui se cachent derrière votre assiette !

Pour l’heure, ce n’est encore qu’un rêve : celui d’un monde où chacun pourrait manger à sa faim. Un monde où tout le monde mangerait des produits de qualité. Bons et sains. Et où paysans et agriculteurs seraient dignement rétribués. Possible, ce rêve ? Dans ce numéro de la revue En Question, nous en faisons le pari. Nous dénonçons les limites du système actuel et présentons des pistes pour mettre en place la transition. Nous montrons aussi des visages, ceux d’acteurs déjà occupés à inventer le monde de demain. Enfin, nous lançons une invitation à tous nos lecteurs : apprenons à contempler nos assiettes ! Car c’est aussi en opérant une révolution intérieure que nous pourrons construire une nouvelle culture alimentaire.​

Avant-goût : https://www.lalibre.be/debats/opinions/pourquoi-nous-devons-reapprendre-a-manger-5e6a63e4d8ad582f316c6a7e

Bonjour du 23 mars

       Le Bonjour des amis

Eglise st Jean Berchmans ° st Michel 23 mars 2020

Semaine Sainte : toutes les célébrations religieuses publiques sont annulées

Directives des évêques de Belgique

La propagation du coronavirus contraint toutes les autorités et institutions publiques de notre pays à une extrême prudence. L’Église veut, elle aussi, endiguer la propagation de ce virus. Les évêques de Belgique ont dès lors décidé de prolonger la suspension de toutes les célébrations religieuses publiques et ce jusqu’au 19 avril inclus. Ces dernières reprendront lorsque les autorités tant civiles et qu’ecclésiastiques l’auront autorisé. Les évêques prennent ces mesures conformément aux adaptations possibles pour la célébration du temps pascal, telles que le Pape François les a proposées et données en exemple.

Tous les services liturgiques de la Semaine Sainte (5-12 avril 2020) sont suspendus. Chaque évêque peut établir une exception pour quelques lieux afin que les fidèles puissent suivre ces services à la radio, à la télévision ou en livestream. Seuls les collaborateurs nécessaires pour l’enregistrement de la célébration pourront se trouver dans l’église. Ils respecteront avec soin les règles de la ‘distance sociale’.

Cette suspension s’applique à toutes les églises et chapelles où se célèbre publiquement le culte, y compris les chapelles ou lieux de prière des monastères, des institutions catholiques ou des lieux de pèlerinage. Elle s’applique également aux communautés non-catholiques qui font usage des églises ou des chapelles catholiques. Les communautés contemplatives ou monastiques célèbreront la prière des heures et les offices de la Semaine Sainte en cercle fermé, sans hôtes, ni visiteurs.

L’information sur les services liturgiques diffusés à la radio, à la télévision ou en livestream pendant la Semaine Sainte sera disponible sur le site de Cathobel et de Kerknet ainsi que sur les sites diocésains ou vicariaux.

1. Dimanche des Rameaux

Bien qu’il n’y ait pas de célébrations publiques, quelques célébrations avec seulement quelques personnes sont prévues en vue des diffusions à la radio, à la télévision ou en livestream. Elles se dérouleront en cercle fermé et dans le respect de la distance de sécurité prescrite. Les rameaux bénits ne seront mis à disposition ni à l’intérieur ni à l’extérieur de l’église. Il y a pour cela une double raison. Une raison liturgique : ces rameaux font partie de la liturgie du dimanche des Rameaux. Une raison préventive : éviter tout rassemblement.

2. Messe chrismale

La bénédiction des Saintes Huiles et la consécration du Saint Chrême (pour le baptême, la confirmation, l’ordination presbytérale et l’onction des malades) aura lieu en cercle fermé et sera présidée par l’évêque et quelques prêtres. Chaque évêque a également la possibilité de reporter la célébration de la messe chrismale jusqu’à l’autorisation de reprise des célébrations liturgiques publiques. Les Saintes Huiles seront distribuées après la pandémie selon les directives de chaque diocèse.

3. Jeudi Saint, Vendredi Saint, Veillée pascale et Pâques

Seules les célébrations avec quelques personnes en vue de leur diffusion à la radio, à la télévision ou en streaming pourront avoir lieu. Elles se dérouleront cercle fermé, dans le respect de la distance de sécurité prescrite.

En raison des mesures actuelles, le sacrement de réconciliation individuel ne pourra être conféré. Les évêques de Belgique autorisent les fidèles à reporter leur confession pascale à une date ultérieure. Ou, comme l’a récemment déclaré le Pape François au vu des circonstances exceptionnelles de cette année : Oui, il est possible de recevoir le pardon de Dieu sans prêtre. Si tu ne trouves pas de prêtre pour te confesser, parle avec Dieu, il est ton Père, et dis-lui la vérité : ‘Seigneur, j’ai commis le mal en ceci, en cela, …” Demande-lui pardon de tout ton cœur avec l’acte de contrition et promets-lui : “Je me confesserai plus tard, mais pardonne-moi maintenant”. Et tu reviendras immédiatement dans la grâce de Dieu.

Comment célébrer Pâques sans confession ni communion, ou ‘faire ses Pâques’ cette année ? En faisant ce qui est possible : prier à la maison, seul ou en famille ; lire et méditer les lectures et les prières prévues pour la Semaine Sainte ; suivre une célébration liturgique à la radio, à la télévision ou en livestream.

4. Baptêmes d’adultes

Cette année, les baptêmes d’adultes ne pourront avoir lieu ni la nuit, ni le jour de Pâques. Les évêques sont unis à tous ceux qui se préparent de longue date à leur baptême pour Pâques. Ils comprennent leur déception et leur demandent de la patience. Ils leur proposeront dès que possible une autre date ou une autre période pour leur baptême.

5. Baptêmes et mariages religieux

Tous les baptêmes et mariages religieux sont reportés jusqu’à ce que ces célébrations soient à nouveau possibles. Les évêques prennent cette décision difficile, tout en partageant la déception de tous ceux qui avaient préparé avec soin et attendaient intensément leur mariage ou le baptême de leur enfant.

6. Confirmations et premières communions

Les célébrations de la confirmation et de la première communion prévues jusqu’au 19 avril ne pourront malheureusement pas avoir lieu. C’est une décision grave dont nous mesurons pleinement l’impact pour les enfants et les jeunes concernés, pour leurs familles et pour la paroisse. En ce qui concerne les confirmations et premières communions prévues après le 19 avril, il est trop tôt en ce moment de prendre des décisions définitives. Les évêques communiqueront le plus tôt possible et dès que les mesures du gouvernement le permettront, les informations nécessaires.

7. Ouverture des églises

Sauf décision contraire de la commune, les églises restent ouvertes pour la prière individuelle et le recueillement quand c’est possible. L’église, en tant qu’espace public, est bien évidemment soumise aux mesures gouvernementales, dont la distance de sécurité.

8. Campagnes de Carême Entraide et Fraternité et Broederlijk Delen

Les campagnes annuelles de Carême des deux organisations liées à l’Eglise ne sont quant à elles pas suspendues. Seules les collectes ecclésiales en liquide ne pourront avoir lieu. Les évêques appellent les fidèles à poursuivre la solidarité avec les populations et les pays dans le besoin et à effectuer leur don annuel par virement bancaire. Pour Entraide et Fraternité via le compte BE68 0000 0000 3434 et pour Broederlijk Delen via le compte BE12 0000 0000 9292. 

9. Les cloches de remerciement et d’espérance

Les évêques s’associent à toutes les marques de gratitude et d’estime de la population envers ceux qui s’investissent dans la lutte contre le coronavirus : médecins, infirmières et infirmiers, services de police et d’urgence, décideurs politiques et leurs administrations. Les paroisses qui le souhaitent peuvent bien sûr s’associer à ceux qui applaudissent le soir les personnes engagées dans la lutte contre le coronavirus. Elles peuvent mettre par exemple une bougie devant la fenêtre ou faire sonner les cloches (de préférence les cloches de l’angélus à celles des fêtes).

10. Médias

Les diocèses restent autant que possible en contact avec l’ensemble des croyants, aussi bien au plan national qu’au plan diocésain, par le biais de messages vidéo ou en livestream. Vous trouverez les liens utiles et les aperçus sur les pages interdiocésaines et diocésaines de Cathobel ou de Kerknet.

La RTBF et la VRT essayent de poursuivre la diffusion, le dimanche, des célébrations eucharistiques à la radio et à la télévision. RCF, KTO, France 2, Radio Maria et NPO Nederland diffusent également des célébrations religieuses. 

Les évêques de Belgique

23 mars 2020

Echos à la prière de l’Angélus. Préparation pour la fête de l’Annonciation,

25 mars… Méditons cette belle proposition de Rita D. Merci à elle de nous l’avoir proposée.

Je suis, répondit Marie, de mon Seigneur la servante. Comme vous l’avez dit, qu’il soit accompli en moi 

Regardons l’ange et Marie : ils se font face et l’ange est émerveillé devant la beauté de celle qui rayonne de la grâce de Dieu.

Marie pressent un mystère qui la dépasse ; elle se trouble, s’interroge. C’est le trouble que nous pouvons ressentir chaque fois que Dieu s’approche de nous. 

Mais l’ange la rassure : « Sois sans crainte Marie »

Alors c’est un projet inouï qui lui est dit : devenir la mère du Fils du Très-Haut…

Accepter cet honneur c’est aussi accepter le poids de multiples inconnues.

        Qu’as-tu ressenti Marie ; qu’as-tu compris en ce moment ?

Dieu fait une proposition qui s’adresse à la liberté de cette jeune fille. Et, il attend une réponse.

Un signe t’est donné : ta cousine Elisabeth, elle qu’on désignait comme la stérile, a conçu un fils en son vieil âge !  

Marie, au nom de nous tous, au nom de cette humanité en attente du Sauveur, du Messie promis, répond : « Me voici, je suis ta servante ». Par son « Fiat » une semence divine a germé en son sein.

        L’artiste divin peut, si nous le désirons, faire en chacun de nous des merveilles car « Rien n‘est impossible à Dieu »

Ensemble, nous allons contempler, nous laisser toucher, goûter intérieurement ce que cette scène nous révèle :

1. L’initiative de Dieu : Dieu est premier en tout : premier à nous aimer, premier à se déplacer pour venir à notre rencontre.

        Et je m’arrête, m’étonne du désir de Dieu de rejoindre chacun de nous. 

C’est ce que découvrait ce jeune de 17 ans en retraite de classe. Son partage final : –J’ai vraiment ressenti que Dieu s’intéressait à moi et que mon prénom était en sécurité dans sa bouche. –

2. La manière de faire de Dieu : sa parole, son désir, Dieu l’exprime, le manifeste dans le concret de la vie de celui, de celle, vers qui Il vient.

Cette contemplation peut nous aider à aimer le quotidien de notre vie et ne pas chercher à trouver Dieu ailleurs. C’est ce que nous sommes et faisons, qui est le lieu de la rencontre avec Dieu.

3. La raison de sa venue : elle est donnée par le nom de l’enfant : « Jésus : Dieu sauve » et « Emmanuel : Dieu avec nous ; Dieu au milieu de nous »

        Me vient cette question : Quel aspect de ma vie d’aujourd’hui ou de mon passé aimerais-je que Dieu vienne sauver ? De quoi aimerais-je être libéré ?

4. Marie : reconnue, nommée « pleine de grâce » pleinement remplie de la vie de Dieu, de l’amitié de Dieu.

Familière de la prière, Marie discerne : L’apparition de l’ange n’est pas une vision mais une révélation intérieure qui la bouleverse. Nous-mêmes, nous avons pu faire cette expérience d’une parole intérieure, d’un mouvement du cœur profond qui peut bouleverser nos vies.

Marie ne prend pas pour « argent comptant » tout ce qui se passe en elle, elle se tait et dans le silence, elle cherche à savoir si ce qu’elle a entendu vient bien de Dieu.

         Elle interroge : « Comment cela se fera-t-il ? Comment deviendrais-je maman puisque je ne connais point d’homme, je suis vierge »

Marie interroge sur le moyen : en elle, dans son cœur profond, le « OUI » est donné ! Confrontée au mystère, à l’étrangeté de sa situation Marie est appelée à une totale dé-maîtrise, un abandon en Dieu qui lui dit : « l’Esprit Saint viendra sur toi »

        Femme de foi, Marie tu nous montres que lorsque Dieu s’engage envers nous, nous pouvons avancer là, où il nous paraît impossible d’aller ; là, où il semble évident qu’on ne pourra y arriver tout seul sans qu’un Esprit de force nous soutienne et nous oriente.

Elle s’engage et son « oui » permet à Dieu de s’accomplir en elle.

        Marie s’est « ajustée » au désir de Dieu. » Elle nous montre un chemin celui de « faire la volonté de Dieu » Consentir que Dieu nous prenne par la main et oser croire à l’amour pour vivre l’amour. 

« De mon Seigneur, je suis la servante » C’est là, ton « Nom de grâce » : ton identité et ta vocation.

Servante de Dieu, tu le seras aussi de ton Fils qui, comme toi, sera serviteur.

        Seul l’Esprit Saint donne la force dont nous avons besoin pour ajuster nos choix, nos décisions et engagements au désir de Dieu.

Question : Qu’est-ce qui emporte l’adhésion de Marie (et la nôtre) que c’est bien Dieu qui parle en nous ? Que certains mouvements intérieurs viennent de Lui ?

Retenons que la visite du Seigneur nous laisse dans :

La paix : dans la Bible, comme dans l’aujourd’hui des hommes et des femmes, Dieu dit : « Ne crains pas ! Je suis avec toi !»

La joie intérieure : celle de Dieu lui-même

La force : ce n’est pas nous qui ferons mais Lui en nous. Marie l’a compris car elle répond : « Qu’il me soit fait » et non, je le ferai.

Ces 3 critères sont la marque de Dieu !

Rita D.

Souvenir ému de la messe célébrée en 2019 à Nazareth

Le Pape propose deux initiatives de prière contre le coronavirus

Le Pape François appelle tous les chrétiens à s’unir dans la prière contre l’épidémie de coronavirus.

Au terme de la prière de l’Angélus de ce dimanche 22 mars 2020, dans le contexte de l’épidémie de coronavirus, le Pape a appelé à une prière commune de tous les chrétiens en la fête de l’Annonciation, ce 25 mars.

« En ces jours d’épreuve, alors que l’humanité tremble devant la menace de la pandémie, je voudrais proposer à tous les chrétiens d’unir leurs voix au Ciel, a expliqué le Pape. J’invite tous les chefs des Églises et les dirigeants de toutes les communautés chrétiennes, ainsi que tous les chrétiens des différentes confessions, à invoquer le Dieu Très Haut et Tout-Puissant, en récitant en même temps la prière que Jésus Notre Seigneur nous a apprise. J’invite donc tout le monde à réciter le Notre Père mercredi prochain, le 25 mars, à midi. Le jour où de nombreux chrétiens se souviennent de l’annonce à la Vierge Marie de l’incarnation du Verbe, que le Seigneur entende la prière unanime de tous ses disciples qui se préparent à célébrer la victoire du Christ ressuscité », a expliqué François.

Bénédiction Urbi et Orbi ce vendredi

Le Pape a également annoncé qu’il présiderait un temps de prière ce vendredi 27 mars à 18h sur le parvis de la basilique Saint-Pierre. La Place Saint-Pierre sera vide, mais François invite tout le monde à s’y associer grâce aux médias, car cette célébration sera retransmise à la radio, à la télévision et sur internet. « Nous écouterons la Parole de Dieu, nous élèverons notre supplication, nous adorerons le Saint-Sacrement, avec lequel je donnerai à la fin la bénédiction Urbi et Orbi, à laquelle sera attachée la possibilité de recevoir l’indulgence plénière. » Cette initiative est tout à fait exceptionnelle, la bénédiction Urbi et Orbi n’étant normalement prononcée qu’à Noël, à Pâques et lors de l’élection d’un nouveau Souverain pontife.

« À la pandémie du virus nous voulons répondre avec l’universalité de la prière, de la compassion, de la tendresse. Restons unis. Faisons sentir notre proximité pour les personnes les plus seules et les plus éprouvées. Notre proximité pour les médecins, les opérateurs de santé, les infirmiers et infirmières, les volontaires… Notre proximité pour les autorités qui doivent prendre des mesures difficiles, mais pour notre bien. Notre proximité aux policiers, aux soldats qui cherchent à maintenir l’ordre sur la route, pour que s’accomplissent les choses que le gouvernement demande de faire pour le bien de nous tous. Proximité à tous », a lancé le Pape, sortant de son texte.

Le pape s’est ensuite dirigé vers la fenêtre d’où il préside habituellement la prière mariale, d’où il a béni silencieusement la place Saint-Pierre, déserte en période de confinement.

Une liturgie urbaine inédite

Depuis le mois de mars en Europe, le confinement s’est installé, pays après pays. Silence insolite dans les lieux publics. Silences interrogateurs et méditatifs dans les cœurs.

Dans les églises, les grands orgues se sont tus. Les liturgies sont renvoyées dans les chaumières, via les ondes. Rendez-vous sur écrans… Chacun pour tous.

Dans les rues de nos villes, ou mégapoles prétendument inhumaines, une nouvelle liturgie prend forme sur les balcons. Point d’orgues, mais des casseroles. Les paumes des mains s’échauffent. Ici tout le monde arrive à l’heure ! Top chrono dans tout le pays, et de pays en pays : avec ou sans virus, dans une même communion de gratitude envers le corps médical courbé sur le front de bataille.

Tous les peuples battez des mains (Ps 46)

V 1 « Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! » R./

Oui, car le virus de l’amour est absolument divin. Et chacun acclame secrètement son Dieu : l’Innommable, le Seigneur Jésus, Jéhovah, Allah, la Raison du cœur et de l’esprit… L’Esprit souffle où il veut : bas les masques et dilatons nos poumons.

V 2. « Dieu s’élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor. »

Sauf que, en ce temps-ci, Il s’abaisse au chevet des mourants. Sans protection, Il s’agenouille devant des jambes lourdes pour glisser des bas de contention. Il se courbe pour intuber ou pour donner à boire a qui n’a même plus soif. Il murmure quelques mots d’apaisement à qui va partir sans autre environnement, que la communion invisible des êtres chers à qui on n’a pas pu dire au revoir et demander pardon. Il serre aussi la main en gage de résurrection : « Talitha koumi », dans 87% des cas !

     « Sonnez pour notre Dieu, sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez !
     Car Dieu est le roi de la terre : que vos musiques l’annoncent
 »

Oui, nous sonnons et nous frappons… « à la porte de la Miséricorde » (Catherine de Sienne).
Nous sonnons pour notre Roi : « Kyrie, Kyrie… ».

Que nos musiques l’acclament : Dieu croit en nous et c’est pour cela qu’Il nous a voulus.
En Lui, rien n’est jamais perdu. Et il nous a déjà répondu…

Chantal van der Plancke

Echos. Demandes de Prière. Pour les malades et les soignants.

  • Merci du fond du cœur, Tommy, de nous transmettre tout cela. J’imagine aisément le temps que tu passes à faire des recherches internet pour nous partager tous ces textes revigorants, remplis d’espérance. Merci aussi à Xavier d’avoir préparé une telle homélie pour un public virtuel. Chers frères jésuites, votre proximité me touche profondément. Et puisque tu nous répètes régulièrement que nous pouvons vous confier des intentions, je confie à votre prière Christophe… (…). N.
  • On me demande aussi de prier particulièrement pour Marc, pour Olivier, pour Jean-Michel, et Philippe D.,
  • C ‘est une très bonne idée de donner des textes concernant le calendrier actuel comme tout le monde a le temps, on peut le lire à son aise et y penser, car dans la vie trépidante  » normale  » nous n’avons plus le temps de penser calmement. Inutile de vous inviter à déjeuner ou dîner, nous remettrons cela après la crise, amitiés, J. et J. S.
  • Messe du soir : une des messes en communauté jésuite st Michel est célébrée à 18.30. Elle sera diffusée sur le profil facebook de Tommy Scholtes, à partir de la prière eucharistique pour garder un temps personnel aux membres de la communauté présents.